Présidence de la République: après plus de 100 jours de Paul Biya, le Cameroun s’enfonce encore plus
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Présidence de la République: après plus de 100 jours de Paul Biya, le Cameroun s’enfonce encore plus :: CAMEROON

Le 16 février dernier marquait les 100 premiers jours du nouveau mandat du président de la République du Cameroun, Paul Biya, investi le 6 novembre 2025 à la suite de sa réélection pour un huitième mandat consécutif.

Proclamé vainqueur du scrutin présidentiel du 12 octobre 2025 par le Conseil constitutionnel, dans un contexte de fortes tensions liées à des accusations de fraude et à une crise postélectorale, le chef de l’État poursuit son action sans inflexion notable des conditions de vie des populations, déjà largement dégradées.

Cent jours après le début de ce mandat, le remaniement gouvernemental annoncé se fait toujours attendre. Traditionnellement considérée comme une période déterminante, cette phase initiale permet de fixer les grandes orientations politiques et stratégiques. Elle constitue également un moment clé pour la mise en place d’une équipe gouvernementale cohérente, capable de traduire efficacement la vision présidentielle en actions concrètes. Le choix des ministres et des conseillers revêt, à cet égard, une importance particulière, en ce qu’il reflète les priorités de gouvernance. L’absence de réorganisation à ce stade alimente les interrogations quant à la capacité de l’exécutif à impulser une dynamique nouvelle et à adapter son action aux réalités actuelles.

Après plus de 43 années passées à la tête de l’État, le bilan suscite des attentes croissantes, notamment dans des secteurs essentiels tels que l’éducation. L’absence d’améliorations tangibles nourrit un sentiment de frustration au sein de l’opinion publique. L’éducation, pilier fondamental du développement, demeure confrontée à des difficultés structurelles persistantes, appelant à une réévaluation approfondie des politiques publiques mises en œuvre. Une redéfinition des priorités et des stratégies apparaît aujourd’hui indispensable pour répondre efficacement aux besoins des populations.

Par ailleurs, les déficits en matière d’accès aux services de base, notamment l’eau potable et l’électricité, restent préoccupants. Malgré l’existence d’infrastructures telles que des barrages hydrauliques, thermiques et des installations fonctionnant au fuel lourd, de larges franges de la population, y compris dans les grandes agglomérations, continuent de faire face à des pénuries récurrentes. Dans un contexte marqué par les exigences du XXIe siècle, l’accès à ces services essentiels constitue un droit fondamental. La modernisation des infrastructures et l’amélioration de la qualité des services publics s’imposent dès lors comme des priorités majeures.

Enfin, la gouvernance du pays demeure affectée par des niveaux élevés de corruption. Selon l’Indice de perception de la corruption 2025 publié par Transparency International, le Cameroun occupe le 142e rang sur 180 pays. Sur la période 1996–2025, le classement moyen du pays s’établit à 128,86, avec un pic à la 153e place en 2017 et une meilleure performance enregistrée en 1996 (49e rang). Ces données traduisent la persistance de défis structurels en matière de gouvernance et soulignent l’urgence de réformes profondes pour renforcer la transparence et l’efficacité des institutions publiques.

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