Douala: Rébecca Enonchong libérée
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Happy end pour Rebecca Enonchong. Interpellée il y a trois jours, sur ordre du procureur près le tribunal de première instance de Douala- Bonanjo, l'entrepreneure et activiste de la société civile, a été arrêtée, puis gardée à vue à la légion de gendarmerie du Littoral.  Rebecca Enonchong est fondatrice et directrice de APPS TECH

Entendue à huis clos par le procureur de la République, Rebecca Enonchong a exprimé son ras-le-bol au magistrat, et lui a signifié la nécessité de confier l'enquête à une seule personne, plutôt qu'à plusieurs. Une remontrance que le procureur n'a pas digéré, et  qualifié  d'"outrage à  magistrat". Aussi a-t-il ordonné son arrestation immédiate.

Rébecca Enonchong qui a gagné sa notoriété mondiale dans le domaine de l'économie numérique, était entendue par le procureur, pour une houleuse affaire de succession familiale. Mort en 2008, Me. Dr. Henry Ndifor Abi Enonchong était un richissime avocat et homme d'affaires qui a laissé une fortune de plusieurs milliards francs CFA, ainsi qu'une entreprise. Seulement, comme tous les hommes fortunés, l'avocat avait des enfants issus de plusieurs lits, dont certains jamais reconnus même de son vivant. Des concubines aussi. Après sa mort, selon les Rebecca Enonchong, les uns et les autres sont sortis du bois, avec à la clé, des faux actes de naissance et de  mariage, juste pour s'abreuver  au juteux et abondant héritage. Une interminable et sinueuse affaire avec des complicités diverses, supposées ou réelles.

La pression n'a pas baissé depuis l'interpellation d'une des Camerounaises les plus influentes au monde. Plusieurs chancelleries occidentales ont demandé la relaxe de la dame 54 ans à la beauté luxueuse. Journalistes, activistes, défenseurs des droits de l'homme et même politiques, ont appelé à la libération de Rebecca, condamnant l'excès de zèle du magistrat. En première ligne, Edith Kabang Walla, Maximilienne Ngo Mebe et autres.  L'opinion publique camerounaise s'indigne même de ces indécents pouvoirs et privilèges accordés aux magistrats.  "Pourquoi critiquer le président de la République qui est le chef suprême de la magistrature, et trouver  qu'il s'agit d'un outrage lorsqu'il s'agit d'une critique formulée à L'endroit de la justice ? Toute profession est sujette à critique. C'est cela même l'essence de la liberté et de la démocratie. Pourquoi critiquer les médecins, les professeurs de lycée de lycée, les enseignants d'université, les ingénieurs, les journalistes, et estimer que les magistrats ne doivent pas être critiqués, ce d'autant plus que les magistrats n'ont pas le monopole de la science juridique. Être magistrat ne vous rend pas plus apte en Droit qu'une autre personne qui a étudié le Droit, et n'est pas magistrat. Qu'on arrête un peu avec ces monstruosités qu'on crée partout au Cameroun. Même une personne titulaire d'une Capacité en Droit et cultivée, peut apprécier le travail d'un magistrat", s'indigne un doctorant en Droit de l'Université de Douala.

De toute façon, Rebecca Enonchong est libre, après 72 heures de garde-à-vue à la légion de gendarmerie du Littoral à Douala la capitale économique du Cameroun.

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