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© Camer.be : Avec Jeune Afrique
- 14 Nov 2025 16:15:30
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CAMEROUN :: Présidentielle 2025 : Fraude de PV et Listes Gonflées, La Victoire de Biya Contestée :: CAMEROON
L'élection présidentielle du 12 octobre 2025 au Cameroun continue de générer une crise postélectorale profonde, alimentée par des accusations persistantes de fraudes massives. Malgré la proclamation officielle de la victoire de Paul Biya avec 53,66 % des suffrages, les allégations d'irrégularités, allant des listes électorales gonflées à la falsification des procès-verbaux, jettent un doute tenace sur la légitimité du scrutin. Ces soupçons, largement documentés par l'opposition et relayés par la presse, révèlent les failles d'un processus électoral controversé.
Au soir du scrutin, une ambiance morose régnait au siège du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir) à Yaoundé. Les premiers résultats, issus principalement des centres urbains, laissaient présager une défaite du président sortant, une tendance qui a encouragé l'opposant Issa Tchiroma Bakary à revendiquer la victoire dès le lendemain. Cependant, dans les deux semaines qui ont suivi, un renversement spectaculaire s'est opéré, Paul Biya rattrapant son retard pour finalement être déclaré vainqueur. Comment expliquer cette volte-face alors qu'Issa Tchiroma Bakary continue de revendiquer plus de 60 % des voix ? La réponse, selon l'opposition, réside dans une fraude systémique.
Les doutes se sont manifestés bien avant le jour du vote. Des scrutateurs, à l'image de Moussa Baba dans la région de Maroua, ont relevé des anomalies troublantes dans le fichier électoral. L'augmentation soudaine du nombre d'inscrits dans la région du Centre, surpassant désormais l'historique Extrême-Nord, ou l'accroissement des inscrits dans les régions anglophones malgré un exode de déplacés, ont soulevé des questions restées sans réponse. L'audit du fichier réclamé par l'opposition n'a jamais été lancé, laissant les accusations de manipulation sans réfutation officielle, compliquant la gouvernance par la suite.
Le jour du scrutin a été marqué par une multitude d'incidents documentés : bourrages d’urnes, achats de voix, et le refoulement des scrutateurs de l'opposition lors du dépouillement. Cependant, pour des figures comme l'activiste Djeukam Tchameni, la fraude la plus significative se serait déroulée après le vote. La falsification de PV serait l'étape clé où les résultats réels, issus des bureaux de vote, auraient été remplacés par des faux lors de leur passage par la commission locale de recensement, dominée par les représentants de l'administration. Cette « guerre des PV » est difficile à prouver, le code électoral rendant la contestation des chiffres presque impossible, comme l'a souligné Me Emmanuel Simh, vice-président du MRC. Le Conseil constitutionnel, par la suite, n'accepte que le PV d'Elecam comme preuve.
Malgré l'irrecevabilité des recours, notamment celui de Patricia Tomaïno Ndam Njoya, l'opposition a rendu publics des procès-verbaux initiaux qui, bien que non authentifiés par Elecam, concordent fortement avec les chiffres finaux dans 13 des 18 départements. Les divergences apparaissent uniquement dans des bastions stratégiques, alimentant l'idée que seule une altération ciblée des chiffres a permis de basculer le résultat final en faveur du RDPC. Des candidats comme Pierre Kwemo ont également dénoncé le vol massif de voix et pointé des augmentations suspectes du taux de votants dans certaines circonscriptions entre 2018 et 2025. Ces allégations soulignent une crise profonde de la démocratie au Cameroun.
Face à ces graves accusations, le président du Conseil électoral, Enow Abrams Egbe, avait promis d'examiner les cas et d'appliquer des sanctions. Un mois après le scrutin, aucune sanction n'a été annoncée et l'institution affirme être toujours en train de dresser le bilan général. Cette absence de transparence et d'action concrète ne fait qu'accentuer le doute sur l'intégrité du processus électoral. Pour le Cameroun, l'enjeu dépasse la simple élection : il s'agit de la crédibilité de ses institutions et de l'avenir de sa politique camerounaise.
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