Un avocat dénonce une dictature qui décourage la participation politique
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Sur le plateau d'Équinoxe TV, Me Moustapha Ngouana vient de franchir une ligne que peu osent encore traverser publiquement au Cameroun. L'avocat et analyste politique a affirmé sans détour que "les Camerounais sont piégés dans les chaînes d'une dictature". Une déclaration qui résonne comme un réquisitoire contre un système accusé d'étouffer méthodiquement toute velléité démocratique.

Une accusation frontale contre le système

Dans l'émission Droit de Réponse, l'expert juridique n'a pas utilisé de périphrases diplomatiques. Selon lui, l'État camerounais déploie délibérément ses mécanismes pour décourager les citoyens de s'intéresser à la politique. Une stratégie qui ne relèverait pas de l'improvisation, mais d'une architecture institutionnelle pensée pour asphyxier la participation politique.

Moustapha Ngouana pointe du doigt une réalité que de nombreux observateurs documentent depuis des années : l'instrumentalisation de l'appareil d'État pour neutraliser toute opposition structurée. Les outils de cette suppression seraient multiples et sophistiqués.

Les rouages d'un verrouillage systémique

L'avocat évoque des "moyens possibles" mobilisés pour maintenir le statu quo. Derrière cette formulation, se dessinent des pratiques connues : arrestations arbitraires d'opposants, harcèlement judiciaire, contrôle strict des médias, restrictions sur les libertés d'association et de manifestation.

Cette mécanique ne vise pas uniquement les leaders politiques. Elle cible l'ensemble du corps social, créant un climat de défiance et de résignation. L'objectif serait clair : faire de la politique un terrain si hostile que la majorité préfère s'en détourner par instinct de survie.

L'affaiblissement programmé de l'expression démocratique

Pour Moustapha Ngouana, cette situation "continue d'affaiblir l'expression démocratique au Cameroun". Le choix du verbe "continuer" est significatif. Il implique une dégradation progressive, un processus qui s'inscrit dans la durée et dont les effets s'accumulent.

L'expression démocratique ne se limite pas au simple dépôt d'un bulletin dans une urne. Elle englobe le débat public, la liberté de critiquer, le droit de s'organiser collectivement, la possibilité d'imaginer des alternatives politiques. Chacune de ces dimensions serait méthodiquement comprimée.

Un témoignage qui engage sa responsabilité

Prendre la parole de cette manière sur une chaîne nationale n'est pas anodin. Les professionnels du droit qui s'expriment ainsi s'exposent à des représailles potentielles. Le fait qu'un avocat, censé naviguer dans les subtilités juridiques et diplomatiques, emploie le terme "dictature" sans nuance témoigne soit d'un ras-le-bol profond, soit d'une conviction que le moment historique exige la franchise.

Cette déclaration s'inscrit dans un contexte régional où plusieurs pays africains connaissent des bouleversements politiques majeurs. Les citoyens comparent, s'informent, questionnent la légitimité de systèmes qui se perpétuent sans renouvellement démocratique authentique.

Les enjeux d'une parole qui libère d'autres paroles

En brisant le silence médiatique autour de la nature du régime, Moustapha Ngouana pourrait créer un précédent. D'autres voix juridiques, académiques ou associatives pourraient se sentir légitimées à exprimer des analyses similaires. Ou au contraire, cet épisode pourrait marquer un durcissement supplémentaire du contrôle de la parole publique.

La question centrale reste celle de la capacité des Camerounais à s'emparer collectivement de leur destin politique. Tant que les mécanismes de dissuasion fonctionneront efficacement, l'apathie politique servira de ciment au système dénoncé.

Les déclarations frontales d'experts comme Me Moustapha Ngouana peuvent-elles réellement ébranler un système qui a perfectionné l'art de neutraliser ses contradicteurs ?

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