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RIZ CAMEROUNAIS : Une saveur rare sur le marché :: CAMEROON
CAMEROUN :: ECONOMIE
  • Repères : Thierry Christophe YAMB
  • jeudi 10 janvier 2019 01:51:00
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RIZ CAMEROUNAIS : Une saveur rare sur le marché :: CAMEROON

En dépit de l'excellent goût que les consommateurs locaux lui reconnaissent, cette céréale produite sur place est quasiment absente du marché au profit du riz importé.

Nous sommes dans un rayon réservé aux céréales d’une grande surface de Yaoundé. Mais, il n’y en a que pour les marques de riz importé. Et lorsque nous demandons à avoir du riz camerounais, le personnel dédié à l’orientation de la clientèle se passe discrètement le mot, avant de rentrer vers nous pour savoir quel marque riz camerounais nous désirons spécifiquement. « Logone riz », répondons-nous. Le silence et le regard hagard de notre interlocutrice renseigne à suffire sur l’embarras dans lequel nous l’avons mise. Rapidement, nous lui demandons quelle marque de riz camerounais est généralement commercialisée dans ce supermarché.

Et dans une voix à peine audible, elle nous avoue qu’elle ignorait qu’en dehors du riz importé, il y en avait un qui était localement produit. Rendu dans un second supermarché, le scénario est quasiment le même. Pas de riz camerounais. Mais, « c’est à cause d’une rupture de stock », nous apprend-on. Dans les marchés, les revendeuses reconnaissent qu’il leur est souvent demandé le riz produit localement, notamment celui de Ndop, mais qu’elles se heurtent à sa non-disponibilité, du fait d’une production insuffisante. Mais, l’une d’elle nous apprend qu’elle connaît une dame qui ne consommait que du riz parfumé importé, mais depuis l’affaire du « riz plastique », elle a pu dénicher un lieu de ravitaillement où elle se procure du riz parfumé produit localement. Rentré en contact avec la dame, elle vante les qualités de ce riz dont elle aurait jusque-là ignoré l’existence si elle ne s’était pas résolue à mettre un terme à la consommation du riz importé. Et comme c’est l’aliment de prédilection de ses enfants, il lui a fallu trouver un palliatif. Après renseignement, on lui a conseillé le riz produit à Yagoua qui est naturellement parfumé. Et depuis qu’elle l’a essayé, ses enfants l’ont définitivement adopté. C’est alors qu’elle nous fait savoir que son point d’approvisionnement se trouve à l’esplanade du ministère du Commerce.

ATOUTS DU MADE IN CAMEROON

Une fois sur place, nous constatons que 3 stands y ont été érigés pour la commercialisation des produits « made in Cameroon », et singulièrement du riz. Le premier stand est celui où est commercialisé le riz produit à Yagoua. Conditionnée dans des emballages d’un à 25 kg, la céréale est vendue ici à un prix promotionnel qui oscille de 1000 FCFA et 13 000 FCFA. La jeune dame qui tient le stand n’est qu’une vendeuse qui ne peut en dire davantage sur les méthodes de production et de conditionnement. Par contre, au stand voisin où est vendu le riz produit à Ndop dans le Nord-Ouest, le commercial de la société Best Foods, Jean Philippe Fassie, nous fait comprendre qu’il commercialise 4 variétés de riz produit à Ndop à savoir : le Nérica qui a un bon goût et une grande rentabilité, le Taïnan five qui est peu rentable, mais très délicieux, le riz étuvé qui est à 80% complet, et le riz complet qui est destiné aux diabétiques et hypertendus.

Aussi, alors que le Nérica est vendu au prix promotionnel de 500 FCFA/kg, le riz étuvé et le riz complet coûtent 1000 FCFA/kg et 25 000 FCFA/sac. Le Taïnan five quant à lui est vendu à 1 250 FCFA/kg et 30 000 FCFA/sac. Certes, les acheteurs ne se bousculent pas, mais ceux qui viennent veulent prendre de grandes quantités. Malheureusement, Jean Philippe est en rupture de stock du fait de la crise anglophone qui ne permet pas d’acheminer aisément le riz depuis le bassin de production de Ndop jusqu’à Yaoundé. Même s’il reconnaît tout de même que le produit est disponible dans les marchés de Bamenda.

Par ailleurs, le commercial indique qu’outre la situation sécuritaire qui prévaut en zone anglophone, la riziculture au Cameroun souffre davantage d’un déficit de mécanisation. Notamment l'absence des tracteurs et des décortiqueuses de dernière génération.

10janv.
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