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© Camer.be : Paul Moutila
- 14 Jan 2026 16:38:52
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CAMEROUN :: Lettre Ouverte de Biyong à Tchiroma Président Élu :: CAMEROON
Un simple courrier déchire le voile des convenances politiques au Cameroun. Joseph Espoir Biyong, sixième adjoint au maire de Douala 5e, est entré en conflit direct avec les autorités après avoir publiquement adressé une « Lettre Ouverte » à Issa Tchiroma Bakary, le désignant comme le « président élu de la République » et célébrant son « engagement inébranlable ». Cet acte de soutien public à la figure de proue de l’opposition, qui conteste farouchement la réélection de Paul Biya en octobre 2025, lui a valu une convocation par le préfet du Wouri à la fin de l’année dernière. Une sanction administrative qui illustre l’extrême sensibilité du pouvoir face à toute légitimation de son rival.
L’affaire s’enracine dans la crise post-électorale la plus vive que le pays ait connue depuis des années. Issa Tchiroma Bakary, ancien ministre de Paul Biya passé à l’opposition, a immédiatement revendiqué une « victoire claire » après le scrutin du 12 octobre 2025, promettant de publier des résultats détaillés par région. Le Conseil constitutionnel a pourtant proclamé la victoire de Paul Biya avec 53,66% des voix, contre 35,19% pour Tchiroma. Un décalage qui a jeté de l’huile sur le feu. Le candidat du Front pour le Salut National du Cameroun (FSNC) a dénoncé une « mascarade » et une fraude massive, affirmant avoir, selon son propre décompte, remporté plus de 54% des suffrages.
Les conséquences n’ont pas tardé. Le pays a basculé dans la contestation violente. Des manifestations ont éclaté dans plusieurs villes, notamment à Douala et dans le fief de Tchiroma à Garoua, réprimées par les forces de l’ordre. Des affrontements ont fait plusieurs morts et blessés parmi les civils. L’opposant a même affirmé que son domicile était la cible d’un assaut, clamant une détermination inflexible : « Tuez-moi si vous voulez, mais je libérerai ce pays ». Cette répression a suscité l’inquiétude de la communauté internationale. L’Union européenne et la France ont exprimé leur « profonde préoccupation », appelant à la retenue, à un dialogue constructif et à la libération des détenus arbitraires.
Dans ce climat de forte polarisation, la lettre du maire adjoint Joseph Biyong prend une résonance particulière. En qualifiant Tchiroma de « président élu » et en saluant son appel à un « changement de régime », il franchit une ligne rouge aux yeux du pouvoir en place. Son geste symbolise le fossé de légitimité politique qui fracture désormais le pays : d’un côté, la légitimité institutionnelle de Paul Biya, confirmée par les instances officielles ; de l’autre, une légitimité contestataire et populaire qui se cristallise autour d’Issa Tchiroma, perçu par ses partisans comme le véritable vainqueur des urnes.
Alors que Tchiroma, dans un message de nouvel an, a réaffirmé avec foi sa victoire et promis que « l’heure approche » pour le changement, l’épisode de la lettre ouverte pose une question cruciale. Dans un environnement où la contestation est étouffée, la simple expression d’un soutien politique peut-elle devenir un acte de résistance, annonciateur d’une fracture plus profonde au sein même des institutions locales ?
Lettre Ouverte à Monsieur ISSA TCHIROMA BAKARY, président élu de la République du Cameroun.
Monsieur le Président cher père,
Je vous écris pour exprimer mon admiration et mon soutien face à votre engagement inébranlable pour la démocratie et la justice au Cameroun. Votre détermination à défendre la vérité et les droits du peuple camerounais est désormais un exemple pour nous tous.Votre participation aux élections présidentielles de 2025 et votre revendication de la victoire ont montré que vous êtes un leader qui ne se laisse pas intimider par les obstacles. Votre appel à la résistance pacifique et à la prière pour un changement de régime a résonné profondément en moi et en de nombreux Camerounais.
Je vous assure de mon soutien indéfectible dans votre lutte pour la justice et la démocratie. Je suis convaincu que votre message de changement et d'espoir continuera à inspirer les Camerounais et à les mobiliser pour un avenir meilleur.Votre présence dans ma vie a été comme un souffle de vent frais, changeant mon regard sur les choses et me faisant voir la vie sous un angle différent. Vous avez incarné l'espoir pour un Cameroun meilleur, où la paix, la justice et l'équité règnent.
Je sais que les défis sont nombreux et que le chemin est semé d'embûches, mais je veux vous dire que votre message a trouvé un écho en moi. Votre appel à la prière pour un Cameroun nouveau, où la tyrannie et les fraudes électorales cessent, a résonné profondément en moi.Je veux vous assurer de mon soutien indéfectible et de ma détermination à continuer à défendre les valeurs que vous portez désormais. Je prierai pour votre retour serein au Cameroun et pour que vous puissiez continuer à œuvrer pour la justice et la paix dans notre pays.
Merci, Monsieur le Président, d'être cette âme rare qui fait arrêter le temps et qui nous fait voir la vie d'une autre manière.
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