Cameroun, Carte nationale d’identité : Des usagers dans la détresse :: CAMEROON
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  • Le Jour : Vicky Tetga
  • vendredi 08 février 2019 16:04:00
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Cameroun, Carte nationale d’identité : Des usagers dans la détresse :: CAMEROON

Depuis quelques années, certains Camerounais n’arrivent pas à entrer en possession de cette pièce indispensable.

Obtenir une Carte nationale d’identité (Cni) devient très difficile au Cameroun. Au fur et à mesure, de nombreux Camerounais s’en plaignent. Rencontré au commissariat de Ngoa-Ekelle, cela fait bientôt deux ans que Romy, un étudiant de l’université de Yaoundé I vit sans une Carte d’identité.

« Je faisais encore le niveau 2 à l’université de Yaoundé I en 2017. Étant donné que ma carte se périmait bientôt, j’ai lancé la procédure pour une nouvelle carte au commissariat de NgoaEkelle. J’ai présenté tous les documents qu’il fallait. On m’a remis un document qui atteste que j’ai renouvelé ma carte. On m’a ensuite remis un récépissé. Au fur à mesure que je partais, par rapport au délai qui était fixé. On me disait toujours que cela n’est pas disponible », raconte Romy. Il poursuit : « Après huit mois, j’ai contacté un ami qui est de la police. Il m’a demandé d’aller vérifier si mon récépissé n’avait pas de problème au commissariat 10e. Je devais avoir le motif de la non-délivrance de ma Cni. On m’a dit que j’ai commis une erreur sur le nom d’un de mes parents. Une erreur que j’ai corrigée », explique-t-il.

À cause de cette erreur, Romy a été obligé de recommencer la procédure. De reconstituer un dossier et payer des frais pour l’établissement de la carte. « On m’a refait une nouvelle carte. J’ai reçu un nouveau récépissé que l’on m’a remis à la fin. À ce moment-là, je devais avoir la Cni après trois mois. Cependant, j’ai fait 4 à 5 mois et toujours rien. J’y suis retourné quelques semaines plus tard et ce n’était toujours pas disponible », explique-t-il. Il compte néanmoins repartir au commissariat 10e pour une nouvelle vérification.

Quotidiens difficiles

Comme Romy, ils sont nombreux qui vivent avec des récépissés d’identité périmés. Naomie T. en fait partie. C’est depuis le 08 janvier 2018 qu’elle a entamé une procédure au commissariat sans succès. Prorogé deux fois, elle n’est toujours pas en possession de sa pièce d’identité. Dès lors, le quotidien sans Cni devient un calvaire : « je ne peux presque rien faire sans carte d’identité. Je ne peux pas circuler librement dans la ville sans avoir peur d’être stopper par un agent de la police. On ne peut plus facilement faire des transactions financières c’est-à-dire retirer l’argent ou alors envoyer. Je ne peux plus acheter un produit qui nécessite une carte fiable. Je suis allée au commissariat 10e pour vérifier s’il y avait un problème, les responsables m’ont dit que je n’ai aucun problème.

Il faut juste que je patiente. Je suis même allée au centre de production, mais j’ai été stoppé à l’entrée du portail », rapporte Naomie.

Certaines sources policières expliquent que le problème viendrait du nouveau processus de fabrication biométrique de ces cartes. Produites par une entreprise française, Gemalto, les cartes vierges sont ensuite acheminées vers le Cameroun pour y être gravées. Un long processus.

Cas litigieux

À la Délégation générale de la sureté nationale (Dgsn), on rassure d’emblée : « « Il n’y a pas de problèmes. On a plutôt augmenté notre capacité de production qui passe désormais de 2.500 à 10.000 cartes par jour ». Cependant : « la difficulté pour certains demandeurs réside dans les documents qu’ils nous fournissent. Ils sont soit non conformes soit falsifiés. Leurs auteurs tombent donc sur le coup de la double identité et de l’usurpation. En de telles circonstances, la police ne peut délivrer une Carte nationale d’identité », nous explique le commissaire divisionnaire Cécile Joyce Mandeng, responsable de la communication à la Dgsn.

Après une prorogation du titre d’identité provisoire qui a une durée de trois mois renouvelable une fois, les demandeurs doivent se rapprocher du poste d’identification où ils ont été enrôlés, pour s’enquérir du motif de la non production de leurs cartes. Cécile Joyce Mandeng explique : « en cas de double identité, la loi est dure mais c’est la loi et nous devons l’appliquer. L’ordonnance N°81/002 du 29 juin 1981 stipule à son article 82 que « Si une personne se trouve en possession de deux actes de naissance, il n’est tenu compte que de l’acte le plus ancien en date, sans préjudice des poursuites pénales. »

Selon elle, la loi est donc claire : la Sûreté nationale ne peut pas attribuer les Cartes Nationales d’Identité dans des cas non conformes à la Loi. Les requêtes en double identité n’aboutissent que si le requérant accepte de retourner à sa plus ancienne identité. Pour les autres cas d’usurpation, ou d’erreurs, il faut introduire une requête qui sera étudiée par une commission.

08févr.
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