Enlèvement au Cameroun : une rançon de 10 millions FCFA exigée pour la fille d’un pasteur
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10 millions FCFA de rançon : une jeune fille retenue en otage dans l’Adamaoua camerounais

Deux semaines après son enlèvement, la fille d’un pasteur baptiste est toujours aux mains de ses ravisseurs. Les kidnappeurs exigent une rançon de 10 millions de FCFA pour sa libération. L’affaire révèle la persistance de l’insécurité dans une zone pourtant devenue terrain missionnaire.

Un rapt ciblé dans la région de Faro et Deo

Le 9 mars 2026, la fille du pasteur Nganjo Ngwa Thomas a été enlevée dans la division de Faro et Deo, région de l’Adamaoua. Selon des sources concordantes, elle est détenue dans un lieu tenu secret. Le pasteur est ministre de la Cameroon Baptist Convention (CBC) et exerce au sein du champ ADNOFAN, une zone missionnaire récente qui couvre les régions de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord. Les ravisseurs ont communiqué leur demande de rançon et n’ont, à ce jour, pas relâché leur otage.

L’insécurité dans les zones périphériques

L’enlèvement s’inscrit dans un contexte plus large de fragilité sécuritaire dans les régions septentrionales du Cameroun. La zone ADNOFAN, bien que désignée comme champ missionnaire, est confrontée à une présence limitée des forces de l’ordre et à une porosité des frontières avec le Nigeria et le Tchad. L’insécurité y est entretenue par des groupes criminels qui pratiquent les enlèvements crapuleux comme source de financement. Le ciblage d’un pasteur, figure d’autorité morale et religieuse, augmente la pression psychologique et médiatique, accélérant potentiellement le versement de la rançon.

Comment fonctionne l’économie criminelle des rapts au Cameroun

La kidnapping crapuleux obéit à une mécanique rodée. Les ravisseurs identifient des victimes issues de familles ou de communautés susceptibles de mobiliser rapidement des fonds. Le montant de 10 millions FCFA correspond à une somme suffisamment élevée pour être rentable, mais assez basse pour être négociée ou payée sans intervention bancaire massive. L’absence de communication officielle des autorités sur cette affaire illustre la stratégie de discrétion souvent adoptée par les familles et les structures religieuses pour ne pas compromettre les négociations. Le pasteur Nganjo Ngwa Thomas, en tant que ministre de la Cameroon Baptist Convention, bénéficie d’un réseau ecclésial qui peut tenter de mobiliser les fonds, mais le risque est que le paiement alimente un cycle de nouvelles prises d’otages.

Entre pression sécuritaire et vulnérabilité missionnaire

À court terme, la vie de la jeune fille dépend de la rapidité des négociations et de la capacité de la famille à réunir la rançon. Les proches vivent dans une angoisse constante, tandis que les ravisseurs utilisent la détention prolongée comme levier. À long terme, cette affaire met en lumière les défis auxquels font face les institutions religieuses implantées dans les zones à haut risque. La Cameroon Baptist Convention pourrait devoir repenser sa stratégie de présence missionnaire, renforcer la sécurité de ses agents et collaborer plus étroitement avec les autorités. Sur le plan régional, l’insécurité dans l’Adamaoua et les régions limitrophes risque de s’aggraver si la réponse sécuritaire reste fragmentée.

Une famille dans l’attente, une région sous pression

Alors que les proches du pasteur Nganjo Ngwa Thomas redoutent pour la sécurité de leur fille, la question demeure : combien d’autres familles, missionnaires ou civils, devront-elles encore payer le prix de l’insécurité chronique dans les zones de mission ? La réponse déterminera si l’État camerounais parvient à endiguer une économie de la prédation qui gangrène les régions les plus vulnérables.

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