Cameroun : peut-on vaincre un système politique sans reconnaître l'ennemi ?
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Cameroun : peut-on vaincre un système politique sans reconnaître l'ennemi ? :: CAMEROON

La lutte libère un peuple quand celui-ci en sort victorieux. Mais peut-on vaincre un ennemi qu'on ignore ? Cette question résume toute la problématique camerounaise actuelle. Le pays doit impérativement apprendre des luttes les plus ardues de son histoire pour enfin tracer sa propre voie.

Le Cameroun a été colonisé par l'Allemagne, puis partagé entre la France et l'Angleterre après la Première Guerre mondiale. Cette partition n'a jamais été choisie par les Camerounais, pourtant le pays continue d'en subir les conséquences plus d'un siècle plus tard.

Des dirigeants imposés depuis l'indépendance

Depuis l'indépendance et même avant, le Cameroun a toujours eu des dirigeants imposés et soutenus par des puissances étrangères. Ahmadou Ahidjo a été le premier président du Cameroun indépendant, remplacé par Paul Biya en 1982. À aucun moment le peuple n'a réellement choisi l'un ou l'autre dans un processus démocratique transparent.

Les puissances étrangères ont systématiquement influencé les décisions politiques camerounaises. Cette ingérence constante a façonné un système où la volonté populaire reste secondaire face aux intérêts géopolitiques externes. Le résultat : une démocratie de façade qui perpétue les structures héritées de la colonisation.

L'illusion démocratique et ses conséquences

Les élections n'ont jamais été libres et transparentes au Cameroun, et cette situation ne changera pas spontanément. C'est précisément la raison pour laquelle les Camerounais doivent continuer d'exiger la vérité des urnes de l'élection présidentielle du 12 octobre dernier, un organe véritablement indépendant pour l'organisation des élections futures et une justice qui ne soit plus aux ordres.

Ces exigences caractérisent une grande nation. Sans elles, le Cameroun reste prisonnier d'un système qui simule la démocratie sans jamais l'incarner réellement. La souveraineté nationale devient alors un concept théorique vidé de sa substance par les pressions extérieures et les compromissions internes.

Prendre son destin en main

La souveraineté nationale est effectivement un concept complexe. Les pays africains demeurent soumis à des pressions extérieures multiformes. Mais cette réalité ne doit pas servir d'excuse à l'inaction. Les Camerounais doivent également prendre leurs responsabilités et travailler à construire un avenir meilleur pour eux-mêmes.

Le peuple camerounais a démontré sa capacité à se mobiliser et à lutter pour ses droits. Cette énergie collective ne doit pas se disperser dans des combats isolés, mais se cristalliser autour d'exigences claires : transparence électorale, justice indépendante et démocratie authentique.

Quand la lutte devient libération

À la question de savoir à quel moment la lutte libère un peuple, la réponse émerge avec clarté : quand les Camerounais décident de prendre leur destin en main et de lutter pour leurs droits et leur dignité. Cette prise de conscience collective constitue le premier acte de résistance face aux systèmes d'oppression, qu'ils soient internes ou externes.

Reconnaître l'ennemi, c'est identifier les mécanismes qui perpétuent la domination : élections truquées, justice instrumentalisée, ingérence étrangère et résignation collective. C'est seulement en nommant ces obstacles que le combat pour la liberté peut devenir efficace.

La vraie question n'est donc plus de savoir si le changement est possible, mais plutôt : les Camerounais sont-ils prêts à maintenir la pression jusqu'à ce que la transparence, la justice et la démocratie cessent d'être des slogans pour devenir des réalités tangibles ?

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