Kidnapping du maire d'Eyumodjock : le BIR lance une traque dans le Sud-Ouest
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L’escalade de violence dans les régions anglophones du Cameroun a connu un nouveau développement dramatique. Joseph Ita Ayamba, maire et chef traditionnel de la commune d’Eyumodjock, a été enlevé par des hommes armés ce mardi 6 janvier 2026. L’attaque s’est produite sur l’axe routier isolé reliant Mbakem à Taboh, dans le département de la Manyu, alors que l’édile circulait seul à bord de son véhicule en direction de Mamfe.

Cet enlèvement d'autorité locale frappe une figure respectée de la communauté. Joseph Ita Ayamba, ancien élève du prestigieux St Joseph College Sasse, avait mené une carrière aux États-Unis avant de revenir servir sa terre natale. Son kidnapping, immédiatement attribué aux séparatistes Ambazoniens, plonge ses administrés dans l’angoisse et l’attente, aucun groupe n’ayant encore officiellement revendiqué l’acte ni formulé de demande.

Face à cet acte qualifié, les forces de sécurité ont réagi avec célérité. Les éléments du Bataillon d'intervention rapide (BIR) ont été déployés dès le 7 janvier dans la forêt de la zone de Mbakem pour tenter de localiser les ravisseurs et libérer l’otage. Cette opération militaire de grande ampleur souligne la gravité avec laquelle les autorités prennent ce nouveau coup porté à l’État de droit dans le Sud-Ouest.

Cette tragédie personnelle s’inscrit dans un schéma plus large d’instabilité chronique. La Crise anglophone, un conflit armé latent depuis 2017, a régulièrement pour cibles les représentants de l’administration locale. Les élus et chefs traditionnels, perçus par certains groupes armés comme des symboles de l’autorité centrale, vivent sous une menace constante, poussant nombre d’entre eux à l’exil intérieur. Cet enlèvement survient d’ailleurs dans un contexte sécuritaire particulièrement dégradé, quelques jours après l’assassinat de deux gendarmes dans la région voisine du Nord-Ouest.

Le silence des ravisseurs et l’urgence de la traque militaire laissent planer un lourd suspense. Alors que le conflit entre dans une nouvelle année, cette prise d’otage d’un maire symbolise-t-elle une stratégie de tension accrue des groupes séparatistes, ou l’échec des mécanismes de dialogue pour protéger les populations civiles et leurs représentants ?

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