Affaire Momo : le ministre condamné qui défie la justice française
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L'ironie est cinglante. Un ministre délégué à la Justice qui ignore une décision de justice. C'est le cœur du bras de fer qui oppose l'avocate Félicité Esther Zeifman au ministre camerounais Jean de Dieu Momo. Une affaire qui dépasse désormais le simple cadre juridique pour devenir un symbole de la lutte contre l'impunité.

Les faits remontent à novembre 2022. La 17ème chambre correctionnelle de Paris condamne  Jean de Dieu Momo  pour "injures publiques en raison de l'origine" envers l'avocate. En cause, des propos virulents tenus sur les réseaux sociaux, où le ministre avait notamment qualifié le père décédé de l'avocate de "criminel". La sentence est claire : 1 000 euros d'amende et près de 6 500 euros de dommages et intérêts et frais de justice.

Pourtant, plus d'un an après, le ministre refuse toujours de s'acquitter de sa dette. Cette  affaire judiciaire  prend une tournure politique et morale lorsque l'homme de loi, censé incarner la rigueur, prétend faussement avoir réglé la somme aux services fiscaux français. Un mensonge démenti par les autorités compétentes, preuve en main de l'avocate. Ce refus d'obtempérer constitue un défi direct à l'autorité de la  justice française.

Face à ce qu'elle qualifie de "honte publique",  Félicité Zeifman  a choisi la contre-attaque médiatique. Dans une lettre ouverte au vitriol, elle dénonce l'indignité du ministre, contrastant son comportement avec l'honneur de son père, qui reçut en son temps les hommages de la République. Elle ne réclame pas d'excuses, mais l'exécution pure et simple d'une décision que le ministre foule aux pieds.

Ce n'est pas la première controverse pour le ministre Momo. En 2019, ses propos jugés antisémites avaient provoqué l'indignation de l'ambassade d'Israël et mis dans l'embarras le  gouvernement camerounais. Ce nouvel épisode ternit davantage l'image d'un État où un membre de l'exécutif peut ouvertement se placer au-dessus des lois, même celles d'un pays partenaire comme la France.

L'affaire Momo-Zeifman est devenue une question de principe : la parole d'un ministre a-t-elle plus de poids qu'une condamnation judiciaire ? Face à cette impasse qui écorne l'image de la justice et des relations diplomatiques, quelle sera l'issue de ce combat pour la dignité et le respect du droit ?

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