Pas de rgime maigre pour le prsident du Niger

Pas de rgime maigre pour le prsident du Niger

Pas de rgime maigre pour le prsident du Niger
Pas de rgime maigre pour le prsident du Niger
Alors que le Niger demeure l'un des pays les plus pauvres du monde, la valeur des biens déclarés par le président Mahamadou Issoufou a quasiment doublé en quatre ans .

Conformément aux dispositions de la constitution nigérienne, le président Mahamadou Issoufou a déclaré exactement 956 768 696 francs CFA (1 454 288 euros) à la cour constitutionnelle. Un chiffre en nette hausse par rapport à la déclaration de 2011, année de la prise de pouvoir par l'actuel locataire du palais présidentiel.

En effet en 2011, les biens déclarés du Chef de l'Etat s’élevaient à 530 millions de francs CFA (805 600 euros). Un coup d’œil rapide permet de constater que ses biens ont connu, en l'espace de 4 ans, une croissance de 426 millions de francs. Pour arrondir, le Président s'enrichit d'une centaine de millions par an.

Des biens sous-estimés

D'autres enseignement peuvent être tirés de cette déclaration. La principale insuffisance tient au fait qu'il est extrêmement difficile d'évaluer à son juste prix la fortune déclarée par le Président de la République. Plusieurs biens immobiliers n'ont pas fait l'objet d'expertise ou datent, pour les rares d'entre elles, d'avant la prise de fonction du Président. Ce qui laisse à l'observateur l'impression que certains biens sont sous-estimés. C'est le cas par exemple de la villa de 1000 m2, "objet du titre foncier n° 15471, lotissement Issa Béri, îlot 1884, parcelle H, construite en 1988, d’une valeur de trente cinq millions (35.000.000) de francs CFA (expertise 2002)" et de "la parcelle C d’une superficie de 400 m² sise lotissement Cité des Députés, îlot 6971, acquise en 2002, d’une valeur de huit cent mille (800.000) francs CFA". S'il est vrai que l'expertise de 2002 atteste bien de la valeur de la Villa à cette époque et que de l'acquisition de la parcelle à 800.000 francs la même année, il n'en demeure pas moins qu'en 2015, la valeur de ces biens est très sous estimée.

Par ailleurs, si certains biens immobiliers sont sous-évalués, véhicules, eux ont gardé la même valeur durant les 4 ans. Ce qui laisse supposer que la déclaration n'a pas tenu compte de l'amortissement de ces biens. En outre pour les animaux, malgré l'augmentation de leurs nombres entre 2014 et 2015, c'est le même montant qui a été déclaré. Pourquoi n'a-t-on pas procédé à une expertise des biens du Président chaque année avant déclaration. Le législateur aurait tout intérêt à saisir de ce cas pour améliorer la déclaration des biens du Président et pourquoi pas des autres personnalités.

Silence sur les revenus

Autre insuffisance, les revenus du Président ne sont pas mentionnés dans la déclaration. Le Chef de l'Etat justifie l'augmentation de certains biens par ses revenus de pensions de retraite parlementaire, de salaires et de frais de missions sans donner de chiffres. Or, en l'absence de données sur ses revenus, impossible de bien apprécier les écarts constatés dans les déclarations de biens.

Le président de la République tire pourtant l'ensemble de ses revenus depuis 4 ans de son salaire, sa pension de retraite parlementaire et ses frais de missions. Ces sommes ont permis d'accroitre les avoirs du président placés dans les banques qui sont passés de 16 millions en 2011 à 108 millions en 2015. Une fortune considérable pour ce pays sous développé du Sahel classé en bas de l'indice humain de développement et où 50% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté.

monafrique.com : Aza Boukhris
© monafrique.com : Aza Boukhris

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