Chantal Biya : l'absence de statut officiel qui interroge le pouvoir au Cameroun
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Chantal Biya : l'absence de statut officiel qui interroge le pouvoir au Cameroun :: CAMEROON

Peut-on exercer un rôle public sans existence légale ? La question agite la classe politique camerounaise depuis la récente sortie médiatique de l'honorable Koupit Adamou. Sur le plateau de CANAL PRESSE (Canal 2), le député a lâché une phrase qui résonne comme un pavé dans la mare institutionnelle : « Le statut de première dame n'existe pas au Cameroun. »

Une déclaration qui ravive le débat institutionnel

Le propos est radical. Il vise directement la place occupée par Chantal Biya lors des cérémonies républicaines. L'épouse du chef de l'État intervient, préside, inaugure. Elle le fait aux côtés de membres du gouvernement, y compris des ministres techniquement compétents sur les domaines concernés. Pour Koupit Adamou, c'est une anomalie. Une illégalité constitutionnelle en actes.

Le vide juridique : une anomalie constitutionnelle

En réalité, le vide juridique est patent. La constitution camerounaise ne mentionne à aucun moment la fonction de première dame. Aucun décret, aucune loi organique ne définit ses prérogatives, son budget, ou son périmètre d'action. Pourtant, sa présence médiatique et son influence dans certaines sphères ne sont plus à démontrer. Ce paradoxe crée une zone grise dans la gouvernance du pays.

Pourquoi la tolérance protocolaire persiste-t-elle ?

Pourquoi une telle situation persiste-t-elle ? La réponse tient en partie à la sacralisation de l'institution présidentielle. Dans de nombreux régimes, la première dame bénéficie d'une forme de tolérance protocolaire. Mais au Cameroun, l'absence de texte transforme cette tolérance en vide de légitimité. Lorsqu'elle apparaît au premier plan, elle occupe un espace qui, juridiquement, ne lui appartient pas.

Quand l'informel concurrence le républicain

Le décryptage de cette affaire révèle un malaise plus profond. Si aucun texte ne permet à Madame Chantal Biya d'agir au nom de l'État, alors sa présence à des événements officiels pose un problème de souveraineté. Elle côtoie des ministres, censés être les seuls représentants de l'exécutif dans leurs secteurs. Cette confusion des rôles affaiblit la chaîne de commandement républicaine.

Les conséquences pour l'État de droit

À court terme, le risque est celui d'un précédent. D'autres personnalités pourraient revendiquer une influence informelle, fragilisant le principe d'égalité devant la fonction publique. À long terme, c'est la perception même de l'État de droit qui est en jeu. Si une fonction officielle peut être exercée sans base légale, alors la frontière entre le privé et le public s'efface.

Une polémique qui dépasse le cas personnel

Les critiques, comme Koupit Adamou, ne remettent pas en cause la personne, mais le principe. Ils interrogent la légalité républicaine face aux habitudes du palais. Cette polémique dépasse le simple cadre people : elle touche au cœur de la construction démocratique camerounaise.

Alors, simple tempête médiatique ou début d'une remise en question du fonctionnement officieux du pouvoir ?

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