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© Camer.be : Toto Jacques
- 06 May 2026 13:38:41
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Recensement Cameroun 2026 : les agents abandonnés, l'opération en péril :: CAMEROON
12 jours sur le terrain. Zéro franc reçu. Des centaines d'agents recenseurs à bout, prêts à tout arrêter.
Une opération nationale bloquée dès le départ
Le 4ème Recensement Général de la Population et de l'Habitat a officiellement débuté le 24 avril 2026. Il doit s'achever le 29 mai. Mais sur le terrain, la réalité est tout autre. Des agents recenseurs, déployés sur l'ensemble du territoire camerounais, n'ont à ce jour perçu aucune rémunération. Ni les frais de formation. Ni les frais de transport. Ni les frais de subsistance quotidiens.
La menace est explicite : si rien ne change, les agents se concertent pour suspendre collectivement l'opération.
Des paiements bloqués, une chaîne administrative rompue
Les versements ont été confiés aux opérateurs mobiles MTN et Orange. Depuis le lancement, aucune explication officielle ne justifie le blocage. La seule réponse transmise aux agents : patienter. Un mot vide face à une situation concrète certains ne peuvent pas rejoindre leur zone de travail faute d'argent pour le transport.
Le recensement général de la population repose sur une architecture contractuelle précise. Les frais de formation sont fixés à 1 500 francs par jour. La formation s'est achevée le 23 avril 2026. Aucun agent n'a été payé. Les frais de transport s'élèvent à 3 000 francs en zone urbaine et 5 000 francs en zone rurale ils devaient être versés avant la descente sur le terrain. Ils ne l'ont pas été. Les frais de subsistance journaliers 3 500 francs pour l'agent, 3 750 pour le chef d'équipe restent également impayés après douze jours de travail effectif.
Des lourdeurs administratives qui compromettent des données nationales
La cause identifiée est double : manque d'organisation structurelle et lourdeurs administratives. Ces défaillances ne sont pas anecdotiques. Elles menacent la fiabilité même des données produites.
Un agent recenseur sans moyen de transport ne couvre pas sa zone. Un agent qui parcourt des kilomètres à pied pour "sauver la face" collecte des données partielles, dans des conditions dégradées. Un matériel de premiers secours périmé témoigne d'une préparation insuffisante à tous les niveaux.
Le RGPH 2026, qui se définit comme l'opération statistique de référence permettant de dénombrer et caractériser l'ensemble de la population résidente du pays, risque de produire des résultats qui ne reflètent pas la réalité. C'est là l'enjeu central et le plus grave.
Des contrats qui posent une question de fond
Un point aggravant émerge des réclamations des agents : les contrats à durée déterminée couvrent 49 jours de mission, mais la rémunération prévue ne correspond qu'à un mois de salaire. L'écart entre la durée contractuelle et la rémunération effective constitue une anomalie que les agents réclament de voir corrigée.
Ce détail révèle quelque chose de plus large. Les agents recenseurs du Cameroun ont été recrutés pour porter une opération d'État d'envergure nationale, sans que les conditions minimales d'exercice aient été sécurisées en amont.
Le coût d'un recensement raté
Dans les semaines qui viennent, si les paiements ne sont pas débloqués, le délai du 29 mai devient intenable. Un recensement partiel ou bâclé impose des corrections statistiques coûteuses, voire une reprise totale de l'opération.
À moyen terme, les conséquences sont plus lourdes. Les données du recensement général de la population et de l'habitat alimentent la planification publique, la répartition des ressources, les politiques de santé, d'éducation et d'infrastructure pour les années à venir. Des données biaisées faussent des décisions qui engagent des milliards et affectent des millions de Camerounais.
Un recensement n'est pas un exercice administratif. C'est la photographie d'un pays.
Qui assume la responsabilité de cet échec annoncé ?
Les agents sont sur le terrain. Les opérateurs mobiles détiennent les fonds. Les autorités gardent le silence. Pendant ce temps, le compte à rebours tourne.
La question que pose cette crise dépasse les frais impayés : comment un État peut-il organiser sa plus grande opération statistique nationale sans garantir les conditions élémentaires de sa propre réussite ?
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