Mort d'Anicet Ekane : Henriette Ekwe conteste la thèse officielle
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"Je suis fâchée. Ce qui est faux." Les mots d'Henriette Ekwe résonnent encore devant la morgue de l'hôpital Laquintinie à Douala. La dépouille d'Anicet Ekane, président du Manidem, est arrivée ce mardi en provenance de Yaoundé. Loin d'apaiser les tensions, ce rapatriement a cristallisé les suspicions. La thèse d'une mort naturelle est ouvertement contestée par la journaliste et figure politique.

Un retour sous haute tension

Le cercueil a été acheminé à la morgue de l'hôpital Laquintinie dans l'après-midi. Proches, militants et simples curieux s'étaient massés aux abords de l'établissement. L'atmosphère était lourde, chargée d'émotion et de colère. La mise en bière avait eu lieu plus tôt dans la journée à Yaoundé, la capitale politique, dans des conditions que les proches du défunt jugent opaques.

Henriette Ekwe, figure connue du paysage médiatique et politique camerounais, a pris la parole face aux journalistes. Sa déclaration est un réquisitoire. Elle dénonce l'absence de contre-expertise médicale indépendante. Selon elle, les autorités ont conclu trop rapidement à une mort naturelle, sans permettre à la famille de vérifier cette version. Une précipitation qu'elle juge suspecte.

L'état de santé du président du Manidem

Anicet Ekane était gravement malade avant son décès. C'est un point que personne ne conteste. Ce qui est en débat, c'est la qualité de la prise en charge. Selon Henriette Ekwe, l'état du leader politique nécessitait une hospitalisation dans un établissement doté d'un plateau technique adapté et de services d'urgence performants. Or, il se trouvait dans une infirmerie. Une différence de taille qu'elle qualifie de scandale.

La mort naturelle est définie médicalement comme un décès résultant exclusivement d'une maladie ou du vieillissement, sans intervention de facteurs externes violents. Mais dans le contexte carcéral ou sécuritaire camerounais, cette qualification est souvent accueillie avec méfiance par les familles et les organisations de défense des droits humains. L'absence de transparence sur les conditions de détention et de soins alimente les suspicions.

Le Manidem sous le choc

Le Mouvement africain pour la démocratie et l'indépendance (Manidem) perd son président historique. Dans les rangs du parti, la consternation le dispute à la colère. Des militants réclament déjà des éclaircissements. Ils veulent comprendre comment leur leader a pu mourir dans des conditions qu'ils jugent indignes de son statut et de son état de santé.

À la morgue de Laquintinie, la dépouille attend désormais les hommages et les préparatifs des obsèques. Mais au-delà du rituel funéraire, c'est une bataille pour la vérité qui s'engage. Les proches d'Anicet Ekane entendent ne pas en rester là. Ils exigent des réponses sur les conditions du décès et sur la prise en charge médicale qui a précédé la fin.

Une question pour l'avenir

Anicet Ekane est-il mort des suites de sa maladie, ou les conditions de sa détention et de son accès aux soins sont-elles directement responsables de son décès, justifiant ainsi la demande de contre-expertise d'Henriette Ekwe ?

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