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  • La Nouvelle : Jacques Blaise Mvié
  • lundi 28 septembre 2020 10:53:00
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Quelle grande puissance étrangère a aujourd’hui intérêt à renverser le président Paul Biya en soutenant Maurice Kamto pour que ce dernier le fasse comme on vient de l’observer au Mali ? À qui profite la mise en branle d’un mouvement insurrectionnel populaire, dans l’optique espérée d’une instrumentalisation de l’armée contre le régime de Yaoundé ?

On l’aura très vite compris : après le flop retentissant du 22 septembre dernier, une certaine presse vitrioleuse, rarement avare d’une pique corrosive et acrimonieuse à l’égard du régime s’évertue ubuesquement à démontrer comment le peuple a largement répondu à l’appel de Maurice Kamto en « descendant massivement dans les rues de Ndokoti à Douala ». Pour cette presse, le peuple camerounais se résume aux seuls concentrés humains hystérisés qu’on a vus en débandade à Ndokoti.

Un peu comme si ceux qui n’ont pas marché à Yaoundé, à Moloundou, à Ngaoundéré, à Garoua, à Kousseri et dans d’autres localités du Cameroun ne comptent pas et ne sont pas le peuple. Pourtant, selon les statistiques de certains observateurs avertis, le grand Nord compte 32% de la population du Cameroun, le grand Centre 27%, le grand Ouest 30% et le grand Littoral 13%. Camer.be. Mais dans les cercles ethnicisés du MRC, avec un volontarisme de matamore et une perversité diabolique, l’on a volontiers une perception farfelue O de cette notion du peuple. Et c’est celle-là qui est brandie avec ostension pour vendre l’image prétendument messianique de Maurice Kamto, présenté aux grandes puissances étrangères comme le choix du peuple, « le président élu » des Camerounais.

Ils ne sont pas bêtes, les stratèges du MRC. Tous le savent : la configuration sociologique du Cameroun ne permet pas de prendre le pouvoir sur des bases communautaires. Mais, tant à porter la gêne et la confusion à leur comble, ils s’emploient depuis des années à démontrer, aux puissances étrangères que Maurice Kamto peut facilement accéder au pouvoir sur la seule base du soutien des Bamilékés. Pourquoi ? Parce qu’ils prétendent que ceux-ci sont majoritairement implantés dans les 10 régions du Cameroun. Pour ce faire, il suffit d’un seul mot d’ordre venant de lui pour que tout s’embrase.

D’où cette insane tentative de soulèvement populaire insurrectionnel du 22 septembre dernier. Ceci dit, qu’est-ce qui peut expliquer ou justifier la hardiesse, voire la folie suicidaire de cette entreprise qui aurait même prévu faire sourire ceux qui connaissent, non seulement le manque d’envergure du MRC (aucun conseiller municipal, aucun député, aucun sénateur), mais aussi la puissance de feu des forces de défense et de sécurité camerounaises et leur loyalisme envers les institutions ? Pour répondre à cette question, il faut surtout entrer de plain-pied dans les arrière-boutiques de la Françafrique, aujourd’hui encombrés de dossiers noirs et explosifs à l’instar de celui du Fcfa et des nombreux accords signés le 26 décembre 1959 entre Ahmadou Ahidjo et le Général de Gaulle.

Parmi ces accords historiques, figure le fameux « accord de défense » à l’origine des premières bisbilles entre Paris et Yaoundé. Le 21 mai 2009, pour la petite histoire, au lieu de renouveler tout simplement cet accord comme l’avait fait son prédécesseur en 1974, le président Paul Biya signe plutôt à Yaoundé avec le Pm français, François Fillon, dépêché au Cameroun par Nicolas Sarkozy, un « accord de partenariat de défense » qui brille davantage par son approche diplomatique. Ce qui n’est pas du goût des dirigeants français.

REJET

Autre chose : il y a ce problème du Fcfa. Ce franc de la colonisation imposé aux colonies françaises d’Afrique dont 85% des réserves sont logés à la Banque centrale de France sous le contrôle du ministre français des Finances. Les pays de l’Afrique de l’Ouest viennent de créer leur monnaie unique. Mais en Afrique centrale, la question demeure à l’étude. Seulement les Français n’ont pas la mémoire courte. Ils se souviennent très bien encore du projet de création dès 2011 du Fonds Monétaire Africain (Fma) doté d’un capital de 42 milliards de dollars. Et c’est Yaoundé qui allait abriter le siège de ce fonds résolument soutenu par Mouammar Kadhafi et son homologue camerounais Paul Biya. A tout le moins, c’est à l’aune de ces deux faits importants de la Françafrique que de nombreux analystes ont commencé la semaine dernière, à décrypter le parti-pris flagrant des médias français Rfi et France 24, après les évènements qui viennent de se dérouler à Douala, à Yaoundé et dans certaines localités de la région de l’Ouest.

En accréditant au passage la thèse selon laquelle ce sont les Français qui soutiennent Maurice Kamto dans sa voie insurrectionnelle. Quoique Rfi, média de propagande du Quai d’Orsay par excellence, dans son journal de 4h du matin le 23 septembre dernier, ait sans fioritures reconnu l’échec des manifestations de Kamto en parlant de « … très peu de manifestants… » dans les rues. Et ceci après avoir préalablement fait monter la pression pour préparer l’opinion au chaos quelques jours auparavant. Pour tout dire, le choix du leader du MRC n’aurait rien du hasard pour ces lobbies français. Pour eux, fondé sur l’idée préconçue des capacités de Maurice Kamto à mobiliser ses « frères de l’Ouest », il suffit d’un seul mot d’ordre venant de lui pour que la rue s’embrase. Camer.be. Et que les flammes qui vont se lever aussitôt dans les différents quartiers de la capitale, vont très rapidement lécher les flancs jusque-là hermétiques du palais d’Etoudi sur les hauteurs de Yaoundé. Une vraie vue d’esprit qui ne correspond en rien aux réalités camerounaises. Ce qui explique le flop retentissant du mot d’ordre du leader du MRC. D’où certainement cette position du gouvernement qui, à travers un communiqué signé vendredi dernier par le ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi « (…) se félicite également du fait que, malgré la volonté acharnée du MRC d’instrumentaliser le fait ethnique et de mettre en danger le vivre-ensemble auquel sont viscéralement attachés les Camerounais, le rejet de son projet insensé ait été clairement exprimé par toutes les composantes sociologiques de notre Nation du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest ».

Ce qui conforte René Emmanuel Sadi à exhorter « les Camerounais et les Camerounaises à continuer à faire preuve, en tout temps et en tous lieux, de la tolérance et de l’hospitalité qui les caractérisent et à ne pas imputer les agissements criminels d’une poignée d’aventuriers aveuglés par une ambition dévorante, à un groupe ethnique quelconque ».

PUISSANCES ÉTRANGÈRES

Plus troublant, ceux des observateurs qui ont un regard moins distrait sur ce qui se passe ces dernières semaines entre Yaoundé et Brazzaville, n’hésitent pas à faire un lien entre la perspective souhaitée de la fin de la Cemac et ces récents événements du 22 septembre dernier. Ainsi ils se rappellent que le président camerounais Paul Biya a reçu en audience, jeudi 2 juillet 2020, le ministre d’État congolais, ministre de l’Économie, de l’Industrie et du portefeuille public, Gilbert Ondongo. Celui-ci était porteur d’un pli fermé du président congolais Denis Sassou Nguesso adressé à son homologue camerounais. Sur le mode de la confidence, ces observateurs précisent à cet effet que la plupart des pays de la Cemac ne veulent plus de cette zone monétaire qui ne répond plus à leurs perspectives économiques.

Il se chuchote donc qu’à quelques mois de la fin des accords monétaires avec la France, ces pays de la Cemac seraient en pourparlers pour créer une zone plus dynamique qui pourrait intégrer plusieurs pays d’Afrique. Notamment les 11 pays de la Ceac, les mécontents de l’Umoa et de la Cedeao. D’où toutes les offensives diplomatiques devenues fréquentes qui convergent vers Yaoundé ces derniers temps. Ce qui ne serait pas bien vu par de nombreuses puissances occidentales déterminées à faire partir le président Paul Biya avant le 26 décembre 2020. Pour ces analystes, le Mincom René Emmanuel Sadi sait très bien de quoi il parle lorsque dans son communiqué de presse de vendredi dernier il indique en termes voilés ceci : « certaines velléités d’ingérence étrangères détectées depuis un certain temps font l’objet d’un suivi conséquent des services spécialisés ».

En effet, étrangement mû par une intuition d’un dieu déchiré entre un fond proprement divin et une puissance maléfique qui l’exhorte inexorablement vers le mal et l’insurrection populaire, Maurice Kamto serait aujourd’hui le bras séculier instrumentalisé par ces puissances étrangères, pour renverser Paul Biya, présenté comme la tête de proue de cette fronde pour mettre fin à la Cemac. Est-il d’ailleurs besoin de rappeler ici que les casseurs de l’ambassade du Cameroun à Paris le 26 janvier 2019 n’ont jamais été inquiétés outre mesure. Ce n’est nullement un hasard qu’à chaque manifestation anti-Biya en Europe ce soient les mêmes casseurs qu’on retrouve en pointe, au point de se croire au cœur d’un délire schizophrénique.

28sept.
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