CEMAC adopte un contrôle trimestriel pour forcer l’application de ses réformes économiques
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Face à des réformes économiques souvent annoncées mais trop peu appliquées, la Communauté Économique et Monétaire de l'Afrique Centrale (CEMAC) passe à la vitesse supérieure. Réunis en session extraordinaire à Brazzaville le 22 janvier 2026, les chefs d'État de la sous-région ont acté la création d'un mécanisme de contrôle trimestriel pour le Programme de Réformes Économiques et Financières (PREF-CEMAC).

Cette décision, portée par le président congolais Denis Sassou-Nguesso, vise à rompre avec une culture de l’inertie et à restaurer la crédibilité de la zone face à ses partenaires internationaux. L'objectif est clair : transformer les engagements pris sur papier en actions concrètes et mesurables sur le terrain.

Un « gendarme » pour pallier l'inertie

Le Secrétariat technique du PREF-CEMAC se voit ainsi doté d'un mandat renforcé et d'une mission précise : évaluer, tous les trois mois, les progrès réalisés par chaque État membre. Ce « gendarme » trimestriel n'aura pas seulement un rôle de surveillance. Il devra identifier les blocages, formuler des alertes précoces et soumettre des rapports directement aux instances dirigeantes de la CEMAC.

Ce durcissement du pilotage contractuel des réformes répond à un impératif de transparence et de redevabilité. Pendant trop longtemps, les délais ont été repoussés et les objectifs partiellement atteints, érodant la confiance des bailleurs de fonds et des investisseurs. Le nouveau système entend garantir que chaque franc engagé dans le processus de convergence se traduise par une avancée tangible.

Une stratégie inspirée des défis urbains

La logique de ce renforcement du contrôle n'est pas sans rappeler des initiatives récentes dans la région, comme la stratégie radicale adoptée par Douala pour sa gestion des déchets. Confrontée à une crise sanitaire majeure, la métropole camerounaise a investi massivement dans un système indépendant de surveillance de ses prestataires, avec pour principe fondamental que sans vérification stricte, l'exécution des contrats reste aléatoire.

La CEMAC applique une philosophie similaire à l'échelle macroéconomique. Il ne suffit plus d'adopter des textes ; il faut désormais en objectiver les résultats et en sanctionner les manquements. La régularité des évaluations est conçue pour maintenir une pression positive constante sur les administrations nationales et empêcher tout relâchement.

Un test pour la souveraineté et la solidarité régionale

La réussite de ce dispositif ambitieux repose sur deux piliers fragiles. Premièrement, la capacité et l'indépendance réelle du Secrétariat technique à produire des audits sans complaisance. Deuxièmement, la volonté politique des États membres d'accepter une supervision externe renforcée et de mettre en œuvre les correctifs demandés, même lorsqu'ils sont impopulaires.

En sanctuarisant un processus d'évaluation aussi rapproché, la CEMAC tente de tourner la page des promesses non tenues et de forger une nouvelle culture de la discipline collective. Mais ce « flicage » institutionnel par les pairs parviendra-t-il à surmonter les résistances bureaucratiques et les intérêts nationaux pour enfin donner un souffle nouveau à l'intégration régionale ?

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