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© Camer.be : Paul Moutila
- 17 Jul 2026 15:48:34
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CAMEROUN :: Assemblée nationale : 48h pour vider les bureaux de Cavaye :: CAMEROON
Une note signée du directeur de cabinet Isaac Tamba referme, bureau après bureau, plus de trois décennies de présence de Cavaye Yéguié Djibril au cœur de l'Assemblée nationale.
Qui : les anciens collaborateurs de Cavaye Yéguié Djibril. Quoi : sommés de libérer leurs bureaux du cabinet présidentiel. Quand : sous 48 heures, dans le cadre d'une note récente. Où : au Quartier Général de l'Assemblée nationale. Pourquoi : officiellement, pour permettre des travaux de réhabilitation.
Le délai est court, presque brutal. Deux jours pour vider des bureaux occupés, pour certains, depuis des années. La note, signée par le nouveau directeur de cabinet Isaac Tamba, ne laisse place à aucune ambiguïté administrative mais elle relance, dans les couloirs du Parlement, une question que beaucoup préféraient taire : à quelle vitesse efface-t-on trente-quatre ans de pouvoir ?
Une note qui referme un chapitre
Les collaborateurs de l'ancien président de l'Assemblée nationale, Cavaye Yéguié Djibril, ont été invités à quitter les bureaux qu'ils occupaient au sein du cabinet de l'ex-chef de l'institution parlementaire. La note de service, signée par Isaac Tamba, directeur de cabinet du président de l'Assemblée nationale, leur accorde un délai de 48 heures pour libérer les locaux.
Selon ce document, les bureaux du cabinet du « Très Honorable Président de l'Assemblée nationale », situés au Quartier Général, doivent être évacués afin de permettre le lancement des travaux de réhabilitation des bâtiments concernés. La direction de l'institution présente cette décision comme s'inscrivant dans un programme plus large de rénovation des infrastructures administratives.
Une instruction venue du sommet
Cette mesure aurait été prise sur instruction du président de l'Assemblée nationale, Théodore Datouo, dans l'objectif affiché de moderniser les installations du Parlement. Le choix du directeur de cabinet chargé de signer la note n'est pas anodin : Isaac Tamba a été nommé à ce poste par Théodore Datouo dès son installation, en remplacement de Boukar Abdourahim, qui occupait la fonction depuis 2014 sous la présidence de Cavaye Yéguié Djibril.
Rappel du contexte : une alternance sans précédent
L'élection de Théodore Datouo en mars 2026 a mis un terme à plus de trente-quatre années de présidence ininterrompue de Cavaye Yéguié Djibril à la tête de l'Assemblée nationale qui exerçait cette fonction depuis le 31 mars 1992. À la suite de cette alternance, la nouvelle administration avait engagé un processus de restitution des bureaux, des véhicules de service, du matériel administratif et des dispositifs de sécurité rattachés à l'ancien cabinet.
Ce processus s'était déjà traduit, fin avril, par une mise en demeure similaire concernant des véhicules de fonction : une note du 29 avril 2026, également signée par Isaac Tamba, avait sommé plusieurs responsables dont Marga Yéguié Ibrahim, conseiller technique et fils de l'ancien président de restituer des véhicules de service sous 48 heures. L'évacuation des bureaux du cabinet apparaît donc comme un nouveau maillon d'une même dynamique de reprise en main du patrimoine institutionnel.
Une passation de pouvoir marquée par les tensions
Après une passation de service marquée par des tensions, Cavaye Yéguié Djibril s'était retiré dans son village natal de Mada, où il est décédé en mai 2026, moins de deux mois après avoir quitté le perchoir. Des tensions qui avaient déjà éclaté au grand jour dès le lendemain de son remplacement : selon des informations rapportées par la presse locale à l'époque, l'ancien président aurait remis à son successeur une liste de collaborateurs à maintenir en poste liste que Théodore Datouo aurait entièrement écartée, remplaçant l'ensemble des personnes concernées. Cette relation dégradée éclaire, en creux, la rapidité avec laquelle le nouveau cabinet referme aujourd'hui les derniers espaces occupés par l'ancienne administration.
Ce que cela signifie pour l'institution
Au-delà du symbole, cette évacuation express illustre la vitesse à laquelle une nouvelle direction peut redessiner l'appareil administratif d'une institution restée, pendant plus de trois décennies, sous la même autorité. Elle interroge aussi, plus largement, sur la manière dont les administrations camerounaises gèrent les transitions de pouvoir entre nécessité de modernisation affichée et gestion, parfois abrupte, de l'héritage humain d'un long règne.
Cette transition vous semble-t-elle nécessaire ou brutale ? Dites-le en commentaire.
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