1000 milliards FCFA d'économies budgétaires en jeu
CAMEROUN :: ECONOMIE

CAMEROUN :: 1000 milliards FCFA d'économies budgétaires en jeu :: CAMEROON

La gestion des deniers publics au Cameroun est aujourd’hui placée sous le feu des projecteurs. Une analyse audacieuse du budget de l'État camerounais pour 2026 avance qu’une rationalisation des dépenses pourrait libérer jusqu’à 1000 milliards de FCFA. Cette somme colossale, équivalente à deux fois le service de la dette ou à la construction de 100 hôpitaux, interroge sur l’efficacité de la dépense publique et ouvre un débat crucial sur les priorités nationales.

Cette proposition s’appuie sur un double levier. Près de 600 milliards FCFA seraient économisables sur les frais généraux de l’État. S’y ajoutent 400 milliards supplémentaires issus d’un meilleur contrôle des dépenses d'investissement public. Ce dernier point fait écho à une réalité documentée : le taux d’exécution physique des projets d’investissement publics plafonnait à environ 44% au troisième trimestre 2024, trahissant une sous-consommation chronique des crédits alloués.

Les raisons de cette inefficacité sont connues. Retards dans la contractualisation, dossiers de financement incomplets et faible capacité des entreprises attributaires entravent régulièrement la réalisation des grands travaux. Pire, les économies réalisées par l’État, notamment via la réduction des subventions aux carburants ou la chasse aux « agents fantômes », ne sont pas réinjectées dans l’investissement. Elles sont absorbées par l’explosion des dépenses de sécurité et des charges sociales, empêchant le pays d’atteindre son objectif de consacrer 30% du budget aux investissements productifs.

Face à ce constat, l’appel à une logique budgétaire responsable prend tout son sens. La Banque Mondiale estime que le Cameroun pourrait économiser jusqu’à 3% de son PIB chaque année en réorientant les ressources vers des investissements à fort impact. Cela nécessite des réformes courageuses : élargir l’assiette fiscale au-delà des 0,5% d’entreprises qui contribuent à 73% des recettes, et lutter résolument contre la corruption et les enrichissements illicites.

Le véritable enjeu dépasse les chiffres. Il s’agit de savoir si l'argent des Camerounais sert enfin à améliorer leurs conditions de vie. Alors que la pauvreté pourrait toucher 8 millions de personnes d’ici 2026, chaque milliard détourné ou gaspillé est une école, un centre de santé ou une route en moins. La question qui se pose est simple : face à l’urgence sociale et économique, le Cameroun peut-il encore se permettre une gestion budgétaire qui privilégie les dépenses courantes et opaques au détriment des investissements transformateurs pour sa population ?

Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp 

Lire aussi dans la rubrique ECONOMIE

Les + récents

partenaire

Vidéo de la semaine

évènement

Vidéo


L'actualité en vidéo