Crise anglophone : Issa Tchiroma n’était-il pas l’homme de la situation ?
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Maurice Kamto, leader du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) et dauphin de la présidentielle de 2018, compte désormais un allié de poids dans sa quête de résolution de la crise anglophone : Issa Tchiroma Bakary. 

Président du Front pour le Salut National du Cameroun (FSNC), cet ancien ministre devenu figure de proue de l’opposition affichait, lors de la présidentielle du 12 octobre 2025, l'ambition ferme de pacifier le pays.

Suite aux violences postélectorales, celui qui incarnait une alternance crédible, holistique et fédératrice, est aujourd'hui contraint à l’exil politique en Gambie. Le symbole tragique d’un pays qui vacille.

Pendant ce temps, les corps continuent de tomber dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. La réalité est brutale : il s’agit d’un carnage que les autorités actuelles persistent à minimiser, voire à nier. Incapables d’imposer une solution politique durable à cette crise, elles tentent de masquer l’ampleur des pertes humaines.

Le Cameroun va mal. Très mal. Cette crise, qualifiée par une partie de l’opinion de « guerre asymétrique », est le produit direct d’un régime à bout de souffle, en échec sur tous les fronts et désormais dépourvu de toute perspective crédible pour la nation.

Durant la campagne électorale,  il s’est distingué comme le seul candidat capable de mobiliser une foule considérable à Bamenda, capitale régionale du Nord-Ouest et épicentre des revendications séparatistes anglophones. Le signal était clair : son message trouvait un écho réel, là où d’autres échouaient. Il avait alors promis de revenir en triomphe une fois installé au Palais de l’Unité (siège de la présidence de la République à Etoudi, ndlr).

Classé deuxième par le Conseil constitutionnel avec le score de 35,19 %, Issa Tchiroma Bakary devancé par Paul Biya avec 53,66%, conteste les résultats et se proclame vainqueur du scrutin. Ses partisans dénoncent ce qu’ils considèrent comme une confiscation du pouvoir. « Paul Biya a volé notre élection », martèle l’un de ses alliés. Selon lui, « ce régime gouverne sans légitimité depuis 1992 et, à partir de 2018, s’est enfermé dans une dérive autoritaire qui fragilise l’unité nationale et enferme les Camerounais dans une spirale sans issue ». Il convient de rappeler que Paul Biya n’hérite pas à l’absolu cette situation. En 1961 à la Conférence de Foumban où il était question de mettre une constitution intégrant les deux Cameroun, oriental et méridional, le président de la République d’alors, Ahmadou Ahidjo, n’avait pas joué franc-jeu en face des délégués anglophones présents à ces assises cruciales et déterminantes. 

Un autre soutien de poids est tout aussi catégorique : « Paul Biya, c’est l’échec sur tous les plans. Incapable de mettre fin à la crise anglophone. Depuis plus de soixante ans, et après quarante-quatre années passées au pouvoir, le chef de l’État semble indifférent au sort des Camerounais qui meurent chaque jour dans les régions anglophones ». Pour cet allié, une seule chose importe au président en exercice : la conservation du pouvoir.

La question de l’âge du chef de l’État, 93 ans, cristallise également les critiques. « Comment un homme de cet âge peut-il prétendre disposer encore de toutes les facultés nécessaires pour diriger un pays ? » Cette interrogation dépasse le cadre partisan. Elle reflète une opinion largement partagée : pour de nombreux Camerounais, Paul Biya ne gouverne plus réellement le Cameroun depuis plusieurs années.

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