Eau et whiskys en sachet : Les Camerounais peuvent encore s’empoissonner jusqu’en fin 2022
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D’après le ministre des Mines, face aux députés le 27 novembre dernier, cette échéance correspond au moratoire accordé aux acteurs de ce secteur pour se conformer la réglementation.

« Nous sommes tous malades à cause de ce que nous consommons et ces maladies sont connues : diabète, cirrhose de foie, cancers de tous types ; même les adolescents ne sont plus épargnés, les accidents cardiovasculaires, la démence, les troubles de comportement, la folie et pour achever la mort. » Cette oraison funèbre est de Rolande Ngo Issi, députée du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN), lors des questions des questions orales adressées à six membres du gouvernement le 27 novembre dernier à l’Assemblée nationale. Le ministre des Mines, des industries et Développement technologique (MINMIDT), Gabriel Dodo Ndoke était alors visé par cette interpellation.

« Pourquoi il est encore fabriqué au Cameroun des produits interdits à la consommation, je vais citer les whiskys en sachet qui ont des noms évocateurs « TOMBO », l’eau en sachet, les produits lactés hors norme, les spiritueux de tout type ? », interroge la parlementaire. Prenant la parole, le ministre y a répondu de manière quelque peu troublante. « Il importe de signaler qu’une dérogation spéciale avait été accordée aux producteurs locaux jusqu’en fin décembre 2022 par un arrêté conjoint du MINMIDT, Ministère du Commerce et du Ministère de la Santé le 12 septembre 2014 suspendant ainsi la mesure d’interdiction de la production et de l’utilisation de ces produits. L’Anor (Agence des normes et de la qualité) de ce fait, a également suspendu l’évaluation de la conformité desdits produits en attendant la migration vers les bouteilles à l’échéance indiquée », a indiqué Gabriel Dodo Ndoke.

Pour mieux se faire comprendre, il précise « qu’à la date d’aujourd’hui, ces produits indiqués qui sont encore en sachet bénéficient d’un moratoire dont l’échéance ira jusqu’au 31 décembre 2022. Et donc, à partir du 1er janvier 2023, la norme devrait être appliquée et respectée par tous dans ce domaine ».

En clair, tout porte à croire que le gouvernement donne son quitus pour voir les Camerounais continuer à s’empoisonner avec ces produits impropres à la consommation. En revanche, Gabriel Dodo Ndoke a laissé entendre que les acteurs investissant dans ce secteur bénéficient de mesures d’accompagnement pour être en accord avec la réglementation à échéance.

4,5 milliards

Le Minmidt a également été invité à se prononcer sur la construction du laboratoire de contrôle de la conformité des produits avant la mise sur le marché. À ce sujet, Gabriel Dodo Ndoke fait savoir que « jusqu’à date, l’Anor ne dispose pas d’un projet concret de construction du laboratoire de contrôle de la conformité des produits bien que cela soit indispensable ». 

Néanmoins, l’agence a plutôt développé des partenariats avec des structures disposant de laboratoires « spécialisés et expérimentés, tels que le Centre pasteur, l’Institut de recherches agricoles pour le développement, l’Institut de recherches médicales et d’études des plantes médicinales (Impm)… », énumère le membre du gouvernement. D’autre part, un projet de construction du laboratoire d’analyses et d’essais est actuellement en phase de formulation. Un autre projet est en gestation à l’Anor, à en croire le ministre qui ajoute que « 600 millions » Fcfa ont été mobilisés au cours de cet exercice qui s’achève (2021). En outre, la phase de formation et d’équipement des personnels est évaluée à près de « 4,5 milliards Fcfa ». Une somme qui est encore loin d’être réunie, à en croire le Minmidt.

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