CAMEROUN :: Dialogue Nord-Ouest/Sud-Ouest : dans les secret des négociations de Genève :: CAMEROON
CAMEROUN :: Dialogue Nord-Ouest/Sud-Ouest : dans les secret des négociations de Genève :: CAMEROON
 
CAMEROUN :: POINT DE VUE
  • Source : L´Anecdote
  • mardi 09 juillet 2019 13:27:00
  • 2473

CAMEROUN :: Dialogue Nord-Ouest/Sud-Ouest : dans les secret des négociations de Genève :: CAMEROON

Alors que les supputations vont bon train dans le choix de la Suisse, nombre d’informations commencent à circuler sur le choix de ce pays neutre ne disposant d’aucun héritage colonial à défendre, et n’affichant pas de vélléité expansionniste.

Les évènements de mardi 25 et de samedi 29 juin 2019 ont éclipsé l’attention des uns et des autres sur le déroulement des négociations préalables au dialogue entre le gouvernement et les groupes séparatistes qui opèrent dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. En fait, alors que des délinquants, voyous et autres vandales en errance en Europe se produisaient à l’hôtel Intercontinental, le Cameroun jouait son avenir quant à l’issue du conflit qui déchire la partie anglophone du pays.

Si pour certains le choix de la Suisse reste nébuleux, les séparatistes ont tenu à apporter des éclairages afin de dissiper des malentendus. « Nous sommes dans cette situation de conflit en partie à cause du rôle qu ’ont joué la France et la Grande Bretagne lors de la décolonisation. Pour cette raison, nous ne voulions pas de médiation conduite par un pays membre de l’UE, nous craignons qu ‘il ne soit pas impartial. Nous avons été approchés par divers gouvernements et institutions, mais seule la Suisse a ma confiance», a déclaré Ebenezer Akwanga, leader du mouvement séparatiste Socadef.

L’appel des séparatistes

Mais comment en est-on arrivé à la médiation suisse, alors que dans les chaumières, nombre d’acteurs se bousculaient au portillon pour arborer la chasuble de médiateur dans cette crise. En fait, affirme le journal suisse le Temps, le processus a été enclenché fin 2018 par les séparatistes eux-mêmes. Ces derniers, réagissant à l’appel du chef de l’Etat devant le Parlement lors de sa prestation de serment le 6 novembre 2018, invitant à déposer les armes, approchent l’ambassade de Suisse à Yaoundé pour solliciter leur médiation.

Aussi le gouvernement suisse se montrera-t-il favorable et disposé à jouer ce rôle. Et en avril 2019, révèle Le Temps, Paul Biya en personne, au terme d’une audience avec un diplomate suisse, confirme que ce rôle de facilitateur est le bienvenu. «Berne accepte cette responsabilité et commence à travailler», lit-on dans Le Temps.

Courant mars, le confidentiel La Lettre du continent révèle que le président de la confédération helvétique Ueli Mueller, effectuera une visite de travail et d’amitié au Cameroun au mois d’avril. Car, indique le journal, «la confédération helvétique s’intéresse particulièrement à la situation de ce pays miné depuis plusieurs mois par les velléités sécessionnistes des deux régions anglophones».

Le 4 avril 2019, Pietro Lazzeri, ambassadeur de Suisse au Cameroun, est reçu en audience par le chef de l’Etat, Paul Biya. L’audience de plus d’une heure, porte outre sur la coopération bilatérale, mais également sur la situation sociopolitique qui prévaut dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Aussi la communication du palais de l’Unité feront une déclaration qui va passer inaperçue.

«Le diplomate suisse a soumis à l’appréciation du chef de l’Etat une offre de son gouvernement visant à accompagner le Cameroun dans la recherche de solutions à la situation dans les deux régions… L’ambassadeur Pietro Lazzeri a déclaré que son pays, compte tenu de sa réputation en matière de diversité linguistique et culturelle et de sa neutralité au plan international, est disposé à mettre son expérience au service de notre pays. Il a indiqué que les contacts entamés entre les autorités helvétiques et les responsables de la Commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme vont être renforcés», explique la présidence de la République.

Médiation

Dès lors, la Suisse va s’impliquer de manière discrète dans le processus de médiation entre le pouvoir et les leaders des mouvements séparatistes qui plongent le Cameroun dans une crise sans précédent depuis trois ans. Pour ce faire, les autorités suisses, le Département fédéral des Affaires étrangères (Dfae) notamment, vont s’appuyer sur le Centre pour le dialogue humanitaire (HD) pour prendre attache avec les leaders séparatistes camerounais.

Le chef du gouvernement, Joseph Dion Ngute, va dans la foulée, organiser un périple dans les régions anglophones afin de leur indiquer que le dialogue aura bel et bien lieu ; mais que la sécession ne sera à l’ordre du jour des pourparlers avec les leaders séparatistes qui doivent déjà choisir leurs interlocuteurs.

Peu avant la fête nationale du Cameroun, les premiers contacts auront lieu en Suisse entre les parties prenantes : le Département fédéral des Affaires étrangères, le Centre pour le dialogue humanitaire et les séparatistes. Du 16 au 19 mai, une réunion a lieu à Genève. Coïncidence ou hasard de calendrier, un très haut responsable de la présidence de la République sera lui aussi à Genève pendant cette période. Une date est arrêtée pour la deuxième réunion.

Négociations. Celle-ci doit avoir lieu en juin. Le 23 juin, Paul Biya atterrit à Genève pendant que, le même jour, 12 leaders séparatistes débarquent dans une station des Alpes va-laisannes en Suisse, où ils sont accueillis loin des regards par des responsables du Département fédéral des Affaires étrangères. Une première séance de travail a lieu en toute discrétion ce jour-là. D’après Le Temps du 29 juin, «des discussions préparatoires avec les leaders séparatistes camerounais ont eu lieu dans les Alpes valaisannes. Le président Paul Biya a donné un mandat officiel de médiation à Berne».

En fait, des discussions secrètes ont eu lieu entre les leaders séparatistes camerounais présents à Genève, la Dfae et le HD du 25 au 27 juin à Saint-Luc, dans le Val d’Annivels. Il s’agissait de pourparlers préparatoires aux négociations entre séparatistes et le gouvernement.

Cependant, tous les leaders séparatistes ne sont pas d’accord avec ce processus de médiation engagé par la Suisse. Dabney Ye-rima, vice-président de la République fantôme et autoproclamée d’Ambazonie, a émis quelques réserves et n’a pas participé à la réunion de Saint-Luc, alors qu’il s’était déplacé pour la Suisse. Pour ceux qui questionnent le secret qui entoure ces discussions, l’on souligne que c’est pour ne pas compromettre le processus que les autorités suisses ne se prononcent pas sur le contenu des efforts de facilitation en cours.

Contrairement aussi à ce que pensaient certains, selon des indications convergentes relayées par les activistes séparatistes, des représentants des leaders tels Sisuku Ayuk Tabe en prison à Yaoundé et Samuel Ikome Sako ont pris part à la rencontre du canton de Valais, en compagnie de ceux des mouvements Scnc, Scoop ou encore la Scapo, renseigne la presse suisse.

09juil.
Lire aussi dans la rubrique POINT DE VUE

canal de vie

Vidéo