CAMEROUN :: Plaidoyer : Le Barreau insiste sur le cas Michèle Ndoki :: CAMEROON
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  • Le Jour : Assongmo Necdem
  • lundi 10 juin 2019 01:51:00
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CAMEROUN :: Plaidoyer : Le Barreau insiste sur le cas Michèle Ndoki :: CAMEROON

La rentrée solennelle des avocats a été l’occasion pour le Bâtonnier de préciser qu’il défend la consoeur et non la militante du parti Mrc.

Le ministre Laurent Esso, en charge de la Justice et Garde des Sceaux, a envoyé son ministre délégué, Jean de Dieu Momo, le représenter à la cérémonie de rentrée solennelle 2019 du Barreau du Cameroun. Me Momo n’a pas pu se départir de ses deux autres casquettes : celle d’avocat puis celle d’homme politique, président du parti Paddec, désormais engagé à défendre bec et ongle le président Paul Biya qui l’a nommé au gouvernement le 4 janvier dernier. Le ministre délégué ne s’est pas contenté de porter la parole de son patron. Il a ajouté la sienne ; justifiant son engagement politique et parlant aussi comme on fait en réunion de famille.

Dans son style et avec sa bonne humeur bien connus, il s’est même permis des familiarités avec le président du Conseil constitutionnel, Clément Atangana, du Procureur général près la Cour d’appel du Centre Jean Fils Ntamack, et des figures majeures du Barreau du Cameroun, à l’instar des anciens Bâtonniers Charles Tchoungang ou encore Patrice Monthe. En leur présence, il a dit du bien de toutes ces personnalités et de bien d’autres. Le portail des camerounais de Belgique. Naturellement, Me Jean de Dieu Momo s’est montré très à son aise parmi les siens : les avocats venus de l’ensemble du Cameroun, mais aussi d’Afrique et du reste du monde, tous rassemblés au Palais polyvalent des sports de Yaoundé.Puis est venu le temps de parler d’un ton plus grave, dans la posture du représentant du ministre de la Justice. Jean de Dieu Momo a alors répondu au Bâtonnier de l’Ordre des avocats du Cameroun. Dans son allocution, Me Patie Charles Tchakoute venait de demander la libération de Me Michèle Ndoki, membre de l’Ordre.

« Le cas Michèle Ndoki est une préoccupation pour le Barreau », a déclaré le Bâtonnier élu le 27 novembre 2018 pour un mandat de 2 ans. Il a enchainé sur l’indécence d’embastiller un avocat qui est un « défenseur de la justice ». En effet, la profession se voit ainsi ôter sa singularité et son charme. A la suite de ce plaidoyer, le ministre Jean de Dieu Momo a donc répondu : « le Barreau ne devrait intervenir que lorsque les questions professionnelles sont en jeu. » Une manière de rappeler que Me Michèle Ndoki n’est pas poursuivie comme avocate, mais pour ses activités politiques en tant que militante du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc). L'info claire et nette. Arrêtée depuis le 27 février, elle est détenue à la prison principale de Yaoundé à Kondengui, le même pénitencier où sont gardés le leader du Mrc, le Pr Maurice Kamto, et d’autres figures majeures de la contestation engagée par ce parti politique d’opposition. Michèle Ndoki, comme beaucoup d’autres personnes incarcérées, a été interpellée au lendemain des marches blanches du 26 janvier dans plusieurs villes du Cameroun.

A chacun son style

Le Barreau a commis un collège d’avocats pour défendre cette consoeur. Mais l’engagement n’ira pas plus loin, a précisé une fois de plus le Bâtonnier Tchakoute au cours de la conférence de presse ayant suivi la cérémonie de rentrée solennelle. Réitérant que le Barreau n’est pas un parti politique, il a pris ses distances avec le Mrc. « Le cas Me Ndoki nous préoccupé en sa qualité d’avocate. Je me permets toujours d’insister là-dessus. Je ne suis pas membre du parti politique auquel elle appartient. »

Me Patie Charles Tchakoute exclut d’ailleurs tout engagement politique et tout affrontement avec le pouvoir de Yaoundé. Il n’est pas question de revivre les tensions des années 90. « A chaque Bâtonnier son époque et son style. Je conduis le Barreau suivant mon style, suivant mon tempérament et suivant l’ère du temps. Les époques ne sont pas les mêmes, les acteurs ne sont pas les mêmes. A cette époquelà, le Barreau comptait 300 avocats. Aujourd’hui, il y a en 2400, et les mobiliser ce n’est pas la même réalité », a-t-il conclu.

10juin
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