Affaire Djeukam Tchameni : arrestation, mort d’Anicet Ekane et crise post-électorale au Cameroun
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Affaire Djeukam Tchameni : arrestation, mort d’Anicet Ekane et crise post-électorale au Cameroun :: CAMEROON

La scène politique camerounaise est secouée par une crise post-électorale d’une rare intensité, marquée par l’arrestation controversée de Djeukam Tchameni et le décès en détention de son camarade Anicet Ekane, des événements qui ravivent les tensions sociales et politiques dans le pays. Dans un entretien diffusé sur Stv, Makini Tchameni, épouse de Djeukam, a exprimé son incompréhension et son indignation face à l’arrestation de son mari, dénonçant ce qu’elle perçoit comme une injustice d’État et promettant de continuer à exposer ce qu’elle appelle la répression des populations camerounaises.

Djeukam Tchameni, président du Mouvement pour la démocratie et l’interdépendance (MDI), a été interpellé le 24 octobre 2025 à Douala, en pleine période de contestation des résultats de l’élection présidentielle du 12 octobre, puis inculpé pour « atteinte à la sûreté de l’État », « propagation de fausses nouvelles » et « rébellion », des chefs de poursuite qui ont conduit à sa détention provisoire à la prison de Kondengui par le Tribunal militaire de Yaoundé. 

À ses côtés, Anicet Ekane, figure historique de l’opposition et co-fondateur avec Tchameni de la plateforme « Union pour le changement 2025 », a également été arrêté à Douala et transféré à Yaoundé. Sa mort le 1ᵉʳ décembre 2025 dans les geôles du Secrétariat d’État à la Défense (SED) a suscité une vive émotion au Cameroun et à l’international, relançant les accusations de maltraitance et de traitement inhumain en détention. Les déclarations du ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, niant le statut de martyr ou de héros national à Ekane et défendant le traitement médical de l’opposant, ont encore attisé la controverse. 

Ces arrestations s’inscrivent dans un contexte tendu de contestations électorales au Cameroun où le président Paul Biya a été déclaré vainqueur de l’élection présidentielle avec environ 53,66 % des voix, une annonce rejetée par l’opposition et ayant provoqué des manifestations dans plusieurs villes majeures. Des protestations qui ont parfois été réprimées avec violence par les forces de sécurité, entraînant des dizaines de morts et de nombreux arrestations selon des organisations de défense des droits humains et des médias internationaux. 

Face à ces événements, des voix politiques et membres de la société civile exigent la libération de personnalités détenues comme Tchameni, dénonçant ce qu’ils qualifient de recul démocratique. La crise post-électorale camerounaise continue ainsi d’interroger la communauté internationale et l’opinion publique sur l’avenir de la vie démocratique dans ce pays d’Afrique centrale. Ce climat de tensions persistent, et chaque nouvelle déclaration ou incident alimente un débat national sur la transparence des institutions et le respect des libertés fondamentales.

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