CAMEROUN :: Yaoundé by night : Au plus près des prostituées :: CAMEROON
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CAMEROUN :: INSOLITE
  • tdkuich.mondoblog.org : Thierry Didier KUICHEU
  • mardi 20 août 2019 13:01:00
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CAMEROUN :: Yaoundé by night : Au plus près des prostituées :: CAMEROON

Considérée comme le plus vieux métier du monde, la prostitution a fait son nid dans plusieurs villes de la planète. A Yaoundé, au Cameroun, j’ai choisi un des coins les plus chauds de cette activité pour me plonger dans le monde des prostituées, afin de recueillir les éléments relatés dans ce billet.

J’ai voulu en savoir un peu plus sur les prostituées dans la ville de Yaoundé. Sur leur manière de travailler, de « vendre » et d’attirer les clients. Trouver le lieu où je devais me rendre n’a pas été difficile. J’avais le choix entre mini-ferme, hippodrome, mvog-ada ou encore camp sonel essos. Finalement, je suis allé du côté du Carrefour Intendance, en plein centre-ville. Ce coin réputé aussi pour ces snacks où l’on peut voir les « sans-caleçon » (c’est une autre histoire que je vous raconte ici).

Revenons à la prostitution du carrefour intendance, les filles commencent le travail à partir de 20h30 – 21h. Leur habillement permet de les reconnaître facilement, tenue très sexy. Elles se placent la plupart du temps sur le trottoir et attendent que les clients s’approchent. Les plus directes font le chemin inverse. Certaines ne choisissent que les clients véhiculés et ne traitent qu’avec eux. Bien sûr, elles sont plus attirées par les grosses cylindrées et généralement s’en vont avec eux. Le constat que j’ai fait c’est que la majorité de ces filles sont vraiment belles avec de jolies courbes.

Les prix
Les prix varient entre 1 000 FCFA et plus, les filles ayant un « haut-standing » peuvent prendre jusqu’à 10 000 FCFA. Le prix se négocie à l’avance entre le client et la prostituée, lorsque les deux tombent d’accord, le tour est joué. Ce ne sont pas les endroits aux alentours qui manquent pour accomplir l’acte, couloir d’un immeuble, toilette etc.

Laissez-moi vous raconter une querelle entre un client et une prostituée. Le gars est passé près de la fille et lui a proposé 100 FCFA pour ses services. Eh bien, la fille s’est tout de suite mise en rogne et a commencé à déverser une avalanche d’insultes à l’endroit du mec qui vraisemblablement voulait juste la déranger. Voici quelques extraits des phrases sorties par la fille : « C’est une bonne marchandise que je vends, tu crois que je suis ici pour m’amuser ? », « Tout le monde sait que ici c’est le coin de la b****, moi je vends ici du 1er au 31 ».

L’ambiance du lieu
On ne trouve pas seulement les prostituées sur les trottoirs à cet endroit, elles cherchent aussi les clients à l’intérieur des snack-bars. L’approche y est plus facile car on peut danser avec elles. Quand je parle de danse, c’est plus que cela, c’est presque de la pornographie. Une fille peut se retrouver entrain de danser avec deux garçons qui la pelotent à un niveau extrême. Très souvent cela dégénère en bagarre du fait de l’alcool et il faut l’intervention des gros bras de la sécurité pour remettre de l’ordre.

Il peut aussi arriver que deux prostitués se disputent pour un client, la raison, « je l’ai vu en premier ». C’est ainsi que j’ai assisté à une dispute entre la dénommée « King-kong » et une fille visiblement plus jeune qu’elle. La plus jeune aurait piqué un potentiel client à king-kong sur la piste de danse. Rendue à l’extérieur du snack, king-kong, un verre de whisky en main et une cigarette dans l’autre s’en est violemment prise à sa rivale, lui rappelant que ce n’est pas pour rien qu’elle porte ce surnom. « Cela fait dix ans que je suis une bordelle, tu t’amuses je t’écrase. Tu me pousses avec tes fesses parce que tu as vu un client ? Toi tu es arrivée ici hier (y’a pas longtemps), c’est la dernière fois que tu me fais un coup pareil. » La plus jeune ayant bien compris le message, n’a pas bronché et tout est rentré dans l’ordre. Chacune a pu reprendre son activité.

La nuit de boulot s’achève à partir de 04h30 du matin. Pour rentrer, elles empruntent des moto-taxis pour la plupart. Les dernières à partir s’en vont lorsque les premières lueurs du jour pointent à l’horizon. La moisson aura été bonne pour certaines et mauvaises pour d’autres. Mais dans ce métier, la roue tourne et demain est un autre jour.

Ma conclusion
Pour celles qui ont bien voulu me dire pourquoi elles font ce métier, les raisons sont pratiquement les mêmes. La pauvreté d’une famille nombreuse, s’occuper des enfants et des parents restés au village. Ou encore se faire de l’argent pour démarrer une autre activité plus tard avec les économies engrangées. Mais au vue de l’âge de certaines d’entre elles, la quarantaine ou la cinquantaine, je dirais plutôt que c’est difficile de sortir de cette activité et de se reconvertir ailleurs. Les plus jeunes n’ont pas la vingtaine et pourraient bien se retrouver encore ici dans plusieurs années, exerçant ce métier qu’elles ont choisi de faire et pour lequel je ne les juge pas.

Alors, qu’on les appelle boguess, wolowoss, waka ou encore maboya comme c’est le cas ici au Cameroun, ces filles méritent le respect. C’est un métier comme tous les autres et elles se battent chaque jour pour leur vie et leur survie.

20août
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