Douala : 6 morts dans l'effondrement d'un immeuble à Bonamoussadi
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Un immeuble déclaré « menaçant ruine » et placé sous scellés s’effondre à Bonamoussadi, tuant six personnes, dont trois enfants, et ravivant le débat sur la sécurité des bâtiments à Douala.

Quoi ? Un immeuble de deux étages s’est effondré. Qui ? Six personnes ont perdu la vie, quatre ont été blessées. Quand ? Dans la nuit du 10 au 11 juillet 2026. Où ? À Bonamoussadi, derrière l’hôtel Saint James, dans le 5e arrondissement de Douala. Pourquoi ? Sous l’effet de fortes pluies, un bâtiment déjà fragilisé et officiellement interdit d’occupation.

Mais ce drame n’est pas un simple fait divers. Il porte en lui la tragédie silencieuse de Douala : des immeubles qui menacent ruine, des scellés qui ne retiennent personne, des familles vulnérables qui réoccupent clandestinement des logements condamnés. Cette nuit-là, sous les trombes d’eau, le rêve d’un toit s’est transformé en piège mortel. Six vies fauchées dont trois enfants , quatre blessés, et une question qui brûle : combien d’autres immeubles « sous scellés » attendent leur prochaine victime ?

La nuit où Bonamoussadi a basculé

Il était environ minuit, dans la nuit du vendredi 10 au samedi 11 juillet 2026, lorsque le drame s’est produit. Un immeuble de deux étages, situé derrière l’hôtel Saint James à Bonamoussadi, s’est effondré sous le poids des fortes pluies qui s’abattaient sur Douala. L’alerte a été donnée, et les secours se sont immédiatement déployés.

Les services techniques de la Communauté Urbaine de Douala, épaulés par les sapeurs-pompiers et les populations riveraines, ont travaillé toute la nuit pour extraire les victimes des décombres. Quatre personnes ont été sorties vivantes et évacuées d’urgence vers des formations hospitalières. Mais le bilan provisoire est lourd : six morts, dont trois enfants. Aux dernières nouvelles, les équipes de secours poursuivaient les recherches pour retrouver deux autres personnes encore présumées ensevelies.

Un immeuble « menaçant ruine » sous scellés

L’information qui frappe le plus, c’est que ce bâtiment était déjà connu des autorités. Il avait été identifié comme « menaçant ruine », évacué de ses occupants et placé sous scellés par la Communauté Urbaine de Douala.

« Cet immeuble, identifié comme menaçant ruine, avait été libéré de ses occupants et placé sous scellés », précise le communiqué officiel de la mairie. Mais les mesures de sécurité n’ont pas suffi. Des personnes ont clandestinement réoccupé les lieux, en violation flagrante des interdictions.

Selon plusieurs témoignages, l’immeuble inachevé servait de refuge à des familles originaires des régions du Nord ainsi qu’à des jeunes de la rue, communément appelés « Nanga Mboko ». Des êtres humains sans autre choix que de braver l’interdit pour trouver un toit et qui ont payé de leur vie cette précarité.

« Tolérance zéro » : la réponse du maire

Le maire de la Ville de Douala, Dr Roger Mbassa Ndinè, a adressé ses condoléances aux familles endeuillées et exprimé sa solidarité aux blessés ainsi qu’à leurs proches. Pour l’exécutif municipal, ce sinistre vient valider la campagne de destruction systématique des immeubles à risques lancée ces derniers mois.

« Face à l’insouciance, la tolérance zéro reste l’unique option pour sauver des vies », souligne-t-on du côté de la mairie. Une déclaration qui, pourtant, ne manquera pas de faire débat : comment concilier la démolition des bâtiments dangereux et la protection des populations vulnérables qui n’ont parfois nulle part où aller ?

Douala, capitale des effondrements ?

Ce drame s’inscrit dans une triste série. Les effondrements d’immeubles sont devenus monnaie courante à Douala, la capitale économique du Cameroun. En juillet 2023, un immeuble abritant une quarantaine de personnes s’était effondré, faisant au moins 33 morts. Plus récemment, le 3 juin 2026, un immeuble en construction s’était effondré à Bépanda.

Les causes sont multiples : non-respect des normes de construction, urbanisme sauvage, matériaux de mauvaise qualité, et pluies torrentielles qui fragilisent des structures déjà précaires. La saison des pluies, qui s’abat sur le Littoral, transforme chaque jour potentiel en drame.

Une enquête ouverte

Une enquête a été ouverte pour établir les circonstances exactes de cet effondrement. Les autorités cherchent à déterminer les responsabilités : celles des propriétaires qui n’ont pas entretenu le bâtiment, celles des occupants qui ont violé les scellés, et peut-être celles des services chargés de faire respecter les interdictions.

Les opérations de secours et de sécurisation se poursuivent sur le site, tandis que les ingénieurs inspectent les bâtiments voisins pour évaluer d’éventuels risques structurels. La Communauté Urbaine de Douala promet de communiquer des informations complémentaires à l’issue des opérations.

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