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© Camer.be : Paul Moutila
- 28 Jan 2026 19:47:36
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CAMEROUN :: Le tribunal refuse la libération des manifestants d'octobre 2025 :: CAMEROON
Le tribunal de grande instance du Wouri vient de rejeter une décision qui enflamme l'opinion publique camerounaise. La demande de mise en liberté de André Blaise Essama, Nzepang Scotty Winner et plusieurs autres manifestants arrêtés lors des manifestations post-électorales d'octobre 2025 a été purement et simplement refusée. Une décision qui soulève de nombreuses questions sur le respect des procédures judiciaires au Cameroun.
Un rejet malgré des vices de procédure invoqués
Me Fabien Kengne, avocat des prévenus, avait pourtant déployé une argumentation solide. Il dénonçait l'absence de titre de détention et le non-renouvellement de la garde à vue administrative, deux éléments qu'il considérait comme des vices de procédure majeurs. Pour le défenseur, ces irrégularités suffisaient à invalider la détention de ses clients.
Mais le tribunal en a décidé autrement. Aucune explication détaillée n'a filtré pour justifier ce refus, alimentant ainsi les spéculations sur la nature politique de cette affaire. Les droits des détenus semblent relégués au second plan dans un contexte où la tension sociale reste palpable.
Du civil au militaire : un transfert qui intrigue
Autre rebondissement : les prévenus ont été présentés le même jour devant le tribunal militaire de Douala. Ce transfert de juridiction soulève des interrogations. Pourquoi passer d'une instance civile à une instance militaire ? Cette décision laisse entrevoir une volonté de durcir le traitement judiciaire des manifestants, une pratique déjà observée lors de précédentes crises au Cameroun.
Les observateurs des droits humains s'inquiètent. Le recours à la justice militaire pour des civils est souvent perçu comme un moyen de contourner les garanties procédurales classiques. Les avocats de la défense dénoncent une instrumentalisation de l'appareil judiciaire à des fins politiques.
Un climat post-électoral toujours explosif
Les manifestations d'octobre 2025 avaient éclaté dans un contexte de contestation des résultats électoraux. Des milliers de Camerounais étaient descendus dans les rues pour exiger plus de transparence et de justice électorale. Les autorités avaient répondu par une répression ferme, conduisant à de nombreuses arrestations.
Aujourd'hui, plusieurs mois après, la situation reste tendue. Les familles des détenus réclament justice. Les organisations de défense des droits de l'homme multiplient les appels à la libération. Mais le pouvoir semble camper sur ses positions, faisant de ce dossier un enjeu de stabilité politique.
Quelles conséquences pour l'État de droit ?
Ce refus de libération pose une question fondamentale : où s'arrête la liberté de manifester au Cameroun ? Les garde-fous judiciaires semblent fragilisés, et l'opinion internationale observe avec attention l'évolution de ce dossier. La communauté juridique locale s'interroge sur l'indépendance réelle de la justice face au pouvoir exécutif.
Cette affaire marque-t-elle un tournant autoritaire ou une simple application stricte de la loi dans un contexte de crise ?
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