PATERNITE : Curieuse dispute d’un enfant entre son père et son grand-père
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La fillette, aujourd’hui âgée de 7 ans, avait été confiée à son grand-père maternel dès son bas âge, suite au départ de ses géniteurs en Europe. De retour au pays et privé de tout contact avec sa fille par son gardien, le père décide de saisir le tribunal. Les parties ont croisé leurs arguments devant le juge.

C’est la voix d’un père désespéré qui s’est fait entendre devant la barre du tribunal de premier degré (TPD) le lundi 14 janvier 2019. Narcisse, ingénieur en informatique, a saisi cette juridiction d’une requête dans le but d’obtenir la garde d’Annette, sa fillette de 7 ans. Il dit l’avoir perdue de vue il y a près de 6 ans, du fait de son beau-père, qui interdit tout contact avec son enfant. Appelé à la barre pour s’expliquer sur cette accusation, Mathieu, le grand père d’Annette, explique que Narcisse est un père irresponsable. Les deux parties ont confronté leurs arguments devant la barre.

Dans son récit, Narcisse a déclaré au tribunal qu’il a fait la connaissance de Mariette en 2012, alors qu’il était en séjour au Cameroun. Peu de temps après, elle est tombée enceinte. C’est ainsi que Annette, leur première fille, a vu le jour. L'info claire et nette. Pour maintenir la stabilité de sa famille, Narcisse et Mariette ont décidé d’un commun accord d’officialiser leur relation en mars 2013. Les deux tourtereaux ont vécu les moments heureux au Cameroun puis ont décidé d’aller s’installer en Italie. La garde d’Annette sera donc confiée à son grand père maternel. «Malgré la distance, je me suis toujours bien occupé de ma fille. J’envoyais constamment de l’argent par le billet de sa tante maternelle. À cette époque-là, j’étais le beau-fils aimé et chéri de toute ma belle-famille», a-t-il confié.

Une fois en Europe, le couple a donné naissance à un autre enfant. C’est après la naissance de ce dernier que les problèmes ont commencé dans le ménage. «Quand ma femme a trouvé le travail en Europe, elle est devenue orgueilleuse et autoritaire. C’est elle qui tenait le bâton de commandement. Suite à une dispute de couple, j’ai été expulsé du domicile conjugal par les autorités italiennes. Ma femme a complètement coupé le contact avec moi. Elle vit à présent avec un autre homme, plus fortuné que moi, dans notre domicile conjugal en Europe.»

Père irresponsable ?

Revenu au Cameroun, l’informaticien déclare qu’il a tout mis en œuvre pour entrer en contact avec sa fille Annette. En vain. Ses grands-parents s’y seraient toujours opposés malgré l’intervention des services sociaux. «Il y a plus de 6 ans que je ne vois pas ma fille. Je vis à Douala et elle à Yaoundé chez son grand père. Quand je fais le déplacement pour la voir, on m’envoie à Mbalmayo, alors que l’enfant n’y est pas. Le portail de la diaspora camerounaise de Belgique. Mon beau-père me cache mon enfant. Une fois que je suis au courant de l’établissement où elle fréquente, on change directement avant même la fin de l’année scolaire. Je me suis rapproché des services du ministère des Affaires sociales pour avoir le droit de visite, ma belle-famille s’y est opposée. Mon beau-père séquestre mon enfant et refuse tout contact avec elle. C’est ma fille, Je veux sa garde», s’est-il lamenté.

Présent à cette audience, Mathieu va prendre le contre pied de Narcisse lorsque le tribunal lui passe la parole. D’un ton autoritaire, il déclare que son beau-fils est un irresponsable. «C’est une famille que j’ai beaucoup aimée, raison pour laquelle je n’ai pas hésité à leur donner ma fille en mariage. C’est moi qui ai financé leur mariage. Mais la famille de ce monsieur n’a jamais été reconnaissante. Le jour même du mariage, le poisson braisé qu’on avait prévu pour fêter l’union de nos deux familles a été dégusté par sa famille à lui et leurs amis. Ils nous ont exclus du buffet», a-t-il déclaré.

Décision de divorce ?

Pour le grand-père Mathieu, sa fille Mariette n’a jamais reçu le bonheur qu’elle espérait auprès de son mari. «Il a doté ma fille à 75 mille francs seulement malgré son bon niveau scolaire. Avant son départ en Italie avec sa femme, il lui a demandé un prêt de 300 mille francs, qu’il n’a jamais remboursé jusqu’aujourd’hui. Ma fille a été bastonnée en Europe par son époux alors qu’elle attendait un troisième enfant. Il l’a séquestrée dans la maison pendant des jours. Elle était obligée de faire les selles sur elle. C’est grâce à l’intervention des voisins qu’elle a été libérée de cet enfer. Suite à une plainte déposée contre lui, Mariette a obtenu son expulsion du domicile conjugal et la garde de leur deuxième né. Le juge, qui connaissait de leur affaire, l’a traité d’un époux inconscient.»

Après avoir brossé le tableau sombre de son beau-fils, Mathieu estime qu’il est mieux placé que ce dernier pour en assurer la garde de sa petite fille. «Il est incapable de donner un bonbon à son enfant. Comment va-t-il la garder ? J’assure la garde de cet enfant depuis qu’elle est toute petite. Elle ne manque de rien. Il a rejeté sa fille quand elle n’avait que 2 ans. Il se tient aujourd’hui pour réclamer sa garde. C’est un irresponsable. N’a-t-il pas peur de Dieu ?» ; s’est interrogé le vieil homme à la fin de son récit. Pour donner du poids aux déclarations de Mathieu, son avocat présente au tribunal une décision de justice qui annule le mariage de Narcisse avec Mariette.

«Il y a eu divorce et la garde des deux enfants a été confiée à leur mère. Nous ne connaissons pas la valeur de cette procédure. Est-ce une tierce opposition à la décision rendue par le tribunal de Ndokoti ?», a interrogé l’avocat. «Faux ! a aussitôt rétorqué Narcisse. C’est une fausse décision. Je n’ai jamais divorcé de ma femme. Ce matin encore, dans ses messages, elle m’appelait mon mari. Depuis qu’elle est partie en Italie en 2013, elle n’a plus remis les pieds au Cameroun. Comment a-t-elle pu obtenir une décision de divorce au Cameroun alors qu’elle réside en Italie ? Je n’ai jamais été notifié de cette décision.» Narcisse a fait comparaître deux témoins, tous membres de sa famille, qui ont fait des déclarations allant dans le même sens que lui. L’affaire a été renvoyée au 18 février 2019 pour la suite des débats.

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