CAMEROUN :: Gouvernement = Mrc Le raidissement des positions :: CAMEROON
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  • Mutations : Jean De Dieu Bidias
  • jeudi 31 janvier 2019 10:41:00
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Depuis le samedi des « marches blanches », la tendance au jusqu’auboutisme se précise dans les camps.

La vague d’arrestations lancée le 26 janvier dernier par les autorités publiques en réponse aux « marches blanches » du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) a connu un tournant décisif lundi dernier, avec l’interpellation suivie de la mise en garde à vue de Maurice Kamto, son président national, et plusieurs autres militants et hauts responsables du parti. Le gouvernement, qui a juré que les manifestants et les commanditaires de ces manifestations qui ont pris une tournure inattendue dans certaines capitales occidentales avec le saccage de certaines représentations diplomatiques du Cameroun feraient face à la rigueur de la loi, venait ainsi de mettre à exécution ses menaces. Et au fur à mesure que les jours passent, il fait montre de plus de détermination à aller jusqu’au bout, en dépit des appels à la retenue lancés par la plupart des partis politiques d’opposition, des organisations non gouvernementales et de la société civile, et même de certains partenaires internationaux. Pour le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, qui symbolise à lui tout seul le jusqu’auboutisme du pouvoir, « le Mrc a franchi la ligne rouge et dépassé le seuil de la tolérance (...) ».

A l’heure qu’il est, les autorités publiques devraient au moins avoir communiqué sur le nombre exact de personnes arrêtées, et fait le tri afin que l’on sache qui est « vandale », qui ne l’est pas. Deux journalistes travaillant pour le compte du quotidien Le Jour, interpellés au domicile de l’opposant Albert Dzongang à Douala lors de l’arrestation de Maurice Kamto, sont toujours sans nouvelles près 72h après. Des cas parmi d’autres certainement. L'info claire et nette. Rien ne semble donc être fait pour apaiser les tensions. Au contraire, le gouvernement, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) au pouvoir et ses alliés multiplient des messages de condamnation des événements de samedi dernier ; lesquels sont lus en boucle sur les chaînes de radio et télévision publiques. L’objectif clair est de prendre de l’avance dans la bataille de l’opinion.

Le Mrc ne se montre pas moins radical, aidé en cela par le groupe dit des alliés, qui se positionne clairement pour l’affrontement. Dans un communiqué publié mardi dernier, son secrétaire général, Ndong Christopher, remercie tous les soutiens du parti et leur demande, ainsi qu’au peuple, de se tenir prêts. Il est convaincu de ce que, c’est ensemble que devra être mené « le combat pour la libération du peuple camerounais de la dictature reptilienne qui l’écrase depuis plusieurs décennies ».

Ordre républicain

« Nous attendons donc votre prompte réaction, a-t-il poursuivi, afin que nous arrêtions ensemble la stratégie pour la poursuite victorieuse des « marches blanches » engagées depuis le 26 janvier et qui continueront le 02 et le 09 février ». Dans ce choc des extrêmes où le gouvernement n’entend pas laisser prospérer l’impunité au nom de la préservation quasi-obsessionnelle de l’ordre républicain, la posture du Mrc semble être de susciter un plus grand intérêt de la communauté internationale sur le sort réservé à ses responsables et militants. Une stratégie qui semble porter des fruits. Mardi dernier, la porte-parole du Quai d’Orsay (ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères), Agnès Von Der Mühll, a assuré que les autorités sont attentives « à la situation de M. Maurice Kamto à la suite de son arrestation ». L’Organisation des Nations unies (Onu) s’est également dit préoccupée par la situation au Cameroun, et a appelé les autorités publiques à garantir la liberté d’expression.

Une énorme fracture apparaît également au niveau de l’appréciation des événements du 26 janvier. Pendant que le pouvoir nie les violences policières sur des personnes qui manifestaient pacifiquement à Douala pour ne s’attarder que sur le caractère illégal des marches, le Mrc, lui, n’a pas clairement condamné la fameuse « Brigade anti-sardinards » à l’origine du saccage des ambassades du Cameroun à Paris, Londres et Berlin. Un argument donné au gouvernement qui soupçonne depuis ce groupuscule d’être une sorte de bras armé du Mrc. Le raidissement des positions est d’autant plus flagrant aujourd’hui que, même au niveau de la presse, plusieurs médias ont clairement pris fait et cause pour l’un ou l’autre camp. Et alors que l’on s’achemine inéluctablement vers un procès contre Maurice Kamto et les siens, la masse silencieuse semble être prise sinon en otage, du moins entre deux feux.

31janv.
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