Marc Brys : 60 millions par mois malgré son licenciement
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Pendant que des Camerounaises accouchent dans des cartons faute d'équipements médicaux de base, le ministre des Sports Narcisse Mouelle Kombi continue tranquillement de verser 60 millions de francs CFA chaque mois à Marc Brys. Le détail qui rend cette affaire explosive ? Le technicien belge a été officiellement évincé de son poste de sélectionneur des Lions Indomptables par la Fecafoot.

Cette révélation jette une lumière crue sur la gestion des finances publiques au Cameroun. Alors que les hôpitaux manquent de couveuses pour les nouveau-nés, qu'un ministre puisse continuer à rémunérer grassement un cadre licencié interroge profondément sur les priorités de l'État.

Des primes de la CAN qui alimentent la polémique

L'affaire prend une tournure encore plus scandaleuse quand on apprend que Narcisse Mouelle Kombi a également versé à Marc Brys les primes destinées au staff technique de la Coupe d'Afrique des Nations. Ces sommes colossales transitent ainsi vers un homme qui n'exerce plus officiellement de fonctions au sein de l'équipe nationale.

Cette pratique soulève des questions vertigineuses sur les circuits financiers au sein du ministère des Sports. Comment un ministre peut-il justifier de tels versements alors que les caisses de l'État sont constamment présentées comme exsangues ? Où est passée la rigueur budgétaire tant vantée par les autorités ?

Dix-huit fautes lourdes ignorées

La Fecafoot ne s'est pas contentée de limoger Marc Brys sur un coup de tête. L'instance fédérale a documenté dix-huit fautes lourdes commises par le technicien belge. Des manquements suffisamment graves pour justifier une rupture de contrat selon le droit du travail camerounais et les règlements sportifs internationaux.

Pourtant, face à ce dossier accablant, le ministre des Sports choisit de faire l'autruche. Narcisse Mouelle Kombi ne s'est jamais rapproché de la Fecafoot pour obtenir les éléments du dossier qui justifieraient ou non le maintien des versements. Cette absence de dialogue institutionnel entre le ministère et la fédération révèle un dysfonctionnement profond.

La piste de la corruption institutionnelle

Une hypothèse encore plus sombre circule dans les couloirs du ministère et au sein de la presse sportive camerounaise. Ces 60 millions mensuels atteindraient-ils vraiment Marc Brys dans leur intégralité ? Ou alors, une partie de ces fonds publics serait-elle redistribuée entre des fonctionnaires corrompus du Minsep ?

Cette question n'est pas anodine. Elle s'inscrit dans un contexte de corruption généralisée qui gangrène l'administration camerounaise. Si ces soupçons venaient à se confirmer, on ne serait plus face à une simple irrégularité administrative mais bien devant un détournement caractérisé de deniers publics.

Le silence assourdissant du Premier ministre

Face à ce scandale qui enfle, le Premier ministre Joseph Dion Ngute garde un silence qui en dit long. Aucune réaction, aucune enquête annoncée, aucune sanction brandie. Cette passivité du chef du gouvernement pose la question de la chaîne de responsabilité au sein de l'exécutif camerounais.

Comment le Premier ministre peut-il tolérer qu'un de ses ministres dilapide ainsi l'argent public ? Cette complaisance nourrit un sentiment d'impunité qui mine la confiance des citoyens envers leurs dirigeants.

Des germes de révolte sociale

L'indignation populaire monte face à de telles dérives. Quand des mères perdent leurs bébés faute de matériel médical pendant que des millions s'évaporent dans des arrangements opaques, la cocotte-minute sociale atteint des températures dangereuses.

Le texte de cette affaire pose une question fondamentale. Lorsque les jeunes Camerounais descendront dans la rue pour exiger des comptes, les autorités les taxeront-elles de terroristes ? Qui sème véritablement les germes de la révolte sociale, sinon des dirigeants qui multiplient les actes irresponsables et les détournements assumés ?

Cette affaire Marc Brys cristallise toutes les frustrations d'une population qui voit ses impôts et taxes servir à enrichir une minorité pendant que les services publics s'effondrent. Le fossé se creuse dangereusement entre gouvernants et gouvernés.

Combien de scandales encore avant que les Camerounais exigent enfin des comptes ?

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