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© Camer.be : Paul Moutila
- 26 May 2026 11:17:12
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1er janvier 2027 : le Congo ouvre ses frontières à tout le continent africain
Le 25 mai 2026, Journée de l'Afrique, Denis Sassou N'Guesso a annoncé la suppression du visa pour tous les ressortissants africains souhaitant entrer en République du Congo, une décision effective dès le 1er janvier 2027, qui place le pays en tête des promoteurs concrets de l'intégration continentale.
Le 25 mai. La Journée de l'Afrique.
À Brazzaville, en marge des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement, Denis Sassou N'Guesso prend la parole.
Et il dit quelque chose que beaucoup de dirigeants africains ont promis, débattu, reporté depuis des décennies.
À compter du 1er janvier 2027, les ressortissants africains n'auront plus besoin de visa pour entrer en République du Congo.
Pas un projet. Pas une étude de faisabilité. Une date. Un engagement. Un acte.
Une annonce au symbole fort
La date n'a pas été choisie au hasard. Le 25 mai, Journée de l'Afrique, commémore chaque année la création de l'Organisation de l'Unité Africaine en 1963 ce rêve panafricain d'un continent uni, souverain, solidaire.
C'est dans ce contexte, et en marge d'un événement économique majeur les Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD), réunies cette année à Brazzaville que Denis Sassou N'Guesso a choisi de faire une annonce qui a immédiatement circulé sur les réseaux sociaux africains.
À compter du 1er janvier 2027, tout ressortissant africain pourra entrer en République du Congo sans visa.
Un geste politique fort. Un signal continental.
Le défi de la libre circulation en Afrique : ce que les chiffres disent
La libre circulation des personnes est l'un des chantiers les plus emblématiques et les plus lents de l'intégration africaine.
L'Union Africaine a adopté en 2018 le Protocole sur la libre circulation des personnes, le droit de résidence et le droit d'établissement. Mais à ce jour, seuls une vingtaine d'États membres l'ont ratifié loin du seuil nécessaire pour une entrée en vigueur continentale.
En attendant, les Africains restent, selon le rapport Henley & Partners 2024, parmi les voyageurs les moins mobiles au monde à l'intérieur de leur propre continent. En moyenne, un passeport africain donne accès sans visa à environ 25 autres pays africains contre plus de 60 pour certains passeports asiatiques ou latino-américains.
Le coût de la non-intégration est documenté : selon la Commission Économique des Nations Unies pour l'Afrique (CEA), les échanges intra-africains ne représentent que 15 à 18 % du commerce total du continent contre plus de 60 % en Europe et environ 50 % en Asie. La libre circulation des personnes est considérée comme l'un des leviers structurels pour augmenter ces échanges.
Les précédents : qui a déjà ouvert ses frontières ?
La République du Congo ne serait pas la première à franchir ce pas. Plusieurs pays africains ont déjà adopté des politiques d'ouverture totale ou partielle.
Le Bénin a supprimé le visa à l'entrée pour tous les ressortissants africains en 2019 une décision saluée comme un modèle par l'Union Africaine. Le Rwanda applique depuis plusieurs années une politique similaire, positionnant le pays comme hub régional pour les voyages d'affaires et le tourisme. La Gambie, le Sénégal et quelques autres États de la CEDEAO offrent également une accessibilité élevée aux ressortissants du continent.
Ces expériences montrent des résultats tangibles : augmentation du tourisme régional, facilitation des échanges commerciaux, attractivité accrue pour les diasporas et les investisseurs.
Ce que ça change concrètement pour les voyageurs
Pour les ressortissants des 54 États membres de l'Union Africaine, l'annonce signifie en pratique la fin d'une bureaucratie souvent coûteuse et chronophage : formulaires de demande, délais d'attente, frais consulaires, risques de refus.
La République du Congo, pays d'Afrique centrale, est un hub géographique naturel entre l'Afrique centrale, l'Afrique de l'Ouest et l'Afrique australe. Brazzaville, sa capitale, fait face à Kinshasa capitale de la République Démocratique du Congo et l'une des plus grandes métropoles africaines avec seulement le fleuve Congo entre elles.
L'ouverture des frontières congolaises pourrait avoir des effets d'entraînement sur les flux de personnes, de marchandises et de capitaux dans toute la sous-région.
Les questions qui restent ouvertes
Toute annonce de cette ampleur appelle des précisions que le discours inaugural ne fournit pas toujours.
La suppression du visa s'accompagnera-t-elle de facilités d'entrée effectives capacités aéroportuaires, contrôles aux frontières terrestres fluidifiés, accords bilatéraux de réciprocité ? La mesure sera-t-elle unilatérale ou accompagnée de négociations avec les États partenaires ? Quels mécanismes de suivi et d'évaluation sont prévus ?
Ces questions sont légitimes. Elles ne diminuent pas la portée symbolique de l'annonce, mais elles conditionneront son impact réel sur le terrain.
Les prochains mois et les textes réglementaires qui suivront permettront de mesurer si le 1er janvier 2027 est bien la date d'une transformation concrète ou le point de départ d'un processus plus long.
Perspective
L'annonce de Brazzaville s'inscrit dans un moment africain particulier. La Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf), opérationnelle depuis 2021, progresse lentement mais réellement. Plusieurs pays renforcent leurs politiques d'ouverture aux diasporas. La pression des jeunes générations africaines pour une mobilité facilitée est croissante et documentée.
Si la République du Congo tient son engagement du 1er janvier 2027, elle rejoindra un groupe encore restreint de pays qui ont transformé la rhétorique panafricaine en politique publique concrète.
C'est cela, finalement, que le continent attend le plus : non pas des discours sur l'unité africaine, mais des actes datés, mesurables et irréversibles.
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