Okala Ebode chez Atanga Nji : la trahison comme stratégie d'exclusion
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Une audience est prévue ce lundi 26 janvier 2026 entre Dr Thyerry Okala Ebode, ancien militant du MRC définitivement exclu pour trahison, et le ministre de l'Administration territoriale Paul Atanga Nji. L'objectif apparent de cette rencontre : coordonner les actions visant à exclure arbitrairement le MRC des prochaines élections au Cameroun. Cette collaboration entre un transfuge et l'appareil d'État illustre les méthodes employées pour étouffer l'opposition politique.

Un transfuge au service du pouvoir

Dr Thyerry Okala Ebode n'est plus membre du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun. Exclu définitivement pour trahison politique, il semble aujourd'hui prêter son concours aux autorités pour fragiliser son ancien parti. Cette reconversion express d'opposant à collaborateur du régime soulève des questions sur les motivations réelles de cet ancien militant. Le passage d'un camp à l'autre ne s'improvise pas, surtout quand il coïncide avec une période électorale cruciale.

L'audience prévue au ministère de l'Administration territoriale n'est pas anodine. Paul Atanga Nji, connu pour sa fermeté envers l'opposition, reçoit un homme qui connaît les rouages internes du MRC. Cette combinaison d'informations privilégiées et de volonté politique répressive forme un cocktail dangereux pour la démocratie camerounaise.

L'exclusion arbitraire comme méthode

L'objectif affiché de cette rencontre est transparent : exclure le MRC des prochaines échéances électorales. Cette stratégie n'est pas nouvelle. Elle s'inscrit dans un schéma récurrent d'obstruction du processus électoral au Cameroun. Utiliser un ancien membre pour légitimer une exclusion administrative constitue une manipulation subtile mais efficace.

Les autorités cherchent à créer une apparence de légalité en s'appuyant sur les déclarations d'un transfuge. Cette instrumentalisation d'Okala Ebode vise à justifier des mesures qui, autrement, apparaîtraient clairement comme des manœuvres d'élimination politique. Le pouvoir ne se contente plus d'interdire, il cherche à discréditer de l'intérieur.

Une collaboration qui interroge

La rapidité avec laquelle cet ancien militant se retrouve aux côtés du ministre Atanga Nji intrigue. Quelles garanties lui ont été offertes ? Quelles promesses ont scellé cette alliance ? Ces questions restent sans réponse publique, mais alimentent les spéculations sur les tractations en coulisses. Les retournements politiques au Cameroun ont souvent un prix, rarement avoué.

Cette rencontre révèle également la fragilité des convictions chez certains acteurs politiques. Passer de l'opposition à la collaboration avec l'appareil répressif en quelques mois démontre soit une absence de principes, soit une pression considérable. Dans les deux cas, cela reflète un système politique où la manipulation électorale se nourrit des défections opportunistes.

Le MRC face à la stratégie de déstabilisation

Le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun n'en est pas à sa première épreuve. Depuis sa création, il fait face à des tentatives répétées de marginalisation. L'utilisation d'anciens membres pour le fragiliser constitue une nouvelle étape dans cette stratégie d'affaiblissement. Mais l'exclusion d'un individu pour trahison renforce paradoxalement la cohésion interne du parti.

Les militants restés fidèles voient dans cette audience la confirmation de leurs craintes : le régime utilise tous les moyens, y compris le retournement d'anciens camarades, pour empêcher une alternance démocratique. Cette perception alimente leur détermination plutôt que de les décourager.

Les enjeux pour les prochaines élections

Si cette coordination entre Okala Ebode et le ministre Atanga Nji aboutit à l'exclusion du MRC, ce serait un nouveau coup porté au pluralisme politique camerounais. Les élections sans opposition crédible ne sont que des simulacres démocratiques. Le Cameroun a besoin d'un processus électoral inclusif où tous les partis peuvent participer librement.

L'opinion publique observe attentivement cette manœuvre. Les citoyens camerounais comprennent de mieux en mieux les mécanismes d'exclusion politique. Chaque tentative d'écarter un parti renforce la conscience collective sur l'état réel de la démocratie dans le pays.

Cette audience entre un transfuge et un ministre illustre les défis auxquels font face les partis d'opposition au Cameroun. Elle montre aussi jusqu'où certains sont prêts à aller pour conserver le pouvoir. La trahison d'un individu peut-elle vraiment suffire à étouffer un mouvement politique soutenu par des milliers de citoyens ?

Peut-on encore parler d'élections libres quand l'exclusion arbitraire devient la norme ?

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