-
© Camer.be : Paul Moutila
- 05 Mar 2026 01:15:14
- |
- 322
- |
ESPAGNE :: « Je ne veux pas être complice de tes crimes » : Pedro Sánchez défie Trump :: SPAIN
L'Espagne dit non. Non à la guerre. Non aux menaces. Non à la "complicité" avec ce que le Premier ministre Pedro Sánchez n'hésite pas à qualifier de "crimes". Dans une déclaration solennelle, le chef du gouvernement espagnol a répondu avec une fermeté rare aux pressions de Donald Trump, qui menaçait de rompre tout commerce avec Madrid.
Une réponse cinglante du chef du gouvernement espagnol
"Nous n'allons pas nous rendre complices d'une chose qui est néfaste pour le monde et qui est contraire à nos valeurs et à nos intérêts, simplement par crainte de représailles de la part de certains." Ces mots, prononcés par Pedro Sánchez, résonnent comme un coup de tonnerre dans le paysage diplomatique européen . Le Premier ministre espagnol a haussé le ton face au président américain.
Tout est parti d'un refus. L'Espagne a interdit aux États-Unis d'utiliser ses bases militaires de Rota et Morón pour mener des frappes offensives contre l'Iran. Madrid a conditionné toute utilisation de son sol à des missions strictement humanitaires, conformes au droit international . Une ligne rouge que Washington n'a pas acceptée.
La réaction brutale de Donald Trump
Depuis le Bureau ovale, Donald Trump a qualifié l'Espagne d'allié "terrible" et "peu amical". Il a menacé d'imposer un embargo commercial total et de rompre toutes relations bilatérales . Dans la foulée, les appareils américains ont été retirés des bases espagnoles, selon les données radar .
En prononçant son "non à la guerre", Pedro Sánchez renoue avec une tradition espagnole ancrée dans l'opinion publique. Il ravive le souvenir du mouvement protestataire de 2003 contre l'invasion de l'Irak, lorsque l'ancien Premier ministre José María Aznar avait soutenu George W. Bush aux côtés de Tony Blair. Le "Trío de las Azores" est devenu un repoussoir . Sánchez, lui, veut incarner le retour de la parole souveraine, à l'image du Français Dominique de Villepin à l'ONU.
Un pari politique intérieur
Pour Sánchez, ce bras de fer n'est pas qu'international. Il est aussi domestique. Confronté à une opinion publique traditionnellement pacifiste, le leader socialiste cherche à mobiliser son électorat progressiste. En se posant en rempart contre les dérives de l'administration Trump, il espère redorer son blason avant d'éventuelles élections anticipées . Son pari : devenir la voix de la gauche européenne face à la vague conservatrice.
Les menaces de Trump ont provoqué un réflexe de solidarité européenne. Emmanuel Macron a exprimé son soutien à Pedro Sánchez. Le président du Conseil européen, António Costa, a assuré Madrid de la "pleine solidarité de l'Union européenne" . La Commission, par la voix d'Ursula von der Leyen, s'est dite prête à agir pour défendre les intérêts européens. Le message est clair : une menace contre un État membre est une menace contre l'UE .
Un jeu dangereux pour l'Espagne
Mais le pari de Sánchez comporte des risques. En s'isolant diplomatiquement, Madrid pourrait fragiliser ses relations avec Washington dans des domaines cruciaux comme le renseignement et la sécurité. Les entreprises espagnoles implantées aux États-Unis craignent des représailles économiques. Le Trésor américain a déjà accusé l'Espagne de mettre "des vies américaines en danger" en ralentissant la capacité d'engagement des forces .
L'Iran, lui, a salué la position espagnole. Le Premier ministre iranien Masoud Pezeshkian a remercié Madrid pour son refus de coopérer avec "la coalition sioniste-américaine", y voyant la preuve que "l'éthique et les consciences éveillées existent encore en Occident" . Une marque de soutien qui pourrait cependant fragiliser la position de l'Espagne au sein de l'OTAN.
L'Espagne isolée ou avant-gardiste ?
Pedro Sánchez joue gros. En refusant la "complicité" avec Washington, il s'expose à des représailles économiques et diplomatiques. Mais il pourrait aussi incarner une nouvelle voix européenne, refusant de courber l'échine face aux diktats américains. Reste à savoir si d'autres pays suivront son exemple ou s'il restera seul face à la colère de Donald Trump. L'Europe est-elle prête à défendre sa souveraineté jusqu'au bout ?
Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
Lire aussi dans la rubrique GéOPOLITIQUE
Les + récents
« Je ne veux pas être complice de tes crimes » : Pedro Sánchez défie Trump
Anicet Ekane : « On m'a amené ici pour m'achever », les dernières paroles de l'opposant
Décès de Mouta Penda : le comédien camerounais s'est éteint après un combat contre la maladie
CONFERENCE DEBAT : LA FEMME PILIER DU PRESENT, ARCHITECTE DE L’AVENIR ORGANISEE PAR KRISTHIA LAUVE
Décès de Hope Sona Ebaï (CDC) et David Imbeng (Maire de Makénéné) le même jour
LE DéBAT
Afrique- Débat: Les Camerounais sont-ils communautaristes?
- 27 September 2020
- /
- 38064
LA HAUTE FINANCE INTERNATIONALE EST ELLE LA NOUVELLE BABYLONE ?
- 26 April 2020
- /
- 61248
POINT DU DROIT
TRIBUNE L'AUTOROUTE YAOUNDÉ-DOUALA OU LE SACRIFICE GÉNÉRATIONNEL D'UN PEUPLE
- 11 February 2026
- /
- 4602
Le piège de l’incurie
- 03 March 2025
- /
- 5799
Vidéo de la semaine
évènement
