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© Camer.be : Toto Jacques
- 21 Jul 2026 15:52:24
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C2D : le Cameroun a remboursé 98% de sa dette envers la France :: CAMEROON
Vingt ans après son lancement, le Contrat de désendettement et de développement affiche un taux d'exécution de 98 %. Mais la fin de ce dispositif soulève une question : comment le Cameroun va-t-il financer son développement sans ce levier ?
967 milliards de francs CFA. C'est le montant que le Cameroun a transformé en projets de développement en vingt ans, sans alourdir sa dette. Un mécanisme unique. Une success-story.
Le 9 juin 2026, au Concord International Hôtel de Yaoundé, les membres du Comité d'orientation et de suivi du Contrat de désendettement et de développement (COS-C2D) se sont réunis pour la 17e et avant-dernière session. Le constat est sans appel : le Cameroun a remboursé 944,8 milliards de FCFA sur les 967,4 milliards prévus. Il ne reste plus que 22,6 milliards à honorer.
Un taux d'exécution de 97,6 %. Une performance qui, selon le ministre des Finances Louis Paul Motaze, « témoigne de l'importance de l'impact du mécanisme sur l'économie nationale ».
Mais derrière ce bilan flatteur se profile une interrogation : que va devenir le Cameroun sans le C2D ?
Qu'est-ce que le C2D ? Un mécanisme vertueux
Le Contrat de désendettement et de développement est un dispositif né en 2006, après l'atteinte du point d'achèvement de l'initiative PPTE (Pays pauvres très endettés). Son principe est simple mais ingénieux : le Cameroun rembourse sa dette à la France, et la France réinjecte immédiatement ces sommes sous forme de subventions pour financer des projets de développement.
Contrairement à une annulation classique de dette, ce mécanisme crée un cercle vertueux : le pays rembourse, mais il réinvestit. Pas d'asphyxie budgétaire, mais un moteur d'investissement.
Trois contrats-cadres successifs ont été signés en 2006, 2011 et 2016. Ensemble, ils ont mobilisé 967 milliards de FCFA (environ 1,47 milliard d'euros), répartis en 54 conventions de financement.
Un bilan chiffré exceptionnel
Les chiffres parlent d'eux-mêmes :
- 944,8 milliards FCFA remboursés sur 967,4 milliards prévus
- Taux de mobilisation : 97,6 %
- 871 milliards FCFA déjà décaissés pour les projets
- 79,2 milliards FCFA de solde disponible sur le compte du C2D à la BEAC
- 22,6 milliards FCFA restant à rembourser
Pour Sylvain Riquier, ambassadeur de France au Cameroun, cette performance est un signal fort : « Cette démarche vise surtout à appuyer les efforts du Cameroun pour qu'il renforce son économie et atteigne une prospérité économique, en faisant fructifier son si grand potentiel ».
Des réalisations emblématiques
Le C2D, ce n'est pas que des chiffres. C'est du concret. Du visible. Des infrastructures qui changent la vie des Camerounais.
Le deuxième pont sur le Wouri à Douala : un projet à 119 milliards de FCFA, dont 21,6 milliards apportés par le C2D. Un ouvrage qui fluidifie le trafic et désengorge la capitale économique.
Le barrage hydroélectrique de Nachtigal : 420 MW injectés sur le réseau national, une augmentation de 30 % des capacités de production. De quoi résorber une partie de la crise énergétique qui paralyse régulièrement le pays.
L'aménagement des voiries urbaines dans les capitales régionales : Bafoussam, Bamenda, Bertoua, Garoua et Maroua. Le programme « Yaoundé Cœur de Ville » transforme la capitale.
Le secteur social : la mise en œuvre du chèque santé pour les femmes enceintes, la contractualisation de plus de 37 000 instituteurs et l'accompagnement de plus de 315 000 exploitations familiales agropastorales.
La question de l'après-C2D
La clôture du C2D, prévue pour 2026, ouvre un vide. Pendant vingt ans, ce mécanisme a été un pilier du financement du développement camerounais. Que va-t-il se passer sans lui ?
Le ministre Louis Paul Motaze a évoqué les programmes en cours, notamment ceux relatifs à la sécurité alimentaire, à la modernisation de l'état civil et au renforcement de la décentralisation. Mais ces programmes sont déjà engagés. L'essentiel est ailleurs : quel nouveau mécanisme va remplacer le C2D ?
Le Cameroun devra désormais diversifier ses sources de financement. La France reste un partenaire privilégié, mais d'autres acteurs Chine, Russie, Turquie gagnent du terrain. Le pays devra aussi renforcer sa capacité à mobiliser des ressources propres et à attirer les investisseurs privés.
Un partenariat qui a fait ses preuves
Adolphe Noah Ndongo, président du Comité technique bilatéral du C2D, résume l'état d'esprit : « Le principal acquis du C2D est d'avoir contribué à améliorer durablement les conditions de vie des populations tout en renforçant les capacités des institutions nationales ».
Un acquis qui ne s'efface pas. La fin du C2D n'est pas un échec, c'est un accomplissement. Le Cameroun a tenu ses engagements. Il a prouvé sa crédibilité financière. Reste à transformer cet héritage en nouveau départ.
Qu'en pensez-vous ? Le C2D est-il un succès ? Que devrait faire le Cameroun après sa fin ?
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