MESENTENTE : Rebondissement d’un scandale de 3 milliards de la CAN féminine 2016
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CAMEROUN :: MESENTENTE : Rebondissement d’un scandale de 3 milliards de la CAN féminine 2016 :: CAMEROON

Dans deux procédures judiciaires distinctes, des partenaires d’affaires se battent sur le partage des retombées des marchés publics relatifs aux travaux de réfection et équipement des stades militaire de Yaoundé et omnisports de Limbé réalisés lors de la dernière coupe d’Afrique des nations de football féminin organisée au Cameroun.

Eyike Célestin, un entrepreneur qui se dit désabusé et menacé par M. Moulongo Oscar, son partenaire d’affaires, sollicite de ce dernier des dommages et intérêts évalués à 250 millions de francs dans une procédure judiciaire qu’il a engagée devant le Tribunal de première instance de Yaoundé centre administratif. Le 9 septembre 2021, Me Kenfack Francis Raoul, l’avocat de Célestin Eyike, le plaignant, a présenté cette demande au juge en charge du dossier en l’absence du mis en cause qui ne comparaît pas. Oscar Moulongo est poursuivi devant cette juridiction pour une kyrielle d’infractions, notamment : la violation de domicile, la séquestration, la destruction et la rétention sans droit de la chose d’autrui. À signaler que M. Moulongo Oscar, qui a aussi engagé une procédure judiciaire contre Célestin Eyike pour les faits d’abus de confiance devant la même juridiction, est à la tête de plusieurs entreprises dont la Camtravaux basée à Douala et spécialisée dans la construction des bâtiments et travaux publics, est l’une des plus en vue.

Selon l’accusation, Célestin Eyike dit avoir gagné des marchés publics dans le cadre de l’aménagement de la pelouse du stade militaire et de ses deux annexes ainsi que l’aménagement de l’aire de jeu et l’équipement des tribunes du stade omnisports de Limbe pour un coût global d’environ 3,1 milliards de francs. Faute de disposer les moyens financiers nécessaires pouvant lui permettre de réaliser ces marchés auxquels s’ajoutaient ceux de la Camwater et la Camerounaise des Eaux évalués à 1 milliard de francs, M. Eyike Célestin dit avoir conclu un partenariat avec M. Moulongo Oscar qui devait financer les travaux en question. M. Eyike Célestin explique que lesdits marchés avaient été exécutés et réceptionnés sans problème.

Menaces et tortures

Seulement, M. Eyike Célestin indique qu’il n’est jamais rentré en possession de la cote part évaluée à 200 millions de francs qu’il attendait de son partenaire d’affaires. En revanche, il explique qu’à la place des fonds qu’il réclame à travers de multiples relances, ce sont plutôt les menaces de toutes sortes qu’il reçoit de la part de Oscar Moulongo.  Ce dernier, qui était devenu furieux, avait également, dit-il, confisqué son ordinateur portable et d’autres effets de travail. « Il me rétorque souvent que si je continue à l’agacer, il va me faire disparaître », a confié le plaignant. Il raconte que son adversaire était finalement passé des simples menaces à l’action le 19 mai 2016. C’est ainsi que ce jour-là, des hommes en civil, en compagnie du chauffeur du mis en cause en provenance de Douala, avaient fait irruption au domicile de Célestin Eyike défonçant portillon et porte de la chambre conjugale de ce dernier avant de l’arrêter comme un vulgaire bandit, le brutaliser et séquestrer. Le plaignant dit avoir subi cette bastonnade et humiliation devant son épouse et ses enfants ainsi que de nombreux voisins. C’est la raison pour laquelle, il avait saisi le tribunal en 2017 pour se plaindre des injustices dont il est victime.

Le récit de Célestin Eyike a été confirmé par son témoin, un de ses employés, qui avait vécu les faits dans la journée du 19 mai 2016. Il donnait sa version des faits à l’audience du 9 septembre dernier. « Pendant que le chauffeur et moi allions chercher notre patron pour nous rendre au travail comme nous le faisons d’habitude à bord du véhicule de service, j’ai trouvé un attroupement au domicile de M. Eyike. J’entendais le chauffeur de M. Moulongo, qui répétait ‘mort ou vivant ’et j’apercevais également la femme et les enfants de M. Eyike qui pleuraient ne comprenant pas ce qui arrive au chef de famille », a déclaré le témoin. Pris de peur à cause des tortures infligées à son employeur, ce dernier a dit avoir pris la clé des champs pour se réfugier au quartier Mendong à Yaoundé.

Preuves insuffisantes

Le représentant du parquet a, pour sa part, expliqué que le tribunal a été saisi par deux citations directes (plaintes) dans des procédures judiciaires distinctes. La première citation avait été introduite par M. Eyike contre M. Moulongo en 2017. Ce dernier avait répliqué en engeant lui aussi une procédure judiciaire contre son partenaire d’affaires à qui il reprochait des faits d’abus de confiance. Le magistrat du parquet a demandé au tribunal de constater qu’Oscar Moulongo ne comparaît pas et que les éléments de preuve d’abus de confiance reprochés à Célestin Eyike sont insuffisants avant de requérir la relaxe de ce dernier.

S’agissant de la citation directe de M. Eyike, le ministère public n’a retenu que l’infraction de rétention sans droit de la chose d’autrui et écarté tous les autres chefs d’accusation relatifs à la complicité de menaces, de destruction, d’arrestation et séquestration, imputés au mis en cause. Il estime que ces accusations ne sont pas établies pour n’avoir été soutenues par des preuves matérielles. Il a demandé au tribunal de déclarer M. Moulongo Oscar, coupable des faits de rétention des biens d’autrui.

Me Kenfack Francis Raoul, l’avocat de M. Eyike a, quant à lui, suivi le parquet dans ses réquisitions. « Je m’aligne sur les déclarations du représentant du parquet ainsi que sur la citation directe de M. Moulongo Oscar dans laquelle, il reconnaît détenir les biens de mon client », a-t-il confié. L’avocat ajoute que les malheurs de son client proviennent de son adversaire qui use de tous les moyens pour le museler, l’intimider ou même ce dernier faire disparaître Célestin Eyike qui lui réclame la somme de 200 millions de francs. L’avocat explique que l’adversaire de son client avait mis en exécution son projet d’obtenir la peau de M. Eyike en envoyant un gang chargé de le ramener à Douala « mort ou vif ». Il indique par ailleurs, que le plaignant n’a eu la vie sauve que grâce au « dynamisme de son épouse qui a frappé à toutes les bonnes portes. C’est ce genre d’épouse que chacun de nous aimerait avoir », a déclaré Me Kenfack.

Pour l’avocat, toute cette cabale est l’œuvre de M. Moulongo Oscar qui a mis à la disposition des bourreaux de son client un véhicule pour leur faciliter le déplacement de Douala pour Yaoundé. L’avocat soutient que l’homme d’affaires est l’auteur des malheurs de Célestin Eyike. Il a demandé au tribunal de retenir toutes les charges qui pèsent sur M. Moulongo Oscar et de l’en déclarer coupable. Par ailleurs, l’avocat a dit que son client se constitue partie civile dans ce procès, et réclame la somme de 250 millions de francs en guise de réparation du tort que lui a causé Oscar Moulongo. La décision du tribunal est attendue le 14 octobre 2021.

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