Gestion : un audit interne complet de Camair-Co en vue
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C’est un des nombreux points inscrits à l’ordre du jour de la session du conseil d’administration annoncée pour le jeudi 05 septembre prochain. Cet audit annoncé par Jean Ernest Ngalle Bibehè, le président du conseil d’administration de la compagnie nationale aérienne devrait permettre de voir clair sur la gestion des infrastructures, des ressources matérielles, financières et humaines de Camair-Co.

La Cameroon Airlines Company (Camair-Co) est donc loin de sortir de sa zone de turbulence. Au regard de l’actualité ambiante au sein de cette compagnie nationale aérienne, c’est à une session d’administration toute aussi tumultueuse que sont conviés les membres de cette instance, le jeudi 05 septembre prochain à Yaoundé. Le nombre de points inscrits dans le projet d’ordre du jour envoyé par le président du conseil d’administration, Jean Ernest Ngalle Bibehè, plus d’une dizaine en tout, témoigne du caractère peu ordinaire de cette session. Et surtout, le caractère stratégique de certains de ces points, vient en rajouter à l’importance de ces travaux. Ainsi, dans le projet d’ordre de Jean Ernest Ngalle Bibehè, transmis aux administrateurs, le 23 août dernier, il est annoncé un audit interne complet au sein de Camair-Co. Cet audit devrait élucider la gestion des infrastructures, des ressources matérielles, financières et humaines. Pas moins important aussi, le point qui devrait être fait sur la situation globale de l’entreprise, notamment celui à date sur la gestion des ressources humaines ; le point des départs en retraite et du plan de rajeunissement des effectifs ; le point du plan de formation annuelle des personnels techniques et navigants de la Camair-Co ; l’examen des dossiers d’appel à candidatures internes aux postes de directeur de la planification et du contrôle de gestion et de directeur commercial et marketing.

Sur le plan purement financier, la situation de la dette de Camair-Co devrait être passée au peigne fin. Un focus dans ce sens est annoncé sur la situation de la dette fournisseurs bloquants et la situation de l’ensemble de la dette par type de créanciers. Aussi, un point sera fait sur l’exécution du budget de l’entreprise, avec en prime un examen du rapport d’exécution à mi-parcours du projet de performance et du budget de l’exercice 2019, l’examen du plan de passation des marchés 2019 ; la désignation des membres de la commission et des comités à mettre en place au sein du conseil d’administration. Dans cette session marathon, la rentabilité de cette entreprise sera également au menu avec un point sur l’ouverture des escales et de leurs rentabilités ; le point des partenaires locaux et internationaux. Avec une identification des partenaires locaux et internationaux existants ; l’état de mise en œuvre des clauses contractuelles (difficultés rencontrées et perspectives) et l’état de la recherche des partenaires stratégiques.

Côté aéronefs, un point sera fait sur les contrats de location en cours et les démarches initiées en vue de la mise en service des aéronefs de type Boeing 737-700 et 767-300 appartenant à la Camair-Co. L’on annonce aussi un point sur les travaux des comités institués au sein du conseil d’administration. C’est le cas du comité « stratégie et investissements » ; comité « audit et budget » et un comité « ressources humaines et rémunérations ». Les sujets qui fâchent ne seront pas éludés, notamment ceux à l’origine du clash entre le PCA et le directeur général de cette entreprise, Louis Georges Njipendi. A propos, il est annoncé un point sur la mise en application de la résolution d’avril 2018 au sujet de l’annulation sans délai de toutes les décisions disciplinaires prises à l’encontre des personnels sans accord du conseil d’administration. Tout comme la nomination de certains personnels/responsables sans avis préalables du conseil d’administration.

Bras de fer : le DG oppose une fin de non-recevoir au PCA

L’on est donc encore très loin d’une sortie de crise au sein du top management de Camair-Co. La dernière sortie du DG face aux injonctions du PCA laisse plutôt penser à un entêtement de ce dernier. Dans une correspondance pourtant classée « très confidentielle », mais en circulation sur les réseaux sociaux, Louis Georges Njipendi Kouotu, oppose une fin de non-recevoir à Ernest Massena Ngalle Bibehe, qui lui a demandé, le 20 août, d’annuler des décisions du 19 août, portant nomination et désignation de certains responsables au sein de la Camair-Co. Dans cette correspondance, le DG dit maintenir « ces décisions (…) prises dans le strict respect d’une part, des prérogatives de chaque organe dirigeant, tel que le stipule la réglementation en vigueur, et d’autre part, les statuts de la compagnie ».

« À titre d’illustration, des postes stratégiques tels que ceux de directeur commercial et de chefs de départements de la régulation centrale, de la tarification et distribution, du contrôle des recettes commerciales, etc. étaient vacants alors que ces structures sont appelées à gérer au quotidien, des questions d’une importance névralgique pour les opérations de la compagnie. C’est aussi le cas de nombreux postes de chefs de service non pourvus pourtant indispensables pour l’atteinte de nouveaux objectifs », explique le DG. Qui ajoute que toutes ces nominations interviennent dans un contexte marqué aussi bien par d’impérieuses nécessités de service que par l’impulsion de la dynamique commandée par la mise en œuvre de la stratégie de stabilisation à moyen terme. Une stratégie pour laquelle il dit avoir sollicité et obtenu l’approbation du conseil d’administration en date du 25 juin 2019. Et le DG pense que ses résultats lui donnent raison. À preuve, depuis son arrivée à la tête de Camair-Co, il y a trois mois, il revendique des avancées significatives. Avec une évolution à la hausse du chiffre d’affaires de 341 millions de FCFA en mai 2019 à 937 millions en juillet 2019.

Aussi, le DG revendique la densification du réseau national et la réouverture des dessertes de Libreville, Bangui, et Cotonou ainsi que la reconquête progressive de la clientèle sur ces lignes ; le lancement de la ligne « la Transahélienne » qui a à sa 15ème journée d’opération avait déjà enregistré plus de 2000 passagers. Sans oublier la qualification de deux pilotes sur l’aéronef de type Bombardier Q400 pour optimiser l’exploitation dudit appareil. Bref, ses nominations du 19 août dernier avaient pour objectifs de remobiliser le personnel au sein duquel il s’était installé une certaine démotivation avec des cas notoires d’indisciplines dus en partie, à la non-désignation par acte formel de certains responsables. En outre, le DG affirme qu’il a voulu répondre ainsi à l’une des revendications principales des syndicats ayant conduit au mois de mai dernier à un préavis de grève.

Le clash entre le PCA et le DG au menu des administrateurs

La polémique est donc loin d’être close au sein du top management de la Cameroon Airlines Company (Camair-Co). La 48ème session du conseil d’administration convoquée le jeudi 05 septembre prochain à Yaoundé, devrait donc servir d’instance arbitrale pour sur le bras de fer qui continue entre le président du conseil d’administration de Camair-Co, Jean Ernest Ngalle Bibehè, par ailleurs, ministre des Transports, donc sa tutelle technique, et le directeur général, Louis Georges Njipendi. D’ailleurs, l’objet de la discorde, le sujet sur la nomination de certains personnels/responsables sans avis préalables du conseil d’administration, figure bel et bien dans le projet d’ordre du jour envoyé par le PCA aux administrateurs.

On se souvient que dans une correspondance adressée à Louis Georges Njipendi, le 20 août dernier, Jean Ernest Ngalle Bibehè demandait au DG d’annuler certaines décisions prises en date du 19 août 2019. « Je vous demande de procéder à l’annulation de tous ces textes signés le 19 août 2019, jusqu’à la validation de l’organigramme de la société par un prochain conseil d’administration », pouvait-on lire dans cette correspondance. Ce qui démontrait à suffisance du climat malsain qui règne entre les deux principales personnalités du top management de Camair-Co. Une tension née du fait que le DG aurait outrepassé ses prérogatives. Comme le lui rappelait le PCA, « il vous (Georges Njipendi Ndlr) a été demandé de tout mettre en œuvre pour stabiliser l’entreprise et bien maîtriser son environnement avant tout mouvement… ».

Or, les toutes dernières décisions prises par Georges Njipendi n’ont pas respecté ces consignes. Au rang de ces décisions, l’on cite: le redéploiement massif du personnel, des nominations des responsables sans l’accord du conseil d’administration, la désignation de certains personnels à des postes non intégrés dans les textes organiques, etc. D’où, la correspondance de Jean Ernest Ngalle Bibehè. Ces reproches au DG ont même été répercutés au Secrétaire général de la présidence de la République, au secrétariat des services du Premier ministre, au directeur général adjoint de Camair-Co et à plusieurs autres membres du gouvernement. Des structures qui devront être présentes ou représentées lors du prochain conseil d’administration, et qui devrait ainsi arbitrer pour ramener la cohésion et la sérénité au sein de l’ « Etoile du Cameroun ».

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