CAMEROUN :: Claude Wilfried Ekanga Ekanga "N’ayez pas peur, engagez-vous en politique" :: CAMEROON
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CAMEROUN :: POINT DE VUE CAMEROUN :: Claude Wilfried Ekanga Ekanga "N?ayez pas peur, engagez-vous en politique" :: CAMEROON
  • Correspondance : EKANGA EKANGA CLAUDE WILFRIED
  • jeudi 13 février 2020 15:02:00
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CAMEROUN :: Claude Wilfried Ekanga Ekanga "N’ayez pas peur, engagez-vous en politique" :: CAMEROON

Dès le départ, j’ai toujours été intrigué par ceux qui me disaient : « Si tu entres dans ces choses-là on va te tuer ». Je me posais la question : « Comment pouvez-vous accepter de vivre dans un pays où parler signifie risquer sa vie ? Comment pouvez-vous d’un côté soutenir Paul Biya ‘’le meilleur choix’’, et reconnaître ensuite qu’il extermine ceux qui osent le défier ? Où est la logique ? Cette ‘’démocratie’’ de la terreur, ça vous rend vraiment heureux ? »

Comment peut-on, après avoir pris conscience de sa souffrance et de la dictature dans laquelle on se trouve, accepter de subir cette souffrance et cette dictature, au point de réussir à trouver le sommeil et à se réveiller chaque matin en se prétendant « libre » et dans un « État de droit » ?

La seule chose qui soit pire que cette aberration argumentative, c’est de se dire : « Dieu a béni le Cameroun, c’est lui-même qui viendra nous sortir de là et le système va changer quand il le décidera ». A ce niveau on a affaire à un double problème : 1- la psychose (terreur absolue et omniprésente) instaurée par un pouvoir carnivore aux rêves d’éternité, et 2- la résignation par l’espérance d’un miracle qui ne viendra jamais. Tout ceci juste parce qu’on veut masquer son refus d’être soi-même l’acteur du changement qu’on espère.

N’ayez pas peur. Car si vous avez peur, c’est la preuve que quelque chose cloche ; que tout ne tourne pas rond ; qu’un truc ne va pas dans ce pays. Et donc c’est justement la preuve qu’il faut régler le problème ... Sauf si ça ne vous gêne pas de voir vos enfants naître dans une république factice où la répression rôde comme un fantôme médiéval. Où l’on gaze des enseignants, fouette des avocats, interdit des meetings à un parti légal, chasse les citoyens à l’entrée d’une ville de leur pays, truque des élections et où l’on détourne des montants vertigineux tout en restant ministre.

Au cas où ta réponse à la question est « Si, ça me gêne », alors tu dois t’impliquer à la chose politique. C’est le sens et l’essence même de mon livre éponyme rédigé en novembre dernier. La politique comme science de tous les instants, la réflexion quotidienne sur les problèmes du quotidien et les moyens de les résoudre, avant, pendant, après et/ou sans élections.

Si tu as peur de mourir, réfléchis plutôt à ce qui a conduit à la mort des héros partis avant toi : Sankara l’avait rappelé au sommet de l’Union Africaine à Addis-Abeba le 29 juillet 87. Il avait précisé que si ses compères chefs d’Etat ne se joignaient pas à lui pour le front uni contre la datte coloniale « Je ne serai pas là à la prochaine conférence ». Et ainsi fut dit, et ainsi fut fait. Il ne termina pas l’année puisqu’il fut assassiné le 15 octobre suivant. Lâché par ses lâches homologues qui avaient pourtant applaudi son discours, mais s’étaient ensuite avérés incapables de joindre l’acte à la parole.

Ce qui fait donc qu’on arrive à tuer les héros, c’est parce qu’ils sont abandonnés par ceux qui prétendent les soutenir, mais se limitent à l’oral. Et il y a bien une raison pour laquelle j’aime revenir sur le conte « Le boa et les fourmis » tiré du recueil « Fable des Montagnes » de l’écrivain Patrice Kayo. Après s’être fait terrasser par une kyrielle de fourmis alors qu’une seule fourmi isolée ne peut rien face à lui, le boa comprend enfin ceci : « Une multitude de faiblesses réunies est une force incommensurable ; le fleuve et la mer ne sont que d’innombrables gouttes d’eau.»

Quand on est seul, ça fonctionne plutôt comme dans la Bible où il est écrit dans les Evangiles : « je frapperai le berger et les brebis seront dispersées. ». Or par exemple, ce qui a fait la force du MRC à ce jour, c’est la multitude de ses têtes. Nous sommes comme un serpent grec, une hydre femelle impossible à vaincre. Tout le monde a vu comment 9 mois de prison de nos leaders n’ont en rien ébranlé notre formation et comment nous avons continué à faire la pluie et le beau temps. Aujourd’hui, l’adversaire ne sait plus quel pion avancer, ni qui tuer puisque nous sommes nombreux à côté de Maurice Kamto à pouvoir drainer des foules. C’est la tactique de l’attaque-défense ; la politique autrement, l’image de la Renaissance.

Alors je t’invite à t’engager, d’une façon ou d’une autre, même si ce n’est pas pour le MRC. Si tu cultives encore un peu d’objectivité, tu n’en as même pas besoin pour constater que l’on est en plein marasme national et que tout va de mal en pis. Celui qui se tient éloigné de la politique subira les conséquences d’une politique décidée par d’autres. C’est ce qui nous est arrivé depuis ces quatre décennies arides.

La lâcheté nous fait souvent dire : « la politique là ça ne m’intéresse pas hein, je ne suis pas moi dans les choses-là ». Et pour certains qui sont dans la diaspora, le couplet de la chanson est : « Le Cameroun est pourri, je ne vais plus mettre mes pieds là-bas tant que les choses n’auront pas changé ». En gros il se sont mis dans la tête qu’ils peuvent rester en dehors du combat, dans l’attente de son issue, ensuite venir profiter du fruit de la sueur de ceux qui se seront sacrifiés parfois jusqu’au sang. C’est de la feymania intellectuelle.

N’oublie pas cet autre détail important : même si on ne te tue pas, tu mourras aussi.

Tu ne peux choisir le « oui » ou le « non », mais juste le « comment ».

En ce moment même ici en France, les citoyens se saignent pour définir leur propre avenir et s’éviter des lendemains ténébreux. Le projet de réforme des retraites d’Emmanuel Macron a conduit à une vague tonitruante de grèves qui est venue s’ajouter au mouvement des gilets-jaunes, et des professions entières se sont privées de salaire pour espérer se faire entendre de l’exécutif. D’ailleurs le 17 février est annoncé comme « lundi Noir » dans les transports en commun de la capitale, où rien ou presque ne va rouler C’est cela le sacerdoce politique : la science du sacrifice et du don de soi pour ce que l’on croit juste.

Que celui qui n’est pas prêt à souffrir ne s’attende pas au développement, et qu’il n’en parle même pas. La femme réticente aux douleurs de l’enfantement ne sera jamais mère.

Engagez-vous, impliquez-vous à la chose politique. Si tu crois que Paul Biya nous conduira à l’émergence, sache que moi aussi je croyais que Christophe Colomb était Mbororo.

Once again : « Tu dois t’impliquer »

EKANGA EKANGA CLAUDE WILFRIED

( Ne manquez pas notre grande rencontre politique de ce samedi 15 février à Lyon à partir de 18:30 à l’adresse : 11/13 Avenue de la république (Bâtiment À) ; 69200 Venisseux. Je vois y attends ! )

13févr.
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