-
© Camer.be : Hilaire SOPIE
- 02 Jul 2026 01:22:03
- |
- 278
- |
FRANCE :: Avec Le roi NGUILA l’âme enracinée chez les Baboutés,
C'est d'abord l'aventure du langage, ce travail inouï sur la langue française, qui fait de ce livre de 382 pages un monument de littérature d'expression. Ne pas se revendiquer héritier d'une seule histoire, c'est éviter de s'enfermer dans le piège de l'académisme ou des théories qui enferment les hommes dans une pensée monolithique.
Le genre est ici pluriel : récit romanesque, parfois témoignage, essai, parfois nouvelle, mais aussi peinture, musique et arts visuels se rencontrent dans une même œuvre. Sans oublier la philosophie qui irrigue chacune de ses pages. Chez Calvin Djouari, elle est une affaire du corps. Autrement dit, lorsqu'on demeure attentif à la dimension éthique du récit, on y voit apparaître une sagesse presque platonicienne chez les anciens Vutés, pour lesquels le raisonnement dialectique existe depuis les origines. On ne nie pas ce que l'on ne voit pas ou ce que l'on ne peut saisir immédiatement ; au contraire, on s'efforce toujours d'y réfléchir.
À partir de ces multiples enchevêtrements, ce récit permet d'intégrer non seulement la réalité, mais aussi la création, dans la dimension historique du présent. C'est pourquoi l'on dit que l'écrivain est un historien de l'instant. Le corps devient une passerelle entre les époques.
Voici un texte puissant où se mêlent mémoire, oubli et voix invisibles. À travers ce livre, Calvin Djouari donne chair à celles et ceux que l'histoire a laissés en marge. Il interroge avec finesse notre rapport à l'humanité, à la dignité et à la parole.
Cette œuvre constitue une radiographie profonde de la communauté camerounaise en général, et de la société Vuté en particulier. Elle propose une réflexion rigoureuse sur nos civilisations anciennes, leurs héritages culturels, leurs dérives et les fractures qui traversent les peuples.
C'est avec ce livre que j'ai compris qu'il faut, de temps à autre, écrire pour habiter les choses, parler pour saisir cette vie du passé qui peut surgir à tout instant. Depuis des années, Calvin Djouari démontre qu'il est un écrivain prolifique. Il a réussi à faire de l'écriture un espace de pouvoir et de liberté. C'est un homme profondément sensible aux choses de l'esprit. Grâce à l'écriture, il a goûté au plaisir de l'existence.
Et je prends ici un engagement : celui qui lira ce livre et viendra me dire qu'il ne lui a pas plu, je me chargerai personnellement de lui rembourser le double de son prix.

Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
Lire aussi dans la rubrique LIVRES
Les + récents
Avec Le roi NGUILA l’âme enracinée chez les Baboutés,
Titre foncier au Cameroun : le casse-tête des frais
Biya gagne, le peuple perd, l'argent fuit
Des proches d'Oswalde Baboke parlent d'une loyauté à Paul BIYA qui énerve "les infidèles"
Festival Ekang Mbôlô: la disapora ekang célèbre ses racines dans une communion historique
LIVRES :: les + lus
LE GOTHA NOIR VERSION 2019-2020 EST DÉSORMAIS DISPONIBLE
- 25 February 2019
- /
- 21098
LE DéBAT
Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ?
- 17 December 2017
- /
- 241462
canal de vie
Vidéo de la semaine
évènement
