Crise anglophone : huit ans après l'arrestation de Sisiku Ayuk Tabe
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Le 5 janvier 2018 reste une date charnière dans l’histoire contemporaine du pays. Ce jour-là, Sisiku Julius Ayuk Tabe et neuf autres figures de proue du mouvement séparatiste étaient interpellés dans un hôtel d'Abuja, au Nigeria. Ce coup de filet spectaculaire, suivi d’une extradition vers Yaoundé dénoncée par de nombreuses organisations de défense des droits humains, devait initialement décapiter la rébellion armée dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Huit ans plus tard, alors que l’actualité sportive de la CAN au Maroc focalise l’attention, le bilan sécuritaire et politique de cette incarcération soulève des questions persistantes sur la résolution de ce conflit complexe.

L’emprisonnement à vie des leaders ambazoniens, confirmé par la Cour suprême en décembre 2025, n’a pas produit l’effet d’apaisement escompté par les autorités. Au contraire, l’absence de figures modérées pour négocier a favorisé l’émergence de multiples factions armées aux commandements dispersés, rendant le dialogue plus difficile que jamais. Sur le terrain, la situation humanitaire demeure préoccupante avec des milliers de déplacés internes et des réfugiés dont le retour reste conditionné par une stabilité encore fragile. Les régions anglophones du Cameroun continuent de porter les stigmates d’une guerre asymétrique où les populations civiles se retrouvent prises entre deux feux.

Pourtant, des lueurs d’espoir apparaissent dans le discours officiel et les initiatives locales. Le gouvernement a récemment multiplié les appels au dialogue communautaire et révisé le régime fiscal des zones économiquement sinistrées pour favoriser la reconstruction. La reprise progressive des activités scolaires dans certaines zones témoigne d’une volonté de normalisation, même si la menace de villes mortes et d’incursions armées plane toujours. Le défi pour Yaoundé en 2026 reste la transformation de cette accalmie relative en une paix durable, capable d’intégrer toutes les composantes de la nation.

Huit ans après Abuja, le constat est celui d’une résilience partagée. Les Lions Indomptables parviennent parfois à unifier les cœurs le temps d’une compétition, mais le chantier de la réconciliation politique demeure immense. La question de la libération ou du statut des détenus de la crise anglophone reste un point de crispation majeur. Alors que le pays se projette vers de futurs enjeux électoraux et économiques, la résolution définitive de cette fracture territoriale apparaît comme la condition sine qua non pour un développement harmonieux et une stabilité pérenne sur l’ensemble du territoire national.

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