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© Camer.be : Toto Jacques
- 31 Jul 2026 13:18:11
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Cameroun - « Lâchez les prêtres ! » : l'appel choc de Mgr Bibi
« L'évêque de Buéa, Mgr Michael Bibi, a exhorté les femmes à cesser de poursuivre les prêtres catholiques. Une mise en garde ferme sur le célibat sacerdotal qui fait déjà le buzz sur les réseaux sociaux. »
« Lors d'une rencontre pastorale, Mgr Michael Bibi a lancé un appel clair aux femmes de son diocèse : les prêtres se sont consacrés à Dieu et ne se marieront pas. Une sortie médiatique qui interroge sur les tensions entre vocation religieuse et relations humaines. »
Les mots sont tombés comme une gifle. Pas de détours, pas de périphrases. Mgr Michael Bibi, évêque du diocèse de Buéa, a pris la parole lors d'une rencontre pastorale pour adresser un message qui, visiblement, ne souffre aucune ambiguïté : les femmes doivent cesser de courir après les prêtres.
Une déclaration qui, en apparence, pourrait prêter à sourire. Mais derrière l'humour potentiel se cache une réalité bien plus sérieuse : celle d'un clergé catholique régulièrement confronté à des sollicitations affectives que sa vocation l'oblige à repousser. Et celle d'une Église qui, au Cameroun comme ailleurs, doit constamment rappeler les règles de son engagement.
En exhortant les femmes à « tourner leur attention vers d'autres hommes éligibles », Mgr Bibi ne fait pas qu'énoncer une règle. Il pointe un phénomène qui, selon ses propres termes, perturbe la mission pastorale des prêtres et crée des tensions au sein des communautés chrétiennes.
"Les prêtres ne se marieront pas" : un rappel qui dérange
« Certaines femmes continuent de poursuivre les prêtres, même si elles savent qu'ils ont choisi une vocation dédiée à Dieu et à l'Église », a déclaré Mgr Bibi. Des mots fermes, qui visent à rétablir une ligne que certains fidèles semblent avoir oubliée.
Le célibat sacerdotal est l'un des piliers de l'Église catholique latine. Il n'est pas une option, mais un engagement pris par le prêtre lors de son ordination. Un engagement qui, comme le rappelle l'évêque, ne peut être rompu. « Prêtres signifie "consacré" », insiste Mgr Bibi. Et cette consécration suppose un renoncement au mariage.
Mais pourquoi l'évêque de Buéa a-t-il jugé nécessaire de rappeler cette évidence ? Une hypothèse : le phénomène n'est pas anecdotique. Dans certaines communautés, des femmes continuent d'exprimer des sentiments amoureux envers des prêtres, parfois au point de créer des situations embarrassantes, voire conflictuelles. Une réalité que les pasteurs connaissent bien, même si elle est rarement évoquée publiquement.
Quand l'Église doit gérer les "soutanes convoitées"
Si Mgr Bibi a choisi d'aborder ce sujet frontalement, c'est probablement parce que la question est devenue suffisamment prégnante pour être traitée en public. Le phénomène des « chasseuses de prêtres » comme on les appelle parfois est une réalité dans plusieurs diocèses d'Afrique.
À l'origine de ce phénomène ? Plusieurs facteurs entrent en jeu. La position sociale des prêtres, souvent respectés et influents, en fait des figures d'autorité et de stabilité. Leur disponibilité affective, leur écoute et leur présence auprès des fidèles peuvent parfois être mal interprétées. Sans oublier que, dans certaines cultures, le statut de prêtre peut être perçu comme un gage de sécurité et de considération.
Mais cette situation crée aussi des tensions. Pour les prêtres eux-mêmes, qui doivent naviguer entre leur mission pastorale et des sollicitations qu'ils ne peuvent satisfaire. Pour les communautés, où des rivalités peuvent émerger. Et pour l'Église elle-même, qui voit parfois sa crédibilité entamée lorsque des rumeurs circulent.
La réponse de Mgr Bibi : fermeté et respect
L'évêque de Buéa ne s'est pas contenté d'un simple rappel à l'ordre. Il a aussi proposé une solution positive : les femmes devraient plutôt concentrer leur attention sur d'autres hommes éligibles dans le diocèse.
« Cela permettra aux prêtres de rester concentrés sur leur mission pastorale et leur vocation religieuse », a-t-il précisé. Une manière de recentrer le débat : il ne s'agit pas de stigmatiser les femmes, mais de protéger à la fois leur dignité et celle des prêtres.
Mgr Bibi a également souligné que les prêtres doivent être autorisés à exercer leur ministère sans distractions inutiles. Un appel au respect mutuel, qui rappelle que la vocation sacerdotale est un don, mais aussi une charge. Et que cette charge mérite d'être soutenue par les fidèles, pas entravée par des comportements inappropriés.
Les réseaux sociaux s'emballent
Comme on pouvait s'y attendre, les propos de Mgr Bibi ont rapidement enflammé les réseaux sociaux. Sur Facebook, X (ex-Twitter) et TikTok, les internautes camerounais et de la diaspora se sont emparés du sujet.
Les réactions sont partagées. Certains saluent le courage de l'évêque d'aborder un sujet tabou. D'autres s'interrogent : pourquoi une telle mise en garde ? Le phénomène est-il vraiment si répandu ? Quelques-uns, enfin, voient dans cette déclaration une occasion de pointer du doigt les contradictions de l'Église notamment son refus du mariage des prêtres, qu'ils jugent « dépassé ».
Un internaute commente sur X : « Si les prêtres étaient autorisés à se marier, on n'aurait pas besoin de ce genre de discours. » Un autre renchérit : « Respectez le choix des prêtres ! Ils ont donné leur vie à Dieu. » La polémique est lancée.
Un débat qui dépasse les frontières du Cameroun
La question du célibat des prêtres n'est pas nouvelle. Elle agite l'Église catholique depuis des décennies. Mais en Afrique, où la pression sociale sur les célibataires est forte, et où la charge pastorale est immense, le sujet prend une résonance particulière.
Mgr Bibi, en prenant la parole, a peut-être ouvert une boîte de Pandore. Car derrière la question du célibat se cachent d'autres enjeux : la place des femmes dans l'Église, la manière dont les prêtres vivent leur vocation, et l'évolution de la discipline ecclésiale.
Pour l'instant, l'évêque de Buéa a tranché. Son message est clair : les prêtres sont mariés à l'Église. Et les femmes doivent le comprendre. Reste à savoir si cet appel sera entendu ou s'il ne fera qu'alimenter un débat déjà brûlant.
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