COLONEL DIDIER BADJECK décrypte la recrudescence des attaques des bandes armées terroristes dans le
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CAMEROUN :: COLONEL DIDIER BADJECK décrypte la recrudescence des attaques des bandes armées terroristes dans le :: CAMEROON

Mon colonel, ces derniers  jours, plusieurs de nos vaillants soldats sont tombés sous le feu des attaques terroristes dans le Noso. Ne devons-nous pas envisager un changement de paradigme sur le terrain ?
Nous pensons que l'heure ne  peut plus se tenir à la « compréhension ». Les hommes meurent sur le terrain, du fait d'une option résolument barbare des sécessionnistes à multiplier les attaques contre les forces régulières, sous la bénédiction des Ongs qui fustigent toute riposte en agitant constamment des abus ou l'utilisation excessive de la force. Les armes utilisées par les sécessionnistes sont de plus en plus sophistiquées, et nous voudrions bien connaître quelles sont les sources de ravitaillement de ces sécessionnistes. C'est une question centrale qui nous emmène au nous interroger sur la sincérité de nos partenaires. Les cadres de ce mouvement collectent de l'argent dans ces pays qu'ils mettent à contribution pour acheter des armes. Leur commerce est tellement contrôlé que l'on ne peut prétendre ignorer leur flux.

Cette hypocrisie a pour résultat d'irriter l'opinion qui, de plus en plus, s'installe dans une xénophobie inquiétante. Ces calculs ne nous semblent pas, par conséquent, prospectifs sur le plan des relations internationales, et poussent finalement nos pays dans les bras des sociétés paramilitaires. On ne peut pas continuer à tenir les deux extrémités de la belligérance pour des visées géostratégiques. Le résultat sera un échec, et les occidentaux continueront à perdre du terrain en caressant cette stratégie de concupiscence avec des alliances hors étatiques. Ils sont les seuls à déterminer le manichéisme de la vie internationale, à désigner la survie d'un État ou sa commodité internationale.

« Nous n'avons plus à faire à des Camerounais égarés, mais à de véritables ennemis de la République qu'il faut neutraliser. »

Plusieurs acteurs pensent que décréter l’Etat d’urgence dans les zones instables serait la meilleure option. Qu’en pensez-vous ?
Dans ce conflit larvé dans un enlisement, l'autorité de l'État doit être restaurée dans toutes les zones du Noso. Cela va coûter ce que ça va coûter, mais aucun recul de la légalité n'est admissible. Les stratèges vont en tirer les profonds enseignements, mais il est évident qu'il faille désormais changer de paradigme et être dans la posture de l'affrontement. Nous n'avons plus à faire à des Camerounais égarés, mais à de véritables ennemis de la République qu'il faut neutraliser. Il y a eu un temps pour le dialogue, la période de désarmement, de démobilisation et de réinsertion (Ddr). Actuellement, ce résiduel sécessionniste n'a aucune volonté de retrouver le droit chemin.

Comment comprendre la récurrence de ces attaques, alors que la main du chef de l’Etat en vue d’un retour de la paix sans effusion de sang, reste tendue ?
Il faudrait comprendre qu'un terroriste reste un terroriste et qu'au terme de son acte insensé, les commanditaires politiques sont en embuscade. On ne peut pas comprendre que devant l'horreur que nous venons de vivre, un leader politique se pavane en France et tire des dividendes politiques alors que le Cameroun est en pleurs.

Ne doit-on pas questionner la sincérité de certains pays occidentaux qui abritent sur leur sol, les financiers de cette guerre ?
C’est évident ! Les sécessionnistes utilisent des armes aujourd'hui dont la traçabilité confondrait des acteurs. Cela fait longtemps que la complicité de certains pays est engagée malgré la cosmétique diplomatique qui saupoudre les lendemains des crimes contre l'humanité, perpétrées par les sécessionnistes. Cette activité doit être dénoncée.

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