PREDICATION DU DIMANCHE  OCTOBRE  PAR LE REV DR JOËL HERVE BOUDJA
FRANCE :: RéLIGION

FRANCE :: PREDICATION DU DIMANCHE OCTOBRE PAR LE REV DR JOËL HERVE BOUDJA

Textes : 1 Chronique 29, 10-14 ; Galates 6, 4-10 ; Luc 12, 15-24  

Frères et Sœurs en Christ, Ce matin, je voudrais vous parler de quelque chose que vous connaissez tous ou presque tous. Certainement que vous en avez aussi une à la maison, ou alors l'avez-vous vu chez des amis ou dans la famille. En tout cas, chacun de nous la connaît.

Qu'elle soit en plastique ou en porcelaine, en faïence ou en bois. Qu'elle se trouve dans le buffet, sur la commode, sur une étagère ou sur le bureau. Je veux parler de La TIRELIRE ! La voici, ma tirelire (je montre ma tirelire) : un petit cochon ! Mais quelle que soit sa forme, cochon, vache, mouton, coccinelle, clown, baleine, ou toute autre chose…une chose est sûre : pour que ce soit une vraie tirelire, il faut qu'elle ait une fente sur le dessus (Je montre la fente de ma tirelire). Cette fente nous incite à y glisser quelque chose de temps en temps. Tantôt ce sera 50 cents, tantôt 1 euros ou, si nous en avons la chance, un beau billet soigneusement plié ! Ah ! La tirelire !

Quel agréable sentiment elle nous procure ! Bientôt, oui bientôt je pourrais m'offrir quelque chose : une belle bricole, un jouet ou un jeu dont je rêve depuis un bon bout de temps ou bien : je peux faire un joli cadeau à quelqu'un que j’aime… Avec le livret d'épargne, c'est un peu pareil. Je me souviens quand j'étais enfant, quand mes parents m'ont ouvert un livret d'épargne : l'événement ! Le jour où nous allions déposer de l'argent sur le livret, était un grand jour.

Et après, c'était toujours impressionnant, quasi magique, de regarder la nouvelle somme que le banquier avait soigneusement noté au stylo bleu dans le livret. Et j'étais heureux. Un sentiment de satisfaction et de sécurité m'envahissait. J'avais de l'argent ; j'avais des économies.

Je n'étais pas pauvre… et un jour peut-être je serai riche !… En tout cas, en cas de besoin, je saurai où aller…. Dommage ! Oui c'est vraiment dommage qu'il n'existe que des tirelires pour l'argent ! Si seulement il pouvait aussi y avoir des tirelires pour les choses de la vie ! Une tirelire pour le bonheur ! Une banque où l'on peut déposer de la joie sur un livret d'épargne ! Une tirelire pour les plaisirs et les idées, pour la force vitale et la santé ; pour le courage et l'espérance ; pour la tendresse et l'amour…

Ce serait formidable si nous pouvions ainsi mettre de côté, épargner aux jours heureux, un peu de tout ce qui donne de la saveur et du bonheur à la vie. Ainsi pourrions-nous, aux jours de grisaille, lorsque nous sommes tristes ou malheureux, malades ou gagnés par l'ennui, aller à la banque et retirer un peu de ce qui pourrait, à ce moment-là, égayer et éclairer notre vie… Quand je suis malade ou déprimé, ou quand je suis surmené ou désespéré – à quoi me sert alors ma tirelire ? Dans ces moment-là, les pièces sonnantes et trébuchantes, ni même les billets soigneusement pliés ne peuvent alors me rendre heureux. De quoi vit l'homme ? Cette question devient vraiment importante devant ce petit cochon ; devant cette tirelire. Frères et Sœurs dans le Seigneur, où cherchons-nous la joie et la force de vivre ? La force et l'énergie pour avancer ?

La joie et le contentement ? Qu'est-ce qui est vraiment important pour notre vie ? "La vraie vie d'un homme ne dépend pas de ses biens, même s'il est très riche" dit Jésus. Et ce faisant il cite une parole qui se trouve déjà dans le premier testament et que nous connaissons par le chant "Chercher d'abord le royaume de Dieu" où il est dit - dans la deuxième strophe - : "L'homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sortira de la bouche de Dieu". La première partie de cette parole ressemble à une vraie lapalissade : il est évident que l'homme ne peut pas seulement vivre de pain.

Si nous regardons la beauté et la variété des fruits et légumes qui ont été apportés au pied de l'autel, si nous nous souvenons de toutes les choses pour lesquelles nous avons rendu grâce, nous remarquons qu'effectivement, il y a tant de choses sans lesquelles nous ne pourrions pas vivre : La Terre et tout ce qu'elle produit : les céréales et le pain, les fruits et les légumes, les arbres et les fleurs, les animaux aussi. La Lumière et le feu, la chaleur et la clarté La force de l'amour et la tendresse, la famille et les amis L'eau qui lave et rafraîchît, désaltère et fait vivre.

L'air et le vent, les senteurs des prés et des champs, des forêts et de la mer Le travail et les loisirs et tant d'autres choses encore…. Le riche agriculteur n'a pas pensé à tout cela lorsqu'il a rempli ses greniers et qu'il s'est dit : maintenant je peux être satisfait de moi, tout est en ordre ! Mon cher, tu as des biens en abondance pour de nombreuses années ; repose-toi, mange, bois et réjouis-toi ! Maintenant je peux dormir tranquille ; je n'ai plus de soucis à me faire. Mes arrières sont assurés !

C'est vrai, sur le plan matériel, le riche paysan n'a pas de souci à se faire. Tous les jours, il peut s'installer devant une table bien garnie et manger à satiété. Mais, y a-t-il quelqu'un à ses côtés, qui l'aime ? Y a-t-il quelqu'un à ses côtés, qu'il puisse aimer ? Y a-t-il quelqu'un auprès de lui pour lui annoncer le pardon quand il a commis une faute ? Y a-t-il quelqu'un à ses côtés, qui l'aide, lorsqu'il est malade ? Y a-t-il quelqu'un qui est là, pour lui redonner courage lorsqu'il en vient à douter de lui-même ; qui l'aide à espérer lorsqu'il est abattu ? Ou bien sa richesse l'a-t-elle définitivement enfermé en lui-même et coupé des autres ? Sentir la présence des autres autour de soi. Se sentir entouré, savoir qu'on est aimé et estimé, c'est ce qui donne véritablement sens à notre vie ; la présence et l'amour des autres, voilà ce qui rend vraiment heureux.

Il ne suffit pas d'être rassasié de biens et de nourriture. Ce qui fait réellement vivre, ce qui donne son élan à la vie, c'est l'amour ; l'amour des autres et de Dieu. Notre riche paysan aux greniers remplis de grains peut être rassasié. Tous les jours, il peut s'installer devant une table bien garnie et manger à satiété.

Mais qu'en est-il de son cœur ?

Qu'est-ce qui l'habite ?

Qu'est-ce qui le fait battre et vibrer ?

Est-il habité par la foi au Dieu vivant ? Sait-il où trouver du secours aux jours de détresse et d'affliction ? Sait-il pourquoi il vit et quel est le but de sa vie ?

Sait-il comment il peut être véritablement heureux et rendre heureux les autres autour de lui ?

Sait-il, où il ira, lorsque son parcours terrestre aura pris fin ?

Sentir la présence de Dieu en soi. Sentir la présence en soi du Dieu vivant qui donne sens et but à notre vie, qui nous porte au travers de toutes nos détresses et nous aide à traverser notre mort vers la vie en plénitude auprès de lui, frères et sœurs, voilà ce qui rend véritablement heureux et rassasie pleinement une vie d'homme.

Ce n’est pas seulement notre corps qui a besoin d'être rassasié, mais aussi notre cœur et notre âme. Et combien souvent – comme le riche insensé - négligeons-nous ces derniers : notre cœur et notre âme. Si seulement nous voulions nous mettre plus à leur écoute plutôt qu'à l'écoute de notre corps et de ses désirs !

C'est à cause de cette négligence de son cœur et de son âme, que Jésus dit de ce riche paysan qu'il est un homme insensé ! Combien fragile est la vie et combien rapidement peut-il la perdre ; et alors, à quoi lui servira tout ce qu'il a amassé dans sa vie ?

A rien ! A rien du tout ! Ainsi en est-il de tous ceux qui amassent des richesses sur terre et qui sont pauvres aux yeux de Dieu. Bien-aimés dans le Seigneur, amasser des richesses auprès de Dieu – ce n'est malheureusement pas aussi facile que de glisser une pièce ou un billet dans la fente de la tirelire. Le bonheur et la sécurité, l'amour et le pardon, la santé et la joie ne se laissent pas glisser par une fente de tirelire pour en être retirés aux jours de grandes nécessités.

Mais si tout au long de notre vie nous recevons les dons de Dieu avec action de grâce et reconnaissance, si nous avons conscience et reconnaissons que Dieu nous bénit et nous comble chaque jour de ses bienfaits et si, à partir de là, nous ne les gardons pas pour nous-mêmes, mais acceptons de les transmettre et de les partager avec nos prochains, alors nous pourrons sentir ce que cela signifie, "amasser des richesses auprès de Dieu". Alors nous sentirons l'amour de Dieu pour nous, lorsque nous serons méprisés ou ignorés des hommes, et nous pourrons continuer à aimer malgré tout, en puisant à sa source. Alors nous trouverons des forces nouvelles et la joie de vivre, quand nous nous sentirons épuisés et vidés et que le doute nous assaille.

Alors nous recevrons le pardon et la consolation de Dieu dans notre vie, lorsque notre cœur nous accusera et la faute nous accablera. Alors nous trouverons notre chemin vers demain, même si nous avons l'impression que tout s'est arrêté à "hier". Alors nous cheminerons dans la lumière et la clarté du jour, alors même que tout nous semblera obscur et effrayant autour de nous ou en nous.

Si nous fondons notre vie sur Dieu et sa Parole, Dieu nous bénira en toutes circonstances, et nous rendra riche de l'âme et du cœur alors même que nous nous sentons pauvres et faibles. Cela est vrai et digne de confiance. Et cette confiance est mille fois plus précieuse que toutes les plus grosses tirelires du monde.

Amen 

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