Cabral Libii redessine les lignes de l'opposition camerounaise en félicitant Issa Tchiroma
CAMEROUN :: PRéSIDENTIELLE 2025

Cabral Libii redessine les lignes de l'opposition camerounaise en félicitant Issa Tchiroma :: CAMEROON

La sortie de Cabral Libii, ce lundi 2 février 2025 sur Facebook, n’a rien d’anodin. En félicitant publiquement le ministre Issa Tchiroma Bakary pour sa deuxième place à l’élection présidentielle de 2025, avec 35,17 % des suffrages, le leader du Parti Camerounais pour la Réconciliation Nationale (PCRN) pose un acte politique fort, aux implications multiples.

« Il est le meilleur deuxième de l’histoire présidentielle camerounaise », affirme en substance Cabral Libii, en comparant la performance d’Issa Tchiroma à celle de Ni John Fru Ndi en 1992. Un parallèle lourd de sens, tant la figure de Fru Ndi reste associée à la contestation du pouvoir central et à l’éveil démocratique des années 1990.

Mais cette reconnaissance publique soulève plusieurs interrogations. En érigeant Issa Tchiroma au rang de référence historique, Cabral Libii contribue-t-il à redessiner les lignes de légitimité de l’opposition camerounaise ? Le ministre, longtemps perçu comme un acteur du sérail gouvernemental avant sa rupture, se voit ainsi adoubé comme un poids lourd électoral, au risque d’éclipser d’autres forces politiques issues de l’opposition traditionnelle.

Le discours du « fair-play politique », mis en avant par Cabral Libii, peut également être lu comme une stratégie de repositionnement. À défaut de contester frontalement les résultats, le député semble choisir la voie de la reconnaissance sélective, valorisant un adversaire précis dans un contexte où la recomposition post-électorale s’annonce déterminante.

Cette posture n’est pas sans ambiguïté. En saluant la performance d’un ancien pilier du pouvoir, Cabral Libii prend le risque de brouiller les lignes idéologiques et de banaliser les trajectoires politiques marquées par de longues années de participation gouvernementale. La comparaison avec Bello Bouba Maïgari, relégué loin derrière avec 19,22 % en 1992, accentue cette relecture critique de l’histoire politique récente.

Au-delà de la courtoisie apparente, cette déclaration pourrait ainsi être interprétée comme un acte de légitimation politique assumé, voire calculé, dans un jeu d’alliances et de rapports de force encore en gestation. Dans le Cameroun post-présidentielle 2025, les mots comptent autant que les scores, et chaque reconnaissance publique participe à la construction d’un nouveau récit politique.

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