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© Camer.be : Avec CT
- 15 Jul 2026 16:22:53
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CAMEROUN :: 15 800 FCFA pour « allonger le way » : le drame de Firmin :: CAMEROON
Un adolescent de 16 ans, candidat au Bac D, a été humilié devant sa famille après avoir acheté un produit de croissance pénienne à 15 800 FCFA. La police est intervenue. La boutique n'a rien rendu.
Lundi dernier, à la Cité des Palmiers à Douala V, un adolescent de 16 ans a vécu l'humiliation de sa vie. Firmin, candidat au Bac D, venait d'acheter un produit censé « allonger le way » une expression codée pour désigner la croissance pénienne. Prix : 15 800 FCFA. Mais au lieu de repartir avec son produit miracle, il a été traîné hors de la boutique par son frère aîné, tandis que sa mère, indignée, réclamait un remboursement que la commerçante a refusé.
Comment un adolescent qui économise sur son argent de poche pour acheter un produit vu à la télé se retrouve-t-il à la merci d'une voisine de ses parents qui l'a dénoncé ?
C'est l'histoire d'une pression sociale, d'une éducation sexuelle absente, et d'un commerce qui prospère sur les complexes des jeunes Camerounais.
Le piège de la télévision
Tout commence devant un poste de télévision, au domicile familial de Firmin à Beedi, un quartier de Douala V. Comme des milliers de jeunes Camerounais, il regarde la télé quand une publicité attire son attention. Un produit, présenté comme une solution miracle pour la croissance pénienne, est vanté à l'écran.
Le prix : 15 800 FCFA. Pour un adolescent de 16 ans, c'est une somme considérable. Firmin note le numéro de téléphone qui défile à l'écran. Puis il se met à économiser, sou après sou, sur son argent de poche.
Un mois d'économies pour un rêve
Pendant plus d'un mois, Firmin a serré les dents. Pas de sorties, pas de petites dépenses. Chaque franc économisé le rapprochait de son objectif : ce produit qui, croyait-il, allait changer sa vie. À 16 ans, il est en attente des résultats du Bac D. Comme beaucoup d'adolescents, il est en proie aux doutes et aux complexes.
Lundi, la somme est réunie. Il appelle le numéro, on lui indique une boutique à la Cité des Palmiers. Il s'y rend, déterminé. Il entre, achète le produit.
La voisine qui a tout entendu
Mais le destin en a décidé autrement. Sur le pas de la porte, Firmin reçoit un appel. Manifestement d'un camarade. Il ne fait pas attention à la tenancière. Pourtant, celle-ci n'est autre qu'une voisine de ses parents à Beedi. Et elle capte des morceaux de sa conversation : « Je vais acheter le produit dont je t'ai parlé… Le produit qui allonge le way ».
La tenancière appelle immédiatement la mère de Firmin.
La descente de la famille
Quelques minutes plus tard, des membres de la famille de l'aspirant-bachelier font irruption dans la boutique. Firmin, déjà en possession du produit, s'en faisait expliquer l'usage par la vendeuse.
Son frère aîné l'a empoigné et traîné hors de la boutique. Sa mère, elle, s'est ruée vers la caisse pour exiger le remboursement des 15 800 FCFA.
La réponse de la commerçante est cinglante : « Les marchandises achetées ne sont ni reprises, ni échangées. »
La mère, indignée, demande si la vendeuse n'a pas honte de vendre un tel produit à un mineur. La réponse est glaciale : « Nous sommes là pour vendre. »
L'intervention de la police, et l'impuissance
La mère de Firmin a alors appelé la police. Mais même les hommes en tenue n'ont rien pu changer à la situation. La boutique n'a pas remboursé. La loi du commerce a prévalu sur le bon sens. Le frère de Firmin est finalement reparti avec le produit « agrandissant ».
Firmin, pour sa défense, a confié à sa famille que son sexe ne grandissait plus depuis qu'il avait neuf ans. Une confession qui en dit long sur l'angoisse qui le rongeait. Cela ne l'a pas empêché de recevoir des taloches.
Une question de santé publique
Cette affaire, aussi ridicule qu'elle puisse paraître, soulève des questions graves. Aucune étude scientifique ne démontre l'efficacité des pilules, crèmes ou pommades pour augmenter durablement la taille du pénis. Ces produits, vendus sans contrôle, peuvent provoquer des effets secondaires dangereux, comme le priapisme une érection prolongée, anormale et douloureuse.
Au Cameroun, la vente de produits aphrodisiaques non réglementés est un fléau. En février 2026, les douanes camerounaises ont saisi plus de 10 301 comprimés psychotropes et aphrodisiaques prohibés. Ces produits, sans traçabilité ni certification, représentent une menace directe pour la santé publique.
La vulnérabilité des adolescents
La loi camerounaise interdit d'exploiter l'inexpérience ou la naïveté des enfants et des adolescents. Pourtant, les publicités pour ces produits miracles continuent de fleurir à la télévision, sur les réseaux sociaux et dans les rues.
Les jeunes Camerounais, en proie à des complexes liés à leur corps, sont des cibles faciles. La pression des normes masculines, le manque d'éducation sexuelle, et l'absence de dialogue en famille créent un terreau fertile pour ces charlatans.
Le poids de la honte
Firmin, 16 ans, candidat au Bac D, voulait simplement « grandir ». Il a économisé pendant un mois, il a osé franchir le pas, il a cru en un produit miracle. Et il s'est retrouvé humilié devant sa famille, traîné hors d'une boutique, taloché par ses proches.
Que retiendra-t-il de cette expérience ? Que ses parents l'ont humilié ? Que la police est impuissante ? Que les commerçants peuvent impunément vendre des produits dangereux à des mineurs ?
Ou peut-être, avec un peu de chance, retiendra-t-il que le problème n'était pas la taille de son sexe, mais le silence qui l'entourait.
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