CAMEROUN :: ECONOMIE DES CONFLITS : L’autre face de la crise anglophone :: CAMEROON

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Depuis que les troubles ont commencé en zone anglophone, les Camerounais à tous les niveaux font des pieds et des mains pour que la paix revienne dans cette partie du pays. Au moment où toutes les sollicitations convergent vers la demande d’un dialogue national, il y a également urgence d’oeuvrer à exorciser le territoire des esprits remuants outre Atlantique et méditerranéens, errants, insatiables et bellicistes.

Les anglophones du Cameroun ne sont  pas une ethnie tous comme les francophones le sont encore moins. La langue est le moteur de la culture en ce qu’elle véhicule les us et coutumes d’un peuple donné. De ce point de vue, parce que le Cameroun a deux langues officielles qui sont l’anglais et le français, c’est plutôt une source d’enrichissement de notre culture et de notre identité nationale.

Cela revient à dire qu’il est de l’intérêt du Cameroun d’oeuvrer pour la préservation de ces deux langues par lesquelles nous sommes tous entrés dans la civilisation de l’universel. On ne peut et on ne saurait comprendre, encore moins accepter qu’une composante de la nation camerounaise soit marginalisée ou assimilée pour ne pas dire englober. Prenons un exemple qui n’est qu’une vue de l’esprit: si le président Biya qui est Camerounais, originaire du sud du pays, décide qu’aujourd’hui, tous ses compatriotes doivent se comporter, vivre, être, penser, manger, danser ou pleurer, et autres…comme le veut les traditions de ses ancêtres.

Le pays ne tiendrait pas un seul instant car nous sommes des citoyens de ce pays parce que chacun d’entre nous sait d’où il vient, de l’extrême-nord au sud et de l’est à l’ouest. C’est dire combien nos différentes communautés jouent, chacune un rôle essentiel, dans l’édification de l’âme du Cameroun. Le berceau de nos ancêtres existe et vit parce que nos différentes cultures sont là et cohabitent. Si donc, une communauté exprime le ressentiment, d’être rejetée ou mise au banc, ou marginalisée, c’est le lieu pour nos dirigeants d’aller d’une autre oreille pour mieux cerner la menace de notre vouloir vivre ensemble. Existe-t-il de ce fait un problème anglophone au Cameroun ? Oui ! C’est autour d’une table comme vient de le préconiser la conférence des évêques, le samedi 14 avril dernier, qu’il faut en discuter. Personne ne doit réussir à manipuler ou à séduire les Camerounais de prendre les armes les uns contre les autres.

Esprits maléfiques

Tous les pays du monde en proie à un conflit interne, expérimentent la douloureuse réalité de la difficulté de régler de tels conflits. Justement, en regardant la République démocratique du Congo (Rdc), agonisée dans une interminable crise, on peut se dire à tort que ces frères africains n’aiment pas la paix. Mais comme ils veulent vivre en paix dans leur pays, les Congolais ! Le problème vient des esprits errants outre-Atlantique et Méditerranéen qui se sont emparés des ressources du Congo. Ils se déclinent au travers des grandes firmes internationales pour exploiter à fond et gratuitement les ressources de ce pays.

Pour le faire librement, il faut occuper les Congolais à s’entretuer en mettant entre les mains une Kalachnikov bon marché que les seigneurs de la guerre font crépiter autour des puits de pétrole, de diamant, d’or et autres ressources. Cette opération des esprits maléfiques prospère dans les pays où d’avance, les communautés se sentent marginalisées. Sous le régime du Maréchal Mobutu, la riche zone du Kasaï à l’est était très marginalisée. Pour s’attaquer au patrimoine de ce pays, ce fut la porte ouverte. Il y a aussi le Nigéria : quand il s’est avéré nécessaire de faire mains basses sur le pétrole nigérian, il a juste suffi d’identifier la communauté de ce pays qui se sentait à l’étroit ou marginalisé dans cette République. Il y avait les Igbo, et par eux les puissances impératrices ont mis ce pays à feu et à sang.

La presqu’île de Bakassi, la racine du mal

Le Cameroun n’est pas à l’abri de cette réalité géostratégique. Parlant du Congo, la sémantique « scandale géologique », rend approximativement l’état de la situation. La guerre qui est imposée au Congo, se poursuivra et se poursuivra toujours et encore jusqu’à ce qu’à l’épuisement des ressources. C’est la réalité au sein des Nations, « la Realpolitics ». Ceci suppose que les plus gros poissons se nourrissent des petits poissons.

Un homme a dit que le pétrole est une malédiction et un autre de renchérir qu’il s’agit véritablement des excréments de Satan. Bakassi, selon les estimations de la banque mondiale, possède 10% des réserves mondiales du pétrole et de gaz. Il y a fort à parier que les citoyens de ce pays ne maîtrisent pas tous les contours des Accords de Greentree entre le Cameroun et le Nigéria. Et les puissances tutélaires ? Le Cameroun est là exposé à la malédiction de ses ressources stratégiques.

Pour atténuer l’ampleur de la chose, il urge au plus tôt de fédérer tous les Camerounais autour d’un seul esprit unificateur, en mettant en place ici et maintenant une politique effective de la décentralisation, en convoquant le corps électoral cette année pour les élections régionales, pour permettre au peuple de choisir lui-même ses élites et non les bons soins pouvoir central.

Le dialogue national pour la crise anglophone est un pas pour cette résolution. On n’a pas besoin de tergiverser longtemps sur l’identité des interlocuteurs. C’est notre affaire, à nous tous. Un ministre de ce pays disait opportunément que « Quand on se noie, à s’accroche à tout même à un serpent ». Tout est dit.

© Le Messager : Léopold DASSI NDJIDJOU

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