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© Le Jour : Franklin Kamtche
- 07 Apr 2016 09:02:22
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Cameroun: Déficit de vigilance à la gare routière de Maroua :: CAMEROON
La rigueur mise dans le contrôle des hommes et des biens est absente dans les points de chargement des petites voitures en partance pour des destinations pourtant « chaudes ». A l’agence Danay Express 1 ou 2, à Maroua, le contrôle est de mise.
A l’entrée, des vigiles passent au détecteur de métaux chaque personne qui entre, ainsi que les bagages qu’elle transporte. Son rival Touristique Express a d’ailleurs confié ce travail à des mains véritablement expertes. De même, les voyageurs qui embarquent ici ne résistent pas aux consignes formulées.
Tel n’est pas le cas à Mokolo Express, une agence de voyage qui dessert pour l’essentiel le fief de Boko Haram, le Mayo Tsanaga. Non loin de l’hôtel des finances, comme dans les autres espaces non clos situés aux alentours et où de petites voitures de marque Hiace chargent, c’est le laisser-aller. De jeunes gens rôdent. Les vendeuses de jus de fruits ou de beignets vont et viennent, sans aucune surveillance.
Selon l’activité du jour, des voyageurs arrivent sur des motos, avec toute sorte de bagages, entreposés dans le réduit qui fait office d’agence, sans aucune palpation. La seule chose qu’on discute, c’est le prix à payer pour les colis. Au moment de l’embarquement, un aéropage hétéroclite est balancé au dessus du car, au gré de la cupidité du conducteur.
Le car que le reporter emprunte, en cet après-midi du 23 mars 2016, déborde de bagages. Une rame de tôles longues de 10m surplombe un classeur de salon, séparé en deux pièces.
Alors que la prudence devrait être de mise par ces temps de suspicion, le chauffeur fait du racolage. A peine a-t-il franchi un check-point à Salak, à la sortie de la ville, qu’il veut porter des passagers qui attendent au bord de la route. « Il y a des gens qui sortent bientôt », reprend le conducteur quand il sent la protestation venir. Au carrefour Sabongari, à mi-chemin entre Mokolo et Maroua, il décharge des passagers. Et recharge d’autres. Parfois, le volume des bagages à ramasser est plus important, la zone étant réputée pour être une niche de produits agricoles. Et si les colis étaient piégés ? La question ne préoccupe presonne. « Maintenant que la situation sécuritaire semble maîtrisée, c’est par ce genre de comportement que le malheur risque d’arriver.
On ne comprend pas comment ils font pour se comporter ainsi alors qu’ils transportent en même temps nos forces de l’ordre ou leurs familles », s’étonne Pascal Djakaya, responsable des programmes à « Echos des montagnes », la radio communautaire du Mayo Tsanaga.
Rien n’y fait.
Dans leur agence à Mokolo, le chargement pour le retour malgré les mesures d’austérité prises par le sous-préfet, ne change pas de forme. Plus est, même les cars des agences ayant subi le
contrôle à l’embarquement s’arrêtent en cours de route pour porter de nouveaux passagers.
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