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© Camer.be : Paul Moutila
- 03 Jul 2026 01:23:18
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CAMEROUN :: Théodore Datouo nomme sa fille à son cabinet : népotisme à l'AN :: CAMEROON
À peine installé à la présidence de l'Assemblée nationale, Théodore Datouo signe un arrêté nommant sa fille Marlène Audrey Datouo Leussi, 29 ans, chargée de mission à son cabinet, une décision qui relance le débat sur le népotisme au sein des institutions camerounaises.
L'arrêté est affiché dans les couloirs de l'Assemblée nationale. Il porte le numéro 2026/0057/AP/AN/CAB/PAN. La signature est celle de Théodore Datouo. Le nom de la nouvelle chargée de mission ? Datouo Leussi Marlène Audrey.
Même nom. Même sang. Même cabinet.
À 29 ans, la fille du président de l'Assemblée nationale intègre le cercle des collaborateurs directs de son père, en qualité d'« Administrateur d'Assemblée ». Une nomination qui, sur le papier, est parfaitement légale. Mais qui, dans l'esprit des Camerounais, pose une question brûlante : à force de nommer les siens, la classe politique camerounaise ne se coupe-t-elle pas définitivement du peuple ?
Une nomination qui ne passe pas inaperçue
Le 30 juin 2026, Théodore Datouo, élu président de l'Assemblée nationale le 17 mars 2026, signe l'arrêté présidentiel n° 2026/0057/AP/AN/CAB/PAN. Le document, visé par le Secrétaire général de l'Assemblée nationale le 1er juillet, officialise la nomination de cinq chargés de mission au cabinet présidentiel.
Parmi eux, un nom attire immédiatement l'attention : celui de Madame Datouo Leussi Marlène Audrey, 29 ans, quatrième sur la liste. Fille du président de l'institution.
L'article 1er de l'arrêté précise qu'elle intègre le cabinet en qualité d'« Administrateur d'Assemblée ». L'article 2 dispose qu'elle bénéficiera, au même titre que les autres nommés, des avantages de toute nature prévus par la réglementation en vigueur.
Les autres nommés : un paravent ?
Aux côtés de la fille du président, quatre autres cadres ont été recrutés :
- Monsieur Ahanda Bruno : journaliste
- Monsieur Njandeu Emmanuel : traducteur principal
- Monsieur Zingo Standley Chinda : cadre contractuel d'administration
- Monsieur Ikong Joseph : professeur des lycées d'enseignement général
Si ces nominations peuvent sembler diversifiées, la présence de la fille du président éclipse tout. Et pour cause : dans un pays où la lutte contre la pauvreté et le chômage des jeunes est un enjeu majeur, voir un haut responsable nommer sa propre fille à un poste stratégique interpelle.
Un cadre juridique qui autorise… mais interroge
Pour justifier cette nomination, Théodore Datouo s'est appuyé sur plusieurs textes :
- la Constitution de la République
- le Règlement intérieur de l'Assemblée nationale (Loi n° 2014/016 du 9 septembre 2014)
- l'arrêté de bureau du 29 juin 2026 abrogeant les nominations précédentes
Sur le plan juridique, rien n'interdit à un président d'institution de nommer un membre de sa famille. Mais sur le plan éthique, la question est tout autre.
Réactions : le népotisme en débat
Sur les réseaux sociaux, les réactions ne se font pas attendre.
La journaliste Mimi Mefo Info a relayé l'information sur X (ex-Twitter), soulignant que « des accusations de népotisme ont émergé après que le nouveau président de l'Assemblée nationale du Cameroun, Datouo Théodore, a nommé une femme présentée comme sa fille ».
Certains internautes défendent la nomination : « Je ne vois pas le mal à ça si elle a mérité », peut-on lire sur Facebook. D'autres, en revanche, dénoncent un système où « les postes stratégiques sont réservés aux parents et proches collaborateurs, tandis que les citoyens ordinaires sont laissés à leurs difficultés ».
Un précédent inquiétant ?
Cette affaire intervient dans un contexte où la lutte contre les « agents fictifs » et les « dépenses fantaisistes » était justement l'un des chantiers annoncés par Théodore Datouo. En avril 2026, le nouveau président de l'Assemblée nationale avait promis de traquer les gaspillages et les nominations douteuses.
Aujourd'hui, cette nomination familiale jette une ombre sur ces promesses. Et relance un débat récurrent au Cameroun : celui de la gouvernance publique, de la transparence des nominations et de la place des liens familiaux dans les hautes institutions.
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