CAMEROUN :: Un dialogue National, oui. Mais… :: CAMEROON
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CAMEROUN :: POINT DE VUE CAMEROUN :: Un dialogue National, oui. Mais? :: CAMEROON
  • Correspondance : Sayë (Richard) MBOUMA KOHOMM, Président du Mouvement des Patriotes Camerounais (MPC) Et de l’Institut du Panafricanisme (IPA)
  • mardi 17 septembre 2019 12:13:00
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CAMEROUN :: Un dialogue National, oui. Mais… :: CAMEROON

Dans le livre « Cameroun, le combat continue » publié en 2001 chez l’Harmattan, j’avais écrit que « dans un pays où règne la discorde, sa ruine n’est l’affaire que d’un jour », citant ainsi un proverbe des BAMBARA du Mali. Dans un article intitulé « Paul BIYA : encore 7 ans ! Et après ? » publié par « Le Messager » et le journal « Pouvoir » en septembre 2018 – un mois avant la dernière Élection présidentielle –, j’indiquais que, compte tenu de la mainmise du Parti au pouvoir sur l’appareil politico-administratif et sur tous les rouages de la vie sociale du pays, non seulement le Président sortant sera sans surprise réélu, mais que, nonobstant la grave crise sociopolitique dans laquelle vit notre pays depuis plusieurs décennies, seule la tenue des « États Généraux » réunissant les représentants –démocratiquement choisis – de tous les groupes ethniques, socioculturels, des partis politiques, des associations, organisations sociales et professionnelles ainsi que des Camerounaises et Camerounais de la diaspora, pourrait être le meilleur cadre pour définir ensemble, le canevas du Destin camerounais.

Dans le n° 5 du journal « Pouvoir » qui vient de paraître en France où il est édité et qui sera très prochainement diffusé au Cameroun, le lecteur pourra lire mon point de vue sur le conflit qui sévit dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest de notre pays. À savoir que les problèmes de spoliation, du sous-développement, d’appauvrissement endémique et de décadence morale généralisée qui constituent les motifs de ceux qui ont pris les armes pour revendiquer une partition de notre Territoire, sont également des fléaux qui sévissent dans toutes les régions du pays. Prendre les armes, soit pour éradiquer ces fléaux, soit comme prétexte pour promouvoir un projet de sécession, voire de revenir au fédéralisme, ne constitue certainement pas la meilleure solution ! Car, vouloir se séparer du reste du Cameroun, en voulant créer un énième État – dans une Afrique si morcelée et si divisée et où les vrais militants du Panafricanisme recherchent depuis le XIXe siècle l’Unité –, pourrait s’avérer plus périlleux et problématique pour les séparatistes, à la fois en terme de viabilité et même d’existence de manière autonome à côté d’un géant voisin – l’exemple de l’annexion du Sahara Occidental par le Maroc est édifiant à cet égard –, lequel voisin a déjà bénéficié en 1961, du fait des manipulations des Puissances occupantes et de l’O.N.U, d’une partie de notre territoire suite à un Référendum totalement injustifié !

D’autant qu’avant l’Accord scellé le 6 mars 1916 entre les Généraux britannique Dobell et français Aymérich, le Cameroun d’alors n’était ni anglophone ni francophone. Il était germanophone. Avec une superficie de 790.000 km2. La France l’ayant amputé de plus de 265.00 km2 au profit de son empire colonial de l’A.E.F, la superficie de notre Territoire état encore de 545.000 km2 avant ce fameux Référendum du 1er octobre 1961 ! Aujourd’hui, au lieu de parler de francophonie et d’anglophonie, nous devrions être des « Camerounophones » qui parlent une langue Nationale, forgée à partir des schèmes et locutions provenant de tous les principaux idiomes de notre pays. Ce manquement devrait nous inciter à plus de modestie !

C’est pour cette raison que Ruben UM NYOBÈ et les militants de l’Union des Populations du Cameroun (UPC) combattirent d’abord pour la Réunification de notre Territoire tel qu’il était avant l’Accord entre Dobell et Aymérich, qui fut entériné par les participants à la Conférence de Versailles ; afin que le Territoire du Cameroun, délimité lors de la Conférence de Casablanca en 1901, accède à l’Indépendance et à la Souveraineté internationale dans son intégrité territoriale, avant sa partition.

Mais comme l’Histoire nous l’enseigne, il y a toujours, au sein des populations en désarroi, des esprits maléfiques qui cherchent à accentuer le trouble en provocant le désordre pour créer le chaos, dans le

but d’en tirer profits ! Car ceux qui soufflent sur les braises, cultivent la discorde et la haine, dont la plupart se planquent à l’extérieur du pays, et qui ont choisi par opportunisme égoïsme, inconscience et légèreté, des nationalités étrangères, et qui prônent la partition du pays qu’ils ont renié, ne peuvent être considérés par des vrais patriotes camerounais, que comme des traîtres à la Patrie de nos héros et martyrs qui ont donné leurs vies pour que le Cameroun soit uni dans la diversité, indépendant et prospère.

Cependant, dans l’Intérêt National, donc Supérieur aux intérêts égoïstement et bassement partisans, face aux turpitudes –même sanglantes –, il faut avoir la sagesse éclairante, la bienveillance et l’intelligence féconde qui permettent la résolution des conflits en créant les conditions qui ramènent les postures antagonistes à la raison. Dans mon adresse à mes compatriotes à travers l’article publié dans le n° 5 du journal « Pouvoir », j’écris ceci : « il revient au Président Paul Biya, qui a le pouvoir Suprême depuis 37 ans, l’impérieux devoir de poser deux actes avant de tirer sa révérence : premièrement, d’user de ce pouvoir Suprême qu’il dispose pour conclure une « Paix des braves » avec nos compatriotes des régions du Nord-ouest et du Sud-ouest ; deuxièmement, de faire rapatrier la dépouille et d’organiser les obsèques du défunt président Ahmadou Ahidjo. Celui-là même qui lui a cédé le pouvoir Suprême ! C’est une question d’honneur et du respect de la Mémoire de notre pays. Il doit savoir que cette responsabilité lui incombe à la fois sur le plan historique mais aussi, eschatologique. Rapatrier la dépouille de l’ancien président, ne signifie point d’oubli, ni d’absolution des crimes dont il aurait été responsable. Là où se trouve son esprit 1, il doit savoir qu’il sera un jour convoqué au Tribunal de l’histoire ».

C’est pourquoi, en annonçant au cours de son discours du 10 septembre dernier, l’organisation d’un Dialogue national consacré au conflit armé qui sévit depuis trois ans environ dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest avec ses conséquences dramatiques pour les populations de cette partie du pays, mais à d’autres problématiques qui minent la vie de la Nation en vue de leurs apporter des solutions, ne peut qu’être salué par tout Camerounais épris de paix. Car, il est toujours mieux de se rassembler que de se diviser, qu’il est toujours mieux de chercher à s’écouter, à se comprendre que de continuer à cultiver la haine, la rancœur, la rancune. Mais, vu la profondeur de la crise multiforme que connaît notre pays depuis si longtemps, si on prend la mesure de la gravité des sujets de la discorde qui existent dans notre pays, décider l’organisation d’un dialogue National en si peu de temps, peut paraître circonspect et soulève au demeurant, quelques interrogations :

1) Serait-ce une façon habile de calmer les pressions internationales qui s’exercent de plus en plus fortement sur le Régime, cherchant ainsi à éviter un scénario à « l’ivoirienne » ? Toutefois, certains compatriotes qui me connaissent ou qui lisent mes modestes écrits, savent ce que je pense de ce type de « coup de force » qui n’est que la manifestation néocoloniale de la volonté de préservation et de la perpétuation des intérêts des Puissances occidentales en Afrique par satrapes et autres suppôts interposés.

2) Serait-ce un « remake » de la « Tripartite » qui fut en son temps, une supercherie dont les effets sont toujours d’actualité ?

3) Ou enfin, serait-ce réellement la manifestation d’une volonté de la part de Mr. Paul BIYA et de son Régime d’arrêter la mécanique de destruction à l’œuvre dans notre pays, dont les acteurs – ennemis déterminés – de notre Patrie, sont aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur, pour que le Cameroun, cette « Terre de nos ancêtres » soit préservé et puisse toujours être « chéri » par tous ses enfants ? Et qu’il devienne demain, un pays prospère pour le bien-être de tous ?

Si tel est le cas, alors, oui à ce Dialogue National. Inclusif, bien entendu. Mais, ma conviction demeure qu’il faudra tôt ou tard, un jour, organiser de véritables Assises Nationales, sous la forme d’ « États Généraux » réunissant toutes les forces vives et tous nos Anciens, en y conviant les

esprits de nos ancêtres, de nos héros et de nos martyrs, morts pour le Cameroun ! En vue d’exorciser, dans une catharsis collective et expiatoire, le Mal camerounais !

« La Patrie, c’est ce qui reste à ceux qui n’ont rien » avait dit Ruben UM NYOBE à mon père. Cette exhortation reste le viatique qui fonde mon amour pour ma Patrie qu’est le Cameroun. Tels sont le sens et la vision de mon humble engagement.

www.mboumakohomm.com  www.Ipa-cause.org 

mkohomm@gmail.com 

(1) « La vie ne meurt pas » de Mbouma Kohomm, édit. Liyi Mam, Paris 2017

17sept.
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