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Dr NKE Fridolin : LE CAMEROUN QUI VIENT ET L’AVENIR DU RDPC, D’UNIVERS ET DU MRC :: CAMEROON
CAMEROUN :: POINT DE VUE Dr NKE Fridolin : LE CAMEROUN QUI VIENT ET L?AVENIR DU RDPC, D?UNIVERS ET DU MRC :: CAMEROON
  • Avec Camer.be : Dr NKE Fridolin
  • lundi 22 octobre 2018 08:01:00
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Dr NKE Fridolin : LE CAMEROUN QUI VIENT ET L’AVENIR DU RDPC, D’UNIVERS ET DU MRC :: CAMEROON

Qui perd gagne ! Un engrenage méphistophélique dans le jeu électoral camerounais

IRRECEVABLE ! NON FONDÉ ! Cette formule, c’est Paul Biya qui l’a d’abord reçue en privé, dans le battement saccadé des paupières de ses collaborateurs à qui il expliquait sa vision de l’élection présidentielle de 2018. En vrai sage, le vieux lion avait vu venir les autres de loin : les rugissements édulcorés de son harem (OFRDPC) et de sa jeune progéniture (OJRDPC) ne présageaient rien de bon ; ce n’était pas les cris de désespoir dont il était accoutumé, qui, depuis plus de trente ans, quêtaient son aide salutaire et imploraient sa prompte réaction devant des prédateurs électoraux. Cette clameur qu’il entendait venir de ses troupes était faite de larmoiements feints et de gémissements suspects.L’homme-lion savait que les Cabral LIBII, Kamto et Matomba séduisaient les membres de son clan et ceux-ci menaçaient de le chasser.

Paul Biya avait donc entrepris de reconquérir les cœurs des siens par « la force de l’expérience ». Il proposa un deal aux fougueux et séduisants adversaires : faire une compétition pour se départager en toute objectivité. Il décida que l’élection se ferait sans tricherie ni bourrages d’urnes, encore moins les intimidations. Rien que la transparence ! Le créateur-bâtisseur ne voulait pas être mal élu. Il voulait une élection sincère, sanctionnée par une défaite claire ou une victoire incontestable. S’il devait être banni de son territoire à l’issue du match, ce serait dans la dignité et avec la hauteur qui lui sied. Aussi prit-il ses dispositions : pendant la campagne présidentielle, Paul Biya a décidé de quitter (provisoirement) le navire inconfortable des mercenaires prévaricateurs du RDPC. Il ne signe pas les équipes de campagne comme il en a l’habitude ; il n’utilise pas les effigies du parti, ni ses couleurs, encore moins son emblème ou sa devise. Il crée un nouveau pagne.

Mais tous les ministres, directeurs généraux, hauts commis de l’État, bref tous les imposteurs qui aspirent à la mangeoire, en ont décidé autrement. Ils avaient leurs petits calculs : 100%, ou ça ou rien ! L’appareil du parti s’est mis en branle et a brouillé les cartes. La décision cynique a été prise : « Pas besoin de ces pirouettes démocratiques. Il faut ménager la santé du Grand patron. Il n’aura rien : ni victoire ni défaite, RIENou presque, juste Sa réélection ». Malgré les rappels à l’ordre de tous les acteurs du processus électoral, les truands et les brutes ont eu raison du « Bon ». Les élèves ont précipité, coincé et dépassé le Maître ! 100% en faveur de Paul Biya ! Dites-moi : comment peut-on sensément avoir du 100% en sa faveur dans un village, dans une ville, et ce pendant des décennies ? Il n’y a que les infaillibles là-bas, pas d’erreur pendant le vote, même avec un électeur qui cafouille ses bulletins par mégarde ? Il n’y a pas de fous dans ce village ? Et les aigris, les jaloux,les idiots,les méchants, les ingrats, les déshérités, les sorciers, bref tout le peuple des ratés, vous ont-ils aussi accordé leur suffrages ? C’est aussi cela l’inconvénient de l’excès de force…. À force d’être fort tout le temps, à force de piller les richesses et les voix et de s’enfuir par la mer ou dans les airs, on devient à la fois mercenaire et pirate !Après on crie au tribalisme des bamiléké et des autres, alors qu’on institutionnalise le repli identitaire. Que les bêtes sont bêtes, s’écriait l’autre !

Ce faisant, ils ont scié eux-mêmes la branche sur laquelle ils s’étaient perchés pour éviter les quolibets et les pierres lancés par la populace ratatinée. Ils sont maintenant menacés d’être engloutis par l’abîme fatidique. Empiffrés de leurs honneurs indus, gorgés de vanité inepte, emmitouflés dans de vieux sortilèges, les dignitaires du régime sont tombés dans leur propre piège : ils découvrent que la fraude électorale ne marche plus ! Alors qu’ils acheminaient déjà sereinement le peuple vivant au cimetière de la tyrannie, celui-ci a écarquillé les yeux et, à bout portant, a crié : « Malédiction, Imposture ! »Maintenant, c’est la débandade dans les cœurs et dans les châteaux des pirates. Les porteurs du corbillard lugubre ne se résignent pas pourtant. Ils continuent de délirer devant le Conseil constitutionnel et dans les médias d’État (CRTV et Vision 4) : « Papa Paul Biya, Vous (ils oublient qu’on ne vouvoie pas le géniteur) devez rester. Grand camarade, le Cameroun s’évanouirait avec votre disparition ! » Pourtant, derrière une unité de façade couvent des guerres fratricides de positionnement en vue de la succession, des désamours entretenus et des haines irréductibles. Malgré tout, on s’empresse de dire que c’est normal ; que c’est l’atmosphère qui règne dans toutes les familles ; que ça n’entame en rien le moral des troupes ;que la paix, l’unité national sont préserver, bref toutes les inepties qui ont la vertu de creuser l’estomac et de donner la nausée en même temps.

LE RDPC ACTUEL EST FINI !

Dans quelques jours, le candidat du RDPC sera déclaré vainqueur de la présidentielle du 7 octobre. Il aura la légalité, mais pour quelle légitimité et à quel prix ? Nul ne le sait.Ce dont nous sommes certain, c’est que le contentieux post-électoral, avec les réquisitoires accablants et les preuves irréfutables brandis devant le conseil constitutionnel, marque indiscutablement un tournant pour le RDPC actuel. Les dirigeants actuels du parti ont compris, à leurs dépens, que rien ne sera plus comme avant. Les acteurs de la scène du tribunal des élections ont démontré que le Cameroun n’est pas dans une planète à part. L’intrigue a ébranlé les assurances niaises enracinées dans notre imaginaire collectif : LE CAMEROUN CE N’EST PAS LE CAMEROUN !

Prenons donc conscience qu’au Cameroun, comme ailleurs en Afrique, les partis présidentiels des Leaders immortels, des Présidents-Dieu, sont mortels ! Avez-vous oublié le sort funeste réservé le Congrès du peuple ougandais (UPC) de Milton Obote en Ouganda, auMouvement révolutionnaire national pour le développement d'Habyarimana du Rwanda, à l'Union progressiste sénégalaise de Senghor, à l'Union socialiste soudanaise au Soudan, auParti progressiste tchadien (PPT) devenu le Mouvement national pour la Révolution culturelle et sociale de Tombalbaye au Tchad, auParti national uni des travailleurs de Francisco MacíasNguema, en Guinée équatoriale? Et la liste n’est pas exhaustive.Au Cameroun, l’UNC n’a pas survécu à Ahidjo. Le RDPC serait-il l’exception qui confirme la règle ? Pour répondre à cette interrogation, il faut préalablement répondre à celles-ci : le RDPC peut-il être réformé ? Comment assumer son très lourd passif ?

Comment rembourser et se faire pardonner (et encore aimer) par le peuple ? Ces questions n’ont jamais été aussi d’actualité que maintenant. Voici l’alternative infernale : le RDPC va se réformer ou il va disparaître !Dire que le parti présidentiel a besoin d’une cure de jouvence est une lapalissade. Il faut impérativement un rajeunissement radical de ses équipes, un renouvellement de ses cadres, de ses organes, et une refondation systématique de son idéologie. Dans le cas contraire, il faut l’oublier tout simplement.Il ne serait d’ailleurs pas le premier vestige du passé. L’histoire en accumule tous les jours des tonnes. Dans tous les cas, dès maintenant, si rien n’est fait, les jeunes et les femmes vont s’en méfier.J’insiste : le Président a son pouvoir décisionnaire de nomination, mais désormais les populations s’accommoderont difficilement des ministres et plénipotentiaires cyniques et impopulaires.Et au cours des élections législatives et municipales de 2019, les fiefs électoraux vont vaciller et basculer l’un après l’autre. LaLékié va donner le ton…

LE PAYS QUI VIENT ET LA PLACE DU MRC ET D’UNIVERS

Tout citoyen camerounais qui a le goût intact et la raison ordinaire comprend aisément le sens de son existence présente : dans notre société en péril, tous ceux qui ne vont pas contribuer à la neutralisation des hordes de vampires méchants et de cyniques assoiffés de sang,qui écument les institutions nationales et l’appareil de l’État,n’ont pas de place dans le futur. Ils se condamnent à ne pas avoir d’avenir. Indiscutablement Cabral Libii et Maurice Kamto ont suscité beaucoup d’admiration, d’engouement, d’espoir et de sympathie dans le peuple aux termes de la campagne électorale et des débats au Conseil constitutionnel. Pour l’heure, l’avenir politique immédiat leur appartient, mais à trois conditions : 1- Ils doivent renforcer et discipliner leurs troupes, non seulement en expurgeant les éléments les plus radicaux, mais aussi en recrutant des membres dont la probité, le courage et l’intelligence peuvent faire la différence sur le terrain ; 2- théoriser davantage leur action et investir politiquement dans le territoire national avec des éléments de langage accrocheurs et des stratégies éprouvées ; 3- coordonner leurs actions et envisager des désistement et des soutiens de leurs candidats respectifs au cours des prochaines élections législatives et municipales.

À très court terme, au lendemain de la prestation de serment de Paul Biya, le cauchemar va se poursuivre : les ministres, les Directeurs généraux, les Recteurs, les Doyens et un grand nombre d’« élus » du Renouveau continueront de piller et de dilapider nos ressources. Surtout, ils ne vont pas s’arrêter de nous narguer et de nous menacer. Les inégalités se creuseront davantage. Les gens ne vont pas cesser de devenir « fous » d’eux et de les pourchasser dans leurs rêves ; les citoyens continueront de les maudire. Après d’indescriptibles chagrins et douleurs, une rage irrépressible gagnera le peuple. Heureusement, parallèlement à cette montée de la révolte silencieuse, le précipice sans fond dans lequel se sont aplatis les irréductibles du régime au cours de cette élection présidentielle s’enfoncera. La révolte continuera de couver. La défiance par rapport au pouvoir s’enracinera. Bientôt le fruit sera mûr. À moins que…..

22oct.
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