Cameroun, Dr NKE Fridolin : « MEBE NGO’O EST LE NOM D’UN PORC ! » :: CAMEROON
Cameroun, Dr NKE Fridolin : « MEBE NGO’O EST LE NOM D’UN PORC ! » :: CAMEROON
CAMEROUN :: POINT DE VUE
  • Correspondance : Dr NKE Fridolin
  • lundi 18 mars 2019 07:43:00
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Cameroun, Dr NKE Fridolin : « MEBE NGO’O EST LE NOM D’UN PORC ! » :: CAMEROON

En réponse à la question « Qu’est-ce qu’un Homme d’État » ? On peut se présenter tout beau, élégant, fringant, pimpant, cintré cinq pièces, se pavaner dans une Porsche toute sa vie et se révéler quand même être une âme de bovin. L’actualité de l’opération épervier vient une fois de plus confirmer cette vérité implacable : il y a des hommes-humains et des hommes-loups, des hommes-ogres, des hommes-porcs. Justement, on vient de faire arrêter un de ces gros porcs qui usurpait le titre d’homme, de surcroît d’homme d’État : Edgard Alain Abraham Mebe Ngo’o.

POURQUOI JE PARLE DE ÇA

Si au moins on avait arrêté AbrahamMebe Ngo’o pour ses convictions ou son activisme politique, je l’aurais respecté, je me serais tu pour mieux entretenir mon estime à son endroit. Car, l’État du Cameroun ne me paye pas pour commenter les péripéties et autres turpitudes des footballeurs politiques.....Mon salaire est justifié si j’analyse au quotidienles comportements ambiants,la pratique du pouvoir et ses enjeux dans la vie des citoyens et sur la scène internationale. Autrement dit, je dois me prononcer sur les comportements des hommes (les plus singuliers surtout), les actions des hommes d’État et la situation générale du pays au regard de notre destination en tant que peuple, ainsi que sur les obstacles qui parsèment le chemin de notre avenir. Incontestablement, Mebe Ngo’o est, avec plusieurs autres omnivores en divagation dans les institutions publiques et parapubliques camerounaises, des cailloux dans le pied de notre vie.

« MEBE NGÖL » SIGNIFIE LITTÉRALEMENT « JE FAISAIS PITIÉ »

Notre intérêt pour ce personnage singulier vient précisément du fait qu’il incarne le sacrilège et la trahison. En effet, au cours de son échappée dans le vice, le pillage et le meurtre, il n’a même pas eu pitié de sa mère qui, passant sous-silence la gloutonnerie remarquable de son rejeton, s’était attardé à ne considérer que le regard perçant de ce bébé bienfaisant. Toute confuse, elle crut voir la gratification divine de ses sacrifices dans les yeux hébétés de son petit morveux : « c’estla réincarnation de l’ancêtre originel de sa foi, Abraham », se convainc-elle !!! Vous comprendrez aisément pourquoi le bonhomme pleurait à chaudes larmes l’autre jour à Zoaétélé, au cours de la perquisition, en passant devant la tombe de sa mère. Il revivait sa jeunesse parsemée des remontrances et reproches maternelles sur les épanchements de sa rapacité et de son insatiable convoitise. À cet instant précis, où il dialoguait sourdement avec ses monstres intérieurs, le TCS et les officiers judiciaires à ses côtés n’étaient rien. Cette déréliction qui l’envahissait au souvenir de son éducation morale ratée était tout. La sépulture mélancolique de sa mère, qui le regardait fixement se noyer, sans émotion, était la plus implacable sentence : « Mebe, je te maudis », disait le silence du tréfonds de l’au-delà !

Oui, le drame d’Abraham Mebe Ngo’o, c’est de s’être seulement survenu qu’il est d’une matière et d’une origine modeste. Il avait compris, lorsqu’il apprit le sens des mots de sa langue, qu’il était d’existence misérable. En langue bulu,ewondo ou eton « Mebe Ngöl » signifie littéralement « je faisais pitié » ou « j’étais pitoyable ». Le gros Porc s’arrêta net à ce patronyme calamiteux et il prit peur. Jeune fonctionnaire, lorsqu’il s’habillait le matin pour aller accumuler des richesses insensées, il ruminait :« Ce peut-il que je sois "ontologiquement" pouilleux ? Se pourrait-il que je fasse pitié encore, même et malgré mes hautes charges de Sous-Préfét, Préfet, DCC, ministre de la force brute et des armées, des océans etdes ports, des trains, des routes, des voitures, des aéroports et des avions ? »« Serais-je donc de nature un "faisant-pitié" », ruminait-il au quotidien.

Ce traumatisme ne le quitta plus. Il fallait faire mentir le passé, réparer une entorse majeure présente dans ses racines entremêlées d’arriviste et remettre l’histoire sur ses pieds : il fallait être le plus riche dans son village, dans son pays, le Crésus du Cameroun et de l’Afrique !Une rumeur tenace dit qu’un jour, feu AndzéTsoungui, l’ami de son père, l’avait fait venir pour lui parler, comme à un fils, et le convaincre de renoncer à emprunter le chemin du pourrissement : « La façon dont tu te comportes-là n’est pas digne d’un Homme d’État, mon fils. Tu agis comme un homme d’affaire véreux. Ce n’est pas bon ! Change ! », avait conseillé le vieux ! Les paroles du patriarche n’avaient pas atteint le tympan ; elles avaient été précédées par les envolées bourdonnantes des abcès de la débauche et les appels pressants du goût du stupre et de la malchance que le Petit vicieux cultivait dans ses affaires. Irrécupérable diriez-vous, en échos aux Mains sales…..

LE CRIME SUPRÊME DE MEBE NGÖL, C’EST DE S’ÊTRE ATTAQUÉ À NOTRE SÉCURITÉ, À NOS VIES !

Quid de la présomption d’innocence ! Parfois le bon sens commande de se méfier du juridisme excessif. Celui qui viendrait nous énerver avec ce formalisme n’est pas le bienvenu : on parle des choses sérieuses, des milliards dilapidés et des cadavres ! Car Mebe Ngöl nous aurait seulement volé l’argent, les voitures, ça passerait. Le problème c’est qu’il a aussi pillé notre sécurité avec ses compromissions criminelles avec les puissances étrangères ; il s’est attaqué à notre liberté, à notre dignité, à notre représentativité en tant que nation. Mebe Ngo’o a non seulement violé les valeurs d’amour, de pardon de respect et d’empathie que sa mère lui avait inculpé, mais aussi il a trahi la confiance du Président et entrepris de tuer l’espoir de Renaissance du peuple camerounais dans son ensemble. Le plus grave, donc, c’est que Mebe Ngo’o ou Ngöl (je vous dis que c’est la même chose) a ourdi et planifié des meurtres des Camerounais en toute illégalité !

Certains pourraient me faire des observations sur mon ton, sur la violence et l’inélégance du propos. Mais dites-moi, quand tu mens, voles et tues, c’est élégant ? C’est rationnel et non violent ? Pourquoi veux-tu que les gens te considèrent, te valorisent et te respectent (prescription rationnelles de surcroît), lorsque tu appelles à les « effacer » de la surface de la terre ? Être spécialiste du discernement commande deux attitudes complémentaires : d’une part, analyser froidement et les acteurs et les usages de la scène socio-politique et le cours du monde ; d’une part, notre office est de dénoncer et, au besoin, haïr proprement les criminels sans scrupule qui s’acharnent sur les vies humaines et qui écument la vue, l’odorat, le toucher, l’ouïe et tous les sens où s’abreuve le bon sens au quotidien.

QUATRE LEÇONS À RETENIR DEVANT LE SORT DE « MEBE NGÖL », LE « FAISANT-PITIÉ »

D’aucuns ont voulu expliquer la chute vertigineuse du Porc du Palais d’Étoudi à la Prison de Kondengui en se référantà l’histoire de la Rome antique : ArxtarpeiaCapitoliproxima (il n’est pas loin du Capitole à la Roche Tarpéienne). Dans cette civilisation éteinte, les condamnés à mort (et parmi ceux-ci des hommes politiques célèbres) étaient précipités dans la Roche Tarpéienne, colline sur laquelle trônait le Capitole, le centre du pouvoir politique et religieux de l’Empire. Mais à notre avis, ce parallèle avec l’implacable itinéraire des déchus du Capitole à la Roche Tarpéienne est trop auguste pour s’appliquer à ce minable personnage dont nous parlons, un produit du désordre mental, de la haine et du déshonneur, les antivaleurs les plus étrangères au statut d’homme d’État. Devant l’épaisseur crasse de sa misanthropie entretenue et la typicité de sa déchéance, nous pouvons cependant en tirer quatre enseignements :

1/ Nous devons éviter de travestir le statut d’homme d’État en l’associant aux turpitudes et au sort d’un malfrat étourdi, sans cœur et au goût empesté. Et ils sont nombreux dans les cercles du

pouvoir qui usurpent le titre d’« homme d’État » et qui seront rattrapés après le règne de l’autre, dont la proximité actuelle leur assure un éphémère répit.

2/Parmi les donneurs de leçons d’aujourd’hui, certains ont aussi pillé en cachette, au même titre que le mammifère dont nous parlons et très souvent à des proportions moindres. Dans les normes, ce sont les co-pensionnaires de Mebe Ngöl. Qu’ils ne s’imaginent pas que sous le prétexte de leurs homélies insipides de circonstance, ils nous feront oublier que, eux-aussi, ils ont « existé »…. Donc, que ceux qui s’agitent au lendemain de l’arrestation du Porc se tenir coït. Car, logiquement, inévitablement, un audit sera initié au matin de la fin du présent règne de PB et les enquêtes remonteront jusqu’aux années 80.

3/ Toutes les victimes de l’opération épervier ne sont pas des vomissures et des pourritures. D’authentiques criminels, pilleurs de la fortune publique, sont dehors, en train de nous narguer, bénéficiant du parapluie de la raison d’État.Certains sont entrés à Kondenguien tant que hauts commis de l’État, pour des peccadilles. Ils en sortiront transformés, de véritables hommes d’État. D’autres (fort rares), y entrent déjà avec cette envergure ; y étant, ils y ajoutent de leur épaisseur constitutive. Victimes des jeux malsains du pouvoir, ils ne sont pas entachés de l’opprobre du vol, de la cupidité compulsive, du déshonneur. Ils travaillent à persévérer dans leur être d’airain pour miser sur l’avenir (et il n’est pas exclu que l’un d’eux dirige nos destinées dans un futur proche).

FINALEMENT QU’EST-CE QU’UN HOMME D’ÉTAT ?

4/ La quatrième remarque est la suivante : le sort actuel du « Porc » remet au goût du jour la question cruciale de savoir ce que signifie être un « Homme d’État ». Cette notion politique ne se ramène pas uniquement à une affaire de charisme, d’élégance vestimentaireou de prestance, encore moins à une série de compétences et de savoir-faire technocratiques exclusivement. L’« Homme d’État » est un homme politique qui allie trois qualités-compétences complexes et exigeantes : d’abord une haute idée de l’être humain et de l’État, ensuite une discipline et un engagement quotidien sans faille pour le développement économique de son pays et enfin une vision prospective visant le bonheur du peuple. La première compétence est l’intelligence de la spécificité du fait humain et des valeurs républicaines, ainsi que la nécessité de les promouvoir au moyen d’une générosité exemplaire. Mais aimer et se pratiquer au patriotisme ne suffisent pas pour faire les grands hommes publics. Les figures altières qui s’imposent à travers les générations se distinguent par le sacrifice de soi, autrement dit l’exemplarité altruiste assumée par un comportement éthique ; elles s’efforcent en tout temps d’incarner un certain sens de leurs devoirs, dont le plus impératif est celui de la préservation de l’intérêt général : ils travaillent quotidiennement à féconder le présent aux fins de produire un futur commun conforme à leur goût intègre. Au final ce sacrifice personnel est enrichi par leur vision de la destination du peuple qu’ils servent et l’implémentation de l’ethos qui meut la marche de celui-ci dans l’histoire mondiale. De ces développements, il ressort :

a- qu’un État où règnent en maîtres les fonctionnaires et les agents publics est ou arriéré ou corrompu ; ce qui désigne la même chose : un anachronisme historique. En principe, dans un État en voie d’industrialisation, les ministres, DGs et autres managers sont des acteurs principaux d’un processus auquel leur préséance sociale traditionnelle ne subsiste pas. Comme des pionniers, ils annoncent et enclenchent une nouvelle ère où le souvenir de leur exploit (à savoir l’industrialisation effective de l’État) les relègue au rang inférieur, assignés aux tâches modestes de coordination d’un jeu politique, sociale et économique – un job salarié parmi tant d’autres – dont ils ne sont plus les maîtres. Telle est l’idée de Montesquieu relative au salariat universel propre aux sociétés démocratiques.

b- Aussi l’expertise politique du management des affaires publiques n’est-elle pas destinée à accéder à la puissance sociale, à accumuler des trésors en cachette. Être un Homme d’État, c’est avant tout parvenir, en toute humilité, à cultiver en soi la faculté de se mettre au service de tous ; c’est vouloir, se discipliner et travailler en tout temps à s’effacer devant le rayonnement régional et international d’une nation toute puissante et prospère qu’on a assidûment contribué à bâtir.

Dr NKE Fridolin

Consultant en Gouvernance (ISMP, 2014-2015)

Conseil-Accompagnateur en construction

de comportement éthiques et républicains

E-mail : nkefridolin2000@yahoo.fr 

Tel : 00 (237) 680 110 889.

18mars
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